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Voici pourquoi Mohamed Abiat, imam à Fès, a été révoqué

Quel est le cadre juridique des fonctions des préposés religieux? Pour quelles raisons l'imam Mohamed Abiat a-t-il été révoqué? Réponses et tour d'horizon de cette question. 

Voici pourquoi Mohamed Abiat, imam à Fès, a été révoqué
A. E. H.
Le 6 décembre 2016 à 13h56 | Modifié 6 décembre 2016 à 13h56

Sur la toile et dans les médias, le cas Mohamed Abiat, imam révoqué pour avoir exprimé des positions politiques lors d'une prêche à la mosquée Youssef Ibn Tachfine (Fès), a suscité des polémiques. Première cible: Ahmed Taoufiq, ministre des Habous et des affaires islamiques, que d'aucuns accusent d'exercer une politique de restrictions, voire de harcèlement à l'égard des imams. 

Médias 24 vous propose un round up de cette affaire.

L'imam khatib de la mosquée Ibn Tachfine à Fès n’est pas un imam permanent, apprend Médias24. De ce fait, l’administration pouvait à tout moment lui notifier la fin de ses prestations, sans qu'il ne puisse former recours devant la Commission nationale de traitement des plaintes et doléances des préposés religieux, possibilité qui n'est admise que pour les imams permanents.

La révocation n'est pas systématique, mais Mohamed Abiat est un récidiviste, qui a été à maintes reprises rappelé à l'ordre par le ministère, qui le sommait vainement de "faire un effort d’auto-contrôle, en concordance avec la tradition prophétique en matière de prêche et avec les fondements en vigueur dans le Royaume".

Parmi les dérapages passés, M. Abiat avait notamment jugé que le Maroc n’avait pas encore gagné son indépendance vis-à-vis des autres puissances.

S'agit-il d'une opinion ou d'une condamnation? A-t-on le droit de l'exprimer du haut d'un minbar (estrade ou tribune dans une mosquée)?

L'administration a vu dans ce jugement lapidaire un appel à la contestation publique générale pour gagner cette indépendance.  De quoi faire l'analogie avec l’appel de Sayyid Qutb, des Frères musulmans, quand celui-ci avait émis son jugement dévastateur sur l’ensemble de la Oumma , en l'accusant de vivre encore dans un état préislamique, "jahiliya" et qu’il fallait par conséquent, la reconquérir par la force.

Dans sa lancée, l'ex-imam avait également parlé de ce qu’il a qualifié de "retard dans la formation du gouvernement" comme étant le signe de "mauvaise foi de la part de certains partis politiques". Ici, l'immixtion dans la conjoncture politique et la partialité sont évidentes.

Selon différentes sources de l'administration centrale, "les fidèles viennent chercher la guidance et ce qui les unit, pas ce qui les divise".

29 Khatib limogés en 2016

En 2016, 29 "Khatib" ont subi le même sort que M. Abiat. Un chiffre très bas, compte tenu du fait que 23.000 préposés religieux officient chaque vendredi dans les mosquées du Royaume. 

Six d'entre eux ont été révoqués pour prises de position politiques; sept l'ont été pour manque de rigueur dans les règles traditionnelles de la khotba prescrite dans «le guide des imams» (manuel distribué aux imams et khatibs) ou pour refus de donner lecture à une khotba généralisée sur des sujets d’intérêt public ou à l’occasion de cérémonie nationales; cinq ont été limogés suite à leur condamnation par des tribunaux, jugements incompatibles avec la mission du khatib; quatre pour des faits portant atteinte à la moralité du khatib et deux par manque d’impartialité en période électorale.

Religieux et politiques: les incompatibles

En vigueur depuis 2014, le dahir 1.14.104 organisant le rôle des préposés religieux a marqué un tournant: celui de la réaffirmation du monopole religieux détenu par le Roi, Commandeur des croyants, mais aussi de la séparation entre religion et politique. Les deux devenant juridiquement incompatibles.

Dans les faits, ce nouveau paradigme se traduit ainsi: "l'imam se contente de diriger les fidèles en ce qui concerne les règles et normes juridico-religieuses élémentaires de l’islam. Il s’engage à ne pas émettre de fatwas portant sur les affaires publiques du pays", peut-on lire sur le site du ministère des Habous.

Il leur est donc interdit, durant la période d'exercice de leur fonctions, d'exercer toute activité ou de prendre une quelconque position revêtant un caractère politique ou syndical. Ils doivent s'abstenir de tout acte pouvant compromettre les rites, tout en veillant à la quiétude des lieux de culte.

En cas de manquement, l'imam engage sa responsabilité, auquel cas, le ministère des Habous peut mettre un terme au contrat le liant au préposé fautif. Idem pour les préposés chargés par ce même département d'exercer des missions dans les mosquées.

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A. E. H.
Le 6 décembre 2016 à 13h56

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