Les partis politiques entre la nécessité des réformes et la tentation d'entrer au gouvernement
COMMENTAIRE. Après les élections, la priorité dans n’importe lequel des six partis qui ont fortement reculé (UC, USFP, RNI, PI, PPS et MP) devrait être le sauvetage et l’autocritique.
Au lieu de cela, le sujet principal dans les conversations, les échanges, dans les esprits, est celui de la participation. Autrement dit: “Entrons au gouvernement et j’aurai peut-être un maroquin“.
C’est comme si une entreprise perd des parts de marché, creuse ses déficits, au point que sa survie est menacée. Puis le conseil d’administration se réunit:
-on se partage des dividendes fictifs;
-on achète des voitures de fonction;
-on se convainc que le recul, c’est la faute aux autres, une sorte de complot de mains invisibles ou de concurrents mal intentionnés;
-le président du conseil d’administration laisse faire, car pour lui, c’est le moyen de se maintenir et advienne que pourra.
En d'autres termes, la transaction prime sur la performance et masque les défaillances. La négociation autour des alliances possibles tourne à la transaction.
Plusieurs des six partis concernés sont dans cet état d’esprit.
Objectivement, la participation n’est dans l’intérêt d’aucun d’entre eux ou alors sur la base d’un programme clair et d’affinités idéologiques ou programmatiques, après l’étape d’autocritique et la stratégie de sauvetage.
Dans n’importe quel marché ouvert, une entreprise qui recule inexorablement n’est pas compétitive, elle n’a pas le bon produit ou la bonne stratégie, il y a quelque chose qui ne va pas et qu’il faut corriger.
Sur le marché politique, il s’agit d’un problème d’offre. Le marché a changé. Le produit est inadapté. Il est inadapté parce que les règles de base ne sont pas respectées:
-un manager charismatique capable de “vendre“ le produit;
-une démocratie interne;
- un projet ou socle idéologique;
-un appareil partisan, logistique, humain, des permanences, un service de communication performant, des relais sur le territoire national…
Le projet idéologique est fondamental. C’est la base, le repère, la boussole. Pepsi ne peut pas s’allier à Coca. On ne peut pas mettre de la soupe de poisson dans un pot de yaourt.
Logiquement, chacun des six partis doit parler le langage de vérité. Lancer un plan de sauvetage. Faire son autocritique. De vraies réformes. Et ensuite, seulement ensuite et sur la base d’affinités idéologiques et de programmes, envisager d’entrer dans une coalition.
Ceux qui ne suivront pas cette démarche se retrouveront, dans cinq ans, dans une situation pire que celle d’aujourd’hui. Certains risquent de disparaître du champ politique.
En attendant, on peut toujours s’amuser à ce nouveau jeu, qui consiste à rassembler toutes les combinaisons possibles permettant d’atteindre le chiffre magique: 198.
à lire aussi
Article : Nabila Rmili : “L'avenue royale sera le plus grand espace vert d'un centre-ville en Afrique”
Reçue dans l'émission Le 12/13 de Médias24, la présidente du conseil de la ville de Casablanca a fait le tour des grands chantiers urbains en cours : avenue Royale, réhabilitation de Derb Ghallef, plan d'aménagement de Hay Mohammadi, nouveau centre d'enfouissement et de valorisation des déchets, marché central. Sur chacun, elle a précisé l'état d'avancement, reconnu les limites et défendu les choix opérés.
Article : RAGA 2026 : le Policy Center plaide pour une Afrique qui produit elle-même son récit stratégique
Présentée le 10 juin à Rabat, la 10e édition du rapport annuel met l’accent sur la souveraineté intellectuelle, la sécurité, l’intégration régionale et les réponses concrètes aux fragilités du continent. L’enjeu : dépasser les diagnostics pour mieux peser dans un ordre mondial en recomposition.
Article : Marché de l'or : les prix chutent, mais plus personne ne veut ni vendre ni acheter
L’or baisse, mais les vitrines ne se remplissent pas pour autant. Alors que le métal jaune retombe autour de 4.100 dollars l’once après les records du début d’année, le marché marocain se retrouve pris entre des clients attentistes et des bijoutiers qui préfèrent différer leurs ventes plutôt que d’encaisser leurs pertes. Explications.
Article : Maroc-UE : sécurité, migration et énergie au menu du dialogue parlementaire à Bruxelles
Réunie le 11 juin, la Commission parlementaire mixte a placé le partenariat entre Rabat et l’Union européenne dans le sillage du nouveau pacte méditerranéen et du Conseil d’association tenu début 2026. Les échanges ont notamment mis en avant le rôle du Maroc comme partenaire prioritaire dans le voisinage sud.
Article : Inforisk lance de nouveaux outils pour mieux évaluer les clients, les fournisseurs et les risques de paiement
Présentées lors d’une rencontre avec la presse, ces solutions s’appuient notamment sur la cartographie de 12.000 groupes marocains et une base de 70.000 personnes politiquement exposées. L’objectif : rendre la donnée d’entreprise plus exploitable dans les décisions du quotidien.
Article : Medasys passe sous le contrôle d'Arka
Medasys est passé officiellement sous le giron d'Arka. C'est une étape de plus dans la constitution d’un groupe marocain intégré autour des datacenters, du cloud, de la cybersécurité et des services numériques. Détails.