Le gouvernement a perdu son bras de fer face aux étudiants stagiaires et cherche un compromis
Le gouvernement ne reculera pas sur les deux décrets. Mais il cherche à trouver une issue au bras de fer. L’heure du compromis a sonné.
Après avoir perdu son bras de fer contre les étudiants en médecine, le gouvernement a également perdu contre les enseignants-stagiaires.
Entre les deux situations, une seule différence: dans le premier cas, il s’agissait uniquement d’un projet sur lequel il était donc possible de reculer; dans le second cas, les décrets sont signés depuis août dernier et le gouvernement ne compte pas les annuler. Et d’ailleurs, il ne pourrait pas reculer sans perdre la face.
A part cette différence, le scénario est le même. Le gouvernement a perdu dans les deux cas. Et ceci, parce qu’il n’a pas maîtrisé sa communication, qu’il a mal évalué le rapport de forces, refusé d’ouvrir des négociations, alors qu’il était encore temps de le faire et commis l’erreur de violenter les protestataires.
Aujourd’hui, le gouvernement cherche une porte de sortie et il est prêt à un arrangement. Contrairement à ses menaces, il ne décrètera pas une année blanche. Aucun gouvernement digne de ce nom ne peut se le permettre à l’ère des réseaux sociaux et de la presse digitale.
Le gouvernement cherche clairement une issue. M. Hassad, ministre de l’Intérieur joue souvent au pompier, parfois à la demande du Chef de l’Etat. Samedi dernier, il a reçu les principaux syndicats et leur a demandé entre autres leur médiation dans l’affaire des enseignants stagiaires, ce qui témoigne d’un sentiment d’urgence.
Dans ce genre de situations, chacune des deux parties a essayé de prendre l’opinion publique à témoin. C’est un progrès. Plus le temps passe, et plus l’opinion publique devient au Maroc un acteur politique au plein sens du terme.
Le problème des enseignants stagiaires paraît complexe. En fait, il se réduit à ceci :
10.000 étudiants ont été reçus au concours pour recevoir une formation d’enseignant. 7.000 seulement seront recrutés, à l’issue d’un concours. Les autres auront le choix de passer d’autres concours de la fonction publique ou de chercher des postes dans le privé. Or, ils ont peur de rester sur le carreau. Toute la question est là.
Ce jeudi matin 21 janvier, aucune décision gouvernementale n’avait été prise, nous a déclaré une source autorisée. Mais la même source n’a pas démenti la recherche d’un compromis.
On notera également au final que le mouvement non autorisé Al Adl a fait preuve d’opportunisme, en se greffant sur les mouvements de protestation sociale, comme ceux des étudiants en médecine ou ceux des enseignants stagiaires. Al Adl se professionnalise en matière de mise en scène et d’organisation d'actions collectives.
Le mode opératoire est à chaque fois le même: signalétique, banderoles, mots d’ordre, slogans, chauffeurs de salle, provocations calculées à l’encontre des forces de l’ordre pour les pousser à la faute, simulations de blessures, occupation de l’espace public, entrave à la circulation… Le tout avec des protestataires revêtus de blouses blanches, un service d’ordre hyper organisé, des moyens logistiques importants et enfin des actions coordonnées dans plusieurs villes et un service de communication très efficace.
La nature a horreur du vide. Le PJD domine la scène politique, ses concurrents sont peu actifs en matière de mobilisations collectives, Al Adl en a profité.
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