Travailleuses domestiques: la société civile interpelle les parlementaires
Le collectif pour l'éradication de l'exploitation des filles mineures dans le travail domestique a adressé, ce 1er février, une lettre ouverte aux chefs des partis de la majorité parlementaire. Il les appelle à amender et voter le projet de loi avant la fin de la session parlementaire en cours.
Le collectif appelle, sur un ton alarmé, à l'amendement et au vote du projet de loi 19.12 avant la fin de la semaine. "Ce dossier a trop traîné, estime Omar Kindi, membre du collectif pour l'éradication de l'exploitation des filles mineures. La session parlementaire sera bouclée mardi prochain et nous faisons ce qui est en notre pouvoir pour inciter les parlementaires à amender et à voter le projet de loi en question, avant la fin de la session", déclare-t-il à Médias 24.
De plus, un document de plaidoyer avait été remis le samedi 30 janvier 2016 au chef du gouvernement, où ont été exposées les conclusions basées sur plusieurs années de travail de terrain. Dans le document, il est question de contradictions contenues dans le projet de loi 19.12 avec les engagements du Maroc à l'échelle internationale en matière de protection de l'enfance, contre l'exploitation ou le travail dangereux.
le travail des enfants parmi les pires formes d'exploitation
Contactée par nos soins, Amina Gani, membre du collectif, rappelle que "le travail domestique fait partie des pires formes d'exploitation, selon la convention numéro 138 de l'Organisation internationale du travail. Ce texte liste une série de tâches qui font partie des pires formes de travail. Le travail domestique en fait partie".
Ce que le collectif demande en premier lieu, c'est la criminalisation de l'exploitation des petites filles dans les foyers, et la hausse de l'âge minimal de l'exercice du travail domestique à 18 ans. "Les travailleuses domestiques sont souvent isolées, enfermées, exposées à la violence physique et morale, à la maltraitance et au viol. La place d'un enfant se trouve à l'école", plaide Amina Gani.
"Réinsérer et accompagner" les victimes
"En second lieu, nous demandons l'adoption de dispositions qui permettent la réinsertion et l'accompagnement des petites filles victimes d'exploitation (...) A ce propos, l'association Insaf, qui nous accompagne dans de nombreux projets, a fait un travail colossal. C'est une expérience qu'il faut élargir à travers la mise en place d'un cadre réglementaire", ajoute la même source.
Pour l'heure, Omar El Kindi explique le retard du vote de la loi à la frilosité caractéristique des responsables politiques en période pré-électorale. Mais il reste tout de même confiant: "la protection des droits des enfants sera effective à l'avenir, c'est dans la continuité des choses. Le seul inconnu est la variable du temps. A quelle vitesse aboutira ce processus?!"
Il est à noter que, selon les statistiques révélées par le collectif pour l'éradication de l'exploitation des filles mineures dans le travail domestique, entre 60.000 et 80.000 petites filles travaillent comme domestiques dans les foyers marocains.
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