SAMIR: Quel est le cabinet d'avocats italien qui a proposé 31 milliards de DH?
Contrairement à ce qui a été publié par un quotidien, la lettre à 31 milliards de DH existe bel et bien. Elle a bien été envoyée par le cabinet Mazzanti. Nous expliquons ci-dessous lequel.
Des cabinets d'avocats, des repreneurs éventuels ainsi que des journalistes se sont tous intéressés au fameux "Studio Mazzanti and Partners", auteur d'une lettre exprimant l'intérêt d'un mystérieux client pour le rachat de la totalité du groupe Samir pour la somme de 3,1 milliards de dollars.
En italien, "studio" peut signifier "cabinet" et "studio legale", "cabinet d'avocats". Quant à "Mazzanti", c'est un patronyme. Nous avons découvert à travers nos recherches à quel point ce nom est répandu dans la ville de Bologne en Italie.
Un premier démenti inutile
Dès le jour du coup de théâtre du mercredi 28 décembre, Médias24 a écrit au premier cabinet Mazzanti figurant dans les recherches Google et dans les annuaires italiens. Il nous a adressé un démenti catégorique (fac-similé ci-dessous).
Nous avons appelé ce cabinet au téléphone. Il nous a dirigés vers son fondateur Luca Mazzanti qui à son tour a démenti catégoriquement.
La confirmation
Nous avons néanmoins poursuivi nos recherches. Nous avons identifié le cabinet Giovanni Mazzanti qui, lui, est “spécialisé en faillites, pré-faillites et difficultés d’entreprises“. Comme nous l’avions écrit dès le lendemain, nous avons eu un échange téléphonique avec son fondateur. C’est bien ce cabinet qui a envoyé la lettre d’intention au syndic Mohamed El Krimi.
Cela étant dit, maintenant que la lettre est confirmée et que l’expéditeur est identifié, quel crédit peut-on lui accorder?
A ce stade, aucun. Telle qu’elle a été communiquée le 28 décembre, elle n’est pas accompagnée de garanties. Ni dans la forme ni dans le fond, elle ne correspond pas à une missive crédible ressemblant à un intérêt réel.
Mais le tribunal a l’obligation d’aller jusqu’au bout et de vérifier sa véracité et sa crédibilité. Cette dernière est liée à l’identité du mystérieux client qui se cache derrière ce cabinet d’avocats.
Depuis le début, le marché a pris avec beaucoup de circonspection ce montant très élevé par rapport aux évaluations locales diligentées par le syndic.
Dès le premier jour, des sources proches d’Al Amoudi ont déclaré à Médias24 qu’il s’agit d’une offre de ce dernier. Le code de commerce interdit à Al Amoudi de racheter la raffinerie et, s’il devait le faire à travers des sociétés-écrans ou des prête-noms, la vente serait nulle.
Des lecteurs d’Italie nous ont contactés pour affirmer qu’il s’agit du groupe italien ENI qui avait, lui-même, construit la raffinerie dans les années soixante. Ce groupe n’a pas (encore) répondu à nos sollicitations. Mais pourquoi un groupe de cette envergure, le 5e groupe pétrolier mondial, se cacherait-il derrière un petit cabinet?
Lundi prochain 9 janvier, le juge-commissaire devrait statuer sur le sort qu’il réserve à cette lettre d’intention et s’il en tiendra compte pour fixer le prix d’ouverture de la mise en vente des actifs.
Au final, la lettre d’un cabinet italien appelé “Studo Mazzanti and Partners“ existe bien, contrairement à ce qu’a écrit un estimé confrère qui ne s’est pas adressé au bon cabinet. Est-elle crédible? Qui se cache derrière? Là, sont les vraies questions.
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