Enseignants stagiaires: Un échange de courriers embarrassant pour Abdelilah Benkirane
Les groupes du PAM et de l’USFP à la Chambre des conseillers ont diffusé deux documents embarrassants pour le Chef du gouvernement. Ces documents montrent qu’il est tout à fait possible et légal de réunir les 10.000 enseignants stagiaires dans un seul examen final, comme ils l’ont demandé.
Le premier document est un courrier daté du 28 mars et adressé par les présidents des deux groupes au ministre de l’Economie et des finances. Le courrier (fac-similé) se résume en une question: “Dans quelle mesure les procédures techniques et administratives permettent-elles d’organiser un seul examen final, puis de recruter les lauréats en deux tranches, une tranche à la rentrée, conformément aux postes budgétaires disponibles et la seconde le 1er janvier 2017 ?“
Le second document (deuxième fac-similé) est la réponse du ministre, datée du 30 mars: “Un décret fixant les modalités de l’examen, ainsi que la répartition des postes entre les deux années budgétaires est nécessaire“.
En d’autres termes, ce n’est ni impossible ni compliqué.
L’existence de cet échange explique a posteriori les propos de Abdelilah Benkirane jeudi 31 mars en Conseil de gouvernement (vidéo ci-dessous). Benkirane avait insisté sur le fait qu’il existe un seul gouvernement, qui a un seul porte-parole et un seul ccef. En d’autres termes, rien de ce qui peut être dit par ailleurs, dont le courrier de Boussaid, n’engage le gouvernement. Et, implicitement, le dossier des enseignants stagiaires relève du seul chef du gouvernement.
Cela étant dit, comment réagiront les enseignants stagiaires, leurs familles et l’opinion publique? Selon la coordination des enseignants stagiaires, ils étaient prêts à accepter une telle solution, qui garantit le recrutement de toute la promotion de cette année et avaient envisagé de tenir des assemblées générales pour faire valider la décision de reprise des cours.
Benkirane est désormais très embarrassé: soit il va dans le sens de ce qui apparaît comme une solution conforme à l’intérêt général, mais qui s’est concoctée sans lui, soit il refuse et apparaît comme rigide.
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