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Maroc-République de Corée. Pour accélérer son industrialisation, Rabat mise sur Séoul

Le Maroc et la République de Corée accélèrent leur rapprochement économique autour d’un futur accord de partenariat économique global (CEPA). Pour le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur et un dirigeant important du patronat marocain, ce partenariat agira comme un levier d’industrialisation, de montée en gamme technologique et de renforcement de l’intégration nationale dans les chaînes de valeur mondiales. Explications.

Maroc-République de Corée. Pour accélérer son industrialisation, Rabat mise sur Séoul
Chaîne de production de batteries électriques
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Le 11 mai 2026 à 17h50 | Modifié 11 mai 2026 à 18h29

Dans un contexte de recomposition des flux industriels mondiaux et de diversification des chaînes d’approvisionnement, le Maroc cherche à attirer davantage d’investissements à forte valeur ajoutée. Selon le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, et un dirigeant de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le rapprochement en cours avec la République de Corée permettra de développer une base industrielle locale plus compétitive à l'échelle mondiale.

Une réunion en juin 2026 pour accélérer le rapprochement économique avec Séoul

Après s’être entretenu par visioconférence avec le ministre coréen du Commerce, Yeo Han-koo, le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur nous a déclaré vouloir donner une dimension stratégique au partenariat bilatéral, au-delà du cadre d’un simple traité commercial.

"Afin de diversifier et de renforcer les partenariats commerciaux du Royaume du Maroc, notamment avec les pays asiatiques, j’ai tenu la semaine dernière une réunion virtuelle avec M. Yeo Han-koo, qui a permis d’examiner les moyens de consolider les relations commerciales et économiques entre le Maroc et la République de Corée", nous a affirmé le responsable gouvernemental.

Désireux de renforcer les échanges bilatéraux, le secrétaire d’État a indiqué avoir convenu avec son homologue d’organiser une visite de travail à Rabat au mois de juin pour poursuivre ce rapprochement et promouvoir un partenariat mutuellement bénéfique, à la hauteur des potentialités des deux pays.

Pour Omar Hejira, cette réunion marquera une nouvelle étape dans l’accélération des discussions entre les deux pays autour du futur CEPA qui devra servir de cadre à une coopération économique plus large, centrée sur l’investissement industriel, les technologies avancées et les exportations.

Un moteur de montée en gamme industrielle

Selon un dirigeant de la CGEM, la concrétisation de ce partenariat représentera une opportunité stratégique pour renforcer la transformation industrielle engagée par le Royaume depuis plus d’une décennie.

"Le Maroc ne veut plus se contenter d’attirer des activités d’assemblage à faible valeur ajoutée. Le CEPA permettra de développer des écosystèmes industriels capables d’intégrer davantage de production locale, de compétences technologiques et de fournisseurs nationaux", a résumé notre interlocuteur du patronat marocain.

Dans le même sens, le secrétaire d’État a ajouté qu’un renforcement de la coopération avec la République de Corée ouvrirait des perspectives prometteuses en matière d’investissements industriels à forte valeur ajoutée, de transfert de technologies et d’échange d’expertises.

Rappelant que le ministre de l’Industrie a indiqué que le taux d’intégration locale de 69% dans l’automobile a permis au Maroc de devenir le premier producteur africain de véhicules de tourisme, le dirigeant de la CGEM explique que l’objectif est de reproduire cette dynamique dans de nouveaux secteurs industriels liés à la mobilité électrique, aux batteries, au ferroviaire et aux technologies vertes.

Devenir un maillon industriel incontournable entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique

"Dans un contexte de réorganisation mondiale des chaînes de production, le rapprochement avec Séoul permettra également de tirer parti de la position stratégique du Maroc en tant que plateforme d’accès vers l’Afrique, l’Europe et les Amériques dans le cadre de chaînes de valeur mondiales plus intégrées et compétitives", a précisé Omar Hejira, en insistant sur la volonté des grands groupes industriels asiatiques de diversifier leurs implantations dans des pays dotés d’atouts géopolitiques.

Familier des entreprises coréennes, le dirigeant de la CGEM confirme que le Maroc représente pour elles une plateforme particulièrement attractive grâce à sa stabilité économique, ses accords de libre-échange, ses infrastructures logistiques et sa proximité avec les marchés européens.

Prenant l’exemple du port de Tanger Med, le chef d’entreprise avance que le développement croissant de la connectivité industrielle du Maroc permettrait aux exportateurs asiatiques de produire sur place dans des secteurs à forte croissance, puis d’accéder simultanément aux marchés des trois continents desservis par le principal hub portuaire de la Méditerranée.

Les secteurs clés du futur partenariat

Citant le secteur stratégique de la production des batteries électriques, en plein essor au Maroc, notre interlocuteur rappelle d’abord que la République de Corée fait partie des leaders mondiaux de cette industrie grâce à des groupes comme LG Energy Solution, Samsung SDI ou SK On.

"De notre côté, le Maroc dispose d’atouts recherchés dans la chaîne de valeur mondiale des véhicules électriques – ressources minières stratégiques, production compétitive d’énergies renouvelables et un écosystème automobile déjà structuré autour de Renault et Stellantis", précise l’homme d’affaires, pour qui l’objectif est de capter une partie de la valeur industrielle liée à la mobilité électrique, en attirant des unités de production de composants, de batteries et de technologies associées.

Et d’ajouter que le ferroviaire constitue un autre axe de coopération majeur avec le groupe Hyundai Rotem, déjà associé à plusieurs projets marocains susceptibles de favoriser le développement d’une filière locale capable de produire des équipements destinés au marché national, mais aussi à l’export vers l’Afrique.

Alors que l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) et l’agence coréenne KOICA ont lancé en mars 2026 un programme de 13,5 millions de dollars pour soutenir les métiers verts et la transition bas carbone des industries marocaines, le dirigeant de la CGEM avance que le futur partenariat maroco-coréen s’étendra aussi à la transition énergétique et à la décarbonation industrielle.

Une coopération alignée sur la stratégie économique du Royaume

Cette diversification apparaît nécessaire dans une dynamique internationale où les marchés étrangers, notamment européens, imposent des normes environnementales plus strictes aux exportations industrielles en provenance de pays comme le Maroc.

"Cette dynamique s’inscrit dans la vision stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, visant à renforcer l’ouverture de notre économie et à consolider le positionnement du Maroc comme partenaire fiable et acteur engagé au sein de l’économie mondiale, à travers des partenariats équilibrés fondés sur le bénéfice mutuel et le développement durable", a conclu Omar Hejira, en évoquant une perspective de rapprochement économique global.

En attendant d’éventuels partenariats stratégiques du même ordre avec des pays disposant d’industries de pointe, comme le Japon ou l’Inde, le rapprochement actuel avec la République de Corée pourrait accélérer la transformation du Maroc en hub industriel régional reliant l’Afrique, l’Europe et l’Asie.

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Le 11 mai 2026 à 17h50

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