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ECONOMIE

Solvabilité, liquidité: les banques marocaines passent le stress test du FMI et de la Banque mondiale

Les stress tests du système financier marocain (Banques et assurances) menés par une équipe du FMI et de la Banque mondiale montrent une forte résilience.  

Solvabilité, liquidité: les banques marocaines passent le stress test du FMI et de la Banque mondiale
Jamal Amiar
Le 6 novembre 2016 à 13h01 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Huit banques ont été testées dont AWB, la BP et BMCE Bank qui concentrent à elles seules 74,6%  des actifs bancaires marocains.  L’objectif des stress tests du FSAP est d’évaluer la capacité du système bancaire à résister à «d’extrêmes mais possibles chocs macroéconomiques et/ou financiers».

Ces tests servent à explorer les failles du système financier et les canaux par lesquels des chocs adverses peuvent être communiqués. Ils visent à examiner la résilience du système bancaire aux risques de solvabilité, de liquidité et de contagion.

Cette note est le résultat d’une mission conduite en avril 2015 dans le cadre du FSAP, acronyme anglais qui désigne le Programme d’évaluation du secteur financier conjoint au FMI et à la Banque mondiale.

Le secteur bancaire en “développement rapide“, “importante concentration des risques“

«La mission? précise le FSAP, a été conduite à un moment de profonds changements structurels pour le système financier marocain, qui crée des opportunités, mais apporte aussi des risques potentiels».  «Le secteur bancaire marocain, indique la note technique, est ouvert, concentré, en développement rapide et domine le système financier intérieur».

La note du FMI souligne que «les banques marocaines se sont développées localement et régionalement depuis la crise financière, profitant des opportunités offertes par des banques européennes en retrait».

Le rapport note également un rapprochement des secteurs de la banque et de l’assurance avec «une forte expansion à l’étranger et une importante concentration des risques». Les experts du FMI notent enfin que plusieurs chocs macroéconomiques internes et externes subis au cours de ces dernières années ont créé des pressions sur les liquidités financières et augmenté le volume des créances douteuses.

Risques potentiels:

Europe, marché financier, Moyen-Orient, lenteur des réformes et météo

Le design de ces stress tests incorpore «les principaux risques potentiels extérieurs» note le FM ; ils concernent un ralentissement de la croissance en Europe, qui peut affecter les exportations marocaines, les investissements européens en Europe et les transferts financiers.

Parmi les autres risques figure une volatilité du marché financier international, qui peut entraîner une hausse des taux d’intérêts et globalement le coût des financements.

Enfin, le risque de faillite de nouveaux Etats au Moyen-Orient et la crise politique persistante peut tirer le prix du pétrole vers le haut, affectant négativement l’économie marocaine et ses comptes extérieurs. Ce dernier risque a été classé «moyen» par le FSAP, et les deux premiers (Europe et marché financier international) «élevé».

Le test inclut des risques potentiels internes. Le premier reste «le rythme de réformes fiscales, financières et structurelles au Maroc», jugé “plus lent que nécessaire“ et qui pourrait ralentir la croissance et le flux des investissements étrangers, un risque «moyen». Le second risque est constitué des mauvaises conditions climatiques, un risque «bas».

 Les stress tests intègrent des méthodes –top down (TD) et bottom up (BU)- et des scénarios économiques qui courent de 2015 à 2017. L’impact sur la capitalisation et la profitabilité des banques est étudié.

Ainsi, le test de liquidité TD évalue la capacité des banques à résister à des retraits massifs aux guichets. Les tests de contagion couvrent les relations interbancaires, les liens entre banques et assureurs, et la contagion transfrontalière.

Politique de crédit à consolider

Les stress tests menés par le FSAP concluent à la résilience du système bancaire marocain, avec le risque du crédit restant comme la principale vulnérabilité.

Les experts du FMI indiquent que la qualité du crédit reste sensible aux taux d’intérêts et, dans une moindre mesure, à la croissance du capital et aux flux de capitaux liquides: la hausse des taux d’intérêts accroît le fardeau de la dette et détériore la qualité des crédits; la croissance du PIB est associée à une plus grande capacité d’endettement; les flux de capitaux accroissent la liquidité du système bancaire, permettant aux banques de distribuer plus de crédits, ce qui ferait automatiquement baisser le taux de créances douteuses, les nouveaux crédits étant considérés plus performants.

La note du FSAP indique également que «la plupart des banques seraient confrontées à des risques de liquidités dans le cas de larges retraits des dépôts», dans une configuration de critères plus sévères que ceux de Bâle III ou un assèchement financements interbancaires.

Le FSAP révèle que si les banques sont considérées moins vulnérables à «la double exposition»  avec les compagnies d’assurance, ces dernières sont en revanche plus fragiles.

Quant à «la double exposition» transfrontalière, les stress tests du FASP indiquent que les banques marocaines disposent d’un capital suffisant pour absorber des pertes de leurs filiales et «ont la capacité d’en minimiser l’impact sur la stabilité financière régionale».

Les trois principales banques marocaines (Attijari, GBP et BMCE Bank) sont très présentes en Afrique de l’Ouest et disposent d’un large réseau de guichets en France, Espagne et Italie.

Enfin le FASP recommande à Bank al Maghrib et aux banques marocaines «d’affiner la méthodologie des stress tests». Le FASP demande à Bank al Maghrib de fournir au secteur bancaire marocain des directives et des scénarios plus précis, car les banques de dépôt semblent «principalement utiliser des jugements d’experts pour réaliser leurs tests».

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Jamal Amiar
Le 6 novembre 2016 à 13h01

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