Minurso. La mission des Nations unies au Sahara semble entrer dans sa dernière phase
Un an de mandat, mais une mission désormais sous examen. À New York, la Minurso fait l’objet d’une revue stratégique qui pourrait redéfinir son rôle, entre pression américaine, prudence onusienne et négociations toujours en cours. Détails.
L'essentiel
Les détails
Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité votait la résolution 2797. Un texte historique, dans la mesure où pour la première fois en 50 ans de différend autour du Sahara marocain, une décision onusienne prenait le parti du Maroc.
Dans un langage diplomatique certes, puisque son apport le plus concret a été non une reconnaissance affirmée de la souveraineté du Royaume sur ses provinces sahariennes, mais plutôt une consécration de la prééminence de l'initiative pour la négociation d'un statut d'autonomie. En cela, l'organe suprême des Nations unies abondait, tout de même, dans le sens du parachèvement de l'intégrité territoriale nationale, ouvrant grandement la voie à son inscription dans le marbre du droit international du fait de sa résolution.
En même temps se posait la question de l’avenir de la Minurso. Instituée en avril 1991 par le même Conseil de sécurité, cette dernière porte, dans son intitulé complet, tout un programme : la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, en référence à la consultation dont elle était initialement censée assurer la supervision, avant qu’il ne s’avère finalement impossible aux parties de s’entendre sur un seul et même corps électoral. Et c'est ainsi qu'à partir de sa résolution 1380 du 27 novembre 2001, plus aucune mention d'un quelconque référendum ne sera faite dans les résolutions adoptées ultérieurement par le Conseil de sécurité, jusqu'à nos jours.
En conséquence, la Minurso en est essentiellement venue à jouer un rôle de maintien de la paix. Ce à quoi, soit dit en passant, elle n'arrive désormais que difficilement, à la suite de la rupture unilatérale par le polisario du cessez-le-feu qui était auparavant en vigueur depuis septembre 1991. En octobre 2023, le mouvement séparatiste téléguidé par la junte militaire algérienne avait même tué un civil marocain lors de frappes de projectiles de probable fabrication iranienne sur Smara, capitale spirituelle du Sahara. Sans bien évidemment que la Minurso puisse y faire quelque chose.
La pression américaine sur la Minurso
Ainsi, lorsque les tractations autour du draft final de la résolution 2797 ont débuté entre les membres du Conseil de sécurité, l'avenir de la mission s'est retrouvé grandement mis en question. La première mouture distribuée le 22 octobre 2025 par les États-Unis à titre de penholder, n'ayant prévu qu'un mandat de trois mois, finalement renégocié à un an après trois rounds de révision. Mais après que Washington a obtenu une concession : celle d'"un examen stratégique relatif au futur mandat de la Minurso, en tenant compte de l’issue des négociations", et ce "dans les six mois suivant la prorogation du mandat".
Bien évidemment, derrière cette pression américaine, il y a avant tout la volonté que la résolution du différend autour du Sahara ne cale plus outre mesure. Mais il y a aussi, surtout, dans l'esprit de l'administration du président Donald Trump l'impératif de sabrer dans les budgets alloués inutilement aux Nations unies, dont les États-Unis sont, juste devant la Chine (20 %), le principal contributeur financier mondial (22 %). Et pour toutes les raisons développées plus haut, la Minurso se trouve, naturellement, dans son œil de mire.
"Nous menons une revue stratégique de la force de maintien de la paix déployée au Sahara occidental depuis près de cinquante ans", déclarait, le 20 mars 2026, le représentant permanent des États-Unis aux Nations unies, Mike Waltz, lors d'une audition parlementaire, en citant donc la Minurso au titre de "ces missions de maintien de la paix inefficaces et coûteuses".
Aux Nations unies, une ligne plus prudente
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