Le ministère de l'Agriculture se prépare à l'éventualité d'une sécheresse
Sécheresse ou pas sécheresse? Si l’on se réfère aux céréaliculteurs, la saison sera, dans le meilleur des cas, moyenne. Le ministère prépare des scénarios de crise.
Au ministère de l’Agriculture, on se veut pragmatique et réactif. Aziz Akhannouch a réuni mardi tout son staff, ainsi que les directeurs régionaux, les offices, le Crédit Agricole du Maroc et la Mamda (Mutuelle agricole marocaine d'assurances). Cela ressemble à une réunion de crise ou d’anticipation de crise.
La conclusion, c’est qu’il reste un espoir de sauver la campagne s’il pleut d’ici la fin du mois de décembre. On se retrouverait dans ce cas dans le même scénario que la saison 1994-95 où le récolte avait dépassé les 80 millions de quintaux.
En tout état de cause, les différents scénarios, y compris et surtout en cas de crise, ont été arrêtés.
L’état des lieux: "La campagne agricole actuelle se caractérise par un retard des précipitations au cours du mois de novembre, ce qui a occasionné à date d’aujourd’hui [mardi 15 décembre, ndlr] un déficit pluviométrique de 47% par rapport à une campagne normale, soit un déficit de 60 mm", apprend-on dans un communiqué du ministère.
"Certaines régions ont toutefois enregistré de bons niveaux de pluviométrie. En l'occurrence, les zones de l'Oriental et du Sud-Est ont reçu suffisamment de précipitations, en comparaison à une année normale", mais il ne s’agit pas de grandes régions céréalières.
Le ministère ajoute que "plusieurs facteurs atténuent les effets du retard des pluies notamment le taux de remplissage des barrages à usage agricole qui se situe à 63% (à mi-décembre) avec des taux assez importants au niveau des périmètres irrigués, qui affichent un disponible de 8,5 milliards de m3".
A partir de ce constat et sachant que des prévisions météo non officielles font état d’une possibilité de retour des pluies d’ici fin décembre, différents plans ont été arrêtés, en fonction des scénarios.
En fonction de l’avancement de la campagne et en fonction de la pluviométrie, des besoins vont en effet s’exprimer, dont celui d’un soutien aux agriculteurs. Dans ce dernier cas, un programme d’intervention sera présenté au gouvernement.
La loi de finances 2016 table sur une campagne agricole moyenne, de 70 millions de quintaux et un taux de croissance de 3%.
Le ministère précise que "la campagne céréalière record de 2014-2015 a permis de constituer des stocks importants en paille et en orge, qui se situent respectivement à des prix de 1,11 et 2,49 DH/kg (fin novembre), soit des niveaux stables en comparaison avec la campagne passée". Il conclut que "le chantier de l’assurance agricole avance bien avec 872.000 hectares couverts aujourd’hui. Il est attendu d’atteindre dans les prochaines semaines l’objectif de 1 million d’hectares, couvrant ainsi environ 33% de la superficie emblavée".
À découvrir
à lire aussi
Article : Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”
L'Union européenne a affiché jeudi 16 avril 2026 à Rabat une position nettement plus explicite sur le Sahara marocain, en estimant qu'"une autonomie véritable" sous souveraineté marocaine pourrait constituer "une solution des plus réalisables" pour clore ce différend régional.
Article : DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni
Validation en temps réel, rôle central de la DGI dans la circulation des factures, intégration des systèmes d’information et contrôle renforcé des délais de paiement… La réforme de la facturation électronique se précise, avec un déploiement progressif et un écosystème en cours de structuration.
Article : Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc
En annonçant une réduction de ses effectifs d’ingénieurs dans ses centres de recherche et développement, Renault fait naître des interrogations au Maroc, où le groupe vient de lancer un nouveau centre d’ingénierie en 2025.
Article : Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial
Derrière ses dômes blancs, l’Observatoire de l’Oukaïmeden s’est mué en quelques années en une véritable machine à découvertes. Fort de plus de 4.700 objets célestes identifiés et de collaborations internationales de haut niveau, il s’affirme désormais comme une infrastructure stratégique, à la croisée de la recherche, de la technologie et de la souveraineté scientifique. Et ce n'est qu'un début.
Article : Dakhla : un mégaprojet de datacenters verts de 500 MW lancé pour asseoir la souveraineté numérique du Maroc
Une convention entre plusieurs institutions publiques acte le démarrage des études chargées de fixer le modèle économique, la gouvernance et les modalités de financement du programme.
Article : Coupe du monde 2026. Ce que disent les chiffres sur les retombées économiques
Le rapport de la FIFA et de l’Organisation mondiale du commerce sur la Coupe du monde 2026 donne une estimation des retombées économiques de la compétition, aussi bien dans les pays organisateurs qu’à l’échelle mondiale. Des projections qui se recoupent sur plusieurs aspects avec celles annoncées en vue du Mondial 2030.