Les nouveaux investissements dans les provinces du sud: notre carte interactive
Le Roi Mohammed VI a repris jeudi 4 février sa tournée dans les provinces du sud. La première étape qui s’était déroulée début novembre 2015, avait été interrompue à cause d’un refroidissement.
Le timing n’est pas anodin: 40 ans après la Marche Verte et peu de temps après les élections régionales du 4 septembre dernier, les premières dans le cadre de la Constitution de 2011.
Marche Verte et régionalisation sont les deux mots clés de cette tournée. Il s’agissait en effet de lancer la nouvelle stratégie de développement des provinces du sud. Par provinces du sud, on entend désormais les provinces situées dans les trois régions: Dakhla, Laâyoune et Guelmime.
La nouvelle stratégie sera dotée dans une première étape de 77 milliards de DH d’ici à 2020, pour l’essentiel. Quelques projets aboutiront en 2022.
42 MMDH seront investis par le privé, 30,7 MMDH par l'Etat et 4,7 MMDH par les collectivités territoriales.
Il s’agit d’une stratégie visant à créer 120.000 emplois et à doubler le PIB régional.
Premier point: quels seront les leviers de développement? Le choix a été porté sur le tourisme durable et écologique, l’agriculture, la valorisation des ressources locales (phosphates et pêche) et le positionnement stratégique en tant que hub entre l’Europe et le nord du Maroc d’un côté et l’Afrique de l’Ouest de l’autre.
Pour les ressources, OCP va apporter 19 milliards de DH, dont 16,8 MMDH pour la création d’un complexe de valorisation des phosphates de Boucraâ. Ce complexe, avec son port et son usine de fabrication d’engrais, sera construit à une vingtaine de kilomètres au sud de Laâyoune. OCP va également créer une technopole et un lycée d’excellence dans la région de Laâyoune.
En matière de pêche, 4 MMDH seront investis à Dakhla pour créer 8.000 emplois. Deux grands domaines seront concernés: l’aquaculture pour 2,8 MMDH et la valorisation des captures pour 1,2 MMDH.
11.000 emplois seront par ailleurs créés dans l'agriculture:
-dans la région de Dakhla, création d'une station de dessalement d'eau de mer, pour un investissement de 1,3 milliard de DH. Elle produira 100.000 mètres cubes d'eau douce par jour.
-un projet de production de primeurs dans la région de Boujdour, sur 1.000 hectares, pour un investissement de 465 MDH.
-lancement de 50 projets d'agriculture solidaire dans la région de Laâyoune, pour 1,1 milliard de DH.
Tourisme écologique à travers des produits innovants combinant la mer, le désert, l'écologie:
-84 projets sont prévus pour 2,1 milliards de DH.
-la culture hassanie sera érigée en levier de développement.
Pour ce qui concerne l’infrastructure:
-1 milliard de DH pour couvrir ces régions en nouvelles technologies, y compris les fibres optiques. Les régions du sud ne pourront pas devenir un hub international vers l'Afrique sans une excellente couverture en télécommunications.
-Un barrage sera construit sur l'oued Noun, pour 800 MDH. Il servira à produire l'eau potable, l'eau d'irrigation et à protéger la région des inondations.
-Port Dakhla Atlantique en eau profonde: investissement de 6 milliards de DH. Il sera construit à 70 km au nord de Dakhla et aura sa propre zone logistique.
-La ville de Dakhla sera raccordée au réseau électrique national pour 1,7 milliard de DH.
-Réaménagement de la route nationale entre Tiznit et Dakhla (8,5 MMDH pour la 1re tranche).
-CHU à Laâyoune (1,2 MMDH), il offrira des prestations de troisième génération. D'une capacité de 500 lits, ce centre hospitalier de référence comprendra des pôles d'excellence dans diverses spécialités (mère-enfant, oncologie, psychiatrie, urgences).
Notons que dans les provinces du sud, le revenu annuel par habitant dépasse la moyenne nationale de 20% (33.864 DH contre 27.356 DH) et que l’accès à l'eau potable est assuré à 99%, contre 92% en moyenne nationale.
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