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La terre n'arrête pas de trembler à Al Hoceima: faut-il s'inquiéter?

Une nouvelle secousse tellurique d’une magnitude de 4,7 degrés (Richter) a été enregistrée ce mercredi. Faut-il craindre une secousse meurtrière? 

La terre n'arrête pas de trembler à Al Hoceima: faut-il s'inquiéter?
Mohammed Berrahou
Le 27 janvier 2016 à 15h50 | Modifié 11 avril 2021 à 1h03

Les répliques se poursuivent au large d’Al Hoceima. Après une violente secousse sismique enregistrée lundi 25 janvier à 4h22 d’une magnitude de 6,3 degrés (échelle de Richter), une série de quatre répliques ont suivi le séisme principal de magnitudes supérieures ou égales à 5 degrés sur l’échelle de Richter (5,0 ; 5,3 ; 5,2 ; 5,0) le même jour. Puis, une autre secousse a été enregistrée ce mercredi 27 janvier par l’Institut national de géophysique, relevant du Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST).

Les habitants des régions d'Al Hoceima et de Nador s'inquiètent. Certains préfèrent dormir sous la tente. Qu’ils se rassurent! D’abord, parce que la force d’une réplique est toujours inférieure à la secousse principale, sinon on ne l’appellerait pas "réplique".

Ensuite, car la région a libéré toute l’énergie emmagasinée depuis plusieurs années. "Il y a eu au moins cinq secousses, dont une ayant permis de dégager une quantité d’énergie considérable. Il est très peu probable d’avoir une secousse sismique aussi importante que celle du 25 janvier dans un futur proche", rassure Tajeddine Cherkaoui, géophysicien et sismologue, joint par Médias 24.

Pourtant, tout peut arriver. S’il est possible d’estimer la probabilité d’un tremblement de terre, il est en revanche, à l’heure actuelle, impossible de prédire la date, l’heure, l’intensité ou encore la durée d’un séisme. Ceux qui le prétendent, tentent simplement de tromper le public. C’est là qu’on comprend qu’il faut toujours rester dans le domaine de la probabilité.

"Malgré les avancées de la science, nous restons toujours dans les probabilités. Cela veut dire qu’il est impossible d’écarter l’hypothèse d’un tremblement de terre puisse se produire", nous explique le sismologue.

Les scientifiques ont essayé de nombreuses méthodes pour prédire les tremblements de terre, mais aucune d’elles ne s’est avérée concluante. Ils peuvent prévoir un séisme dans une période de temps donnée (de quelques années jusqu’à quelques décennies), mais ils n’ont aucun moyen pour dire quand cela arrivera.  

Al Hoceima et Agadir, les zones plus sismiques au Maroc

On le sait depuis bien longtemps, le Maroc est situé dans une zone géographique à risque, à cause de sa situation dans un domaine de collision continentale, due à l’interaction entre les plaques tectoniques africaine et eurasienne.

Depuis 2002, le Maroc a opté pour un code de règlement de construction parasismique (RPS 2000), approuvé par le décret n° 2-02-177 du 22 février 2002 et mis à jour en 2011. Celui-ci prend en compte le risque sismique dans le royaume.  

Le code définit un zonage sismique pour le Maroc, subdivisé en 5 zones de sismicité homogène et présentant approximativement le même niveau d’aléa sismique pour une probabilité d’apparition donnée. Le zonage est relié à la vitesse horizontale maximale du sol, ainsi qu’à son accélération, pour une probabilité d’apparition de 10% en 50 ans.

La terre n'arrête pas de trembler à Al Hoceima: faut-il s'inquiéter?

 

La terre n'arrête pas de trembler à Al Hoceima: faut-il s'inquiéter?

D'après ce zonage, les villes d’Al Hoceima et d’Agadir sont les plus sismiques. Toutefois, le zonage peut être révisé et défini, par voie de décret, à la lumière de nouvelles connaissances et de nouveaux résultats scientifiques ou expérimentaux.

La classification des structures

Selon le code, le niveau de performance requis pour un bâtiment dépend des conséquences socio-économiques des dommages qu’il pourrait subir. Ces conséquences dépendent de l’importance pour le public et de l’usage du bâtiment.

Les bâtiments sont classés en 3 catégories:

-La classe I: les bâtiments d’importance vitale (les établissements de protection civile, les centres de décision, les hôpitaux, les cliniques, les postes de police, etc),

-la classe II: les bâtiments du grand public (les bâtiments scolaires et universitaire, les bibliothèques, les musées, les salles de spectacle, les grands lieux de cultes, etc),

-et la classe III: les bâtiments ordinaires (à usage d’habitation, de bureaux ou de commerce).

Le coefficient d’importance est de 1,3 pour la classe I, 1,2 pour la classe II, et 1.0 pour la classe III.  

Les constructions antisismiques, une nécessité

"Contrairement à ce que les gens pensent, le coût de la construction parasismique n’est pas exorbitant. Il varie entre 2 à 10% du prix global de la construction. La construction antisismique n’est plus un luxe, mais une nécessité", insiste M. Cherkaoui.

La construction doit être conçue et réalisée de manière à avoir une rigidité, une résistance et une ductilité suffisantes pour résister aux sollicitations sismiques. Dans le détail, le béton utilisé doit avoir un comportement stable sous de grandes déformations réversibles,  et les armatures pour le béton armé doivent être à haute adhérence et le système de fondations doit être dimensionné conformément aux normes.

Pour le choix du site, le code indique que "les ouvrages de classe III (bâtiments ordinaires) doivent être implantés en dehors d’une bande de 120 m au minimum de part et d’autre de la faille et faire l’objet d’un niveau de protection une fois et demie plus élevé".

Pour les bâtiments de classe I et classe II, "toute construction doit être interdite au voisinage des failles actives". 

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Mohammed Berrahou
Le 27 janvier 2016 à 15h50

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