Une étude actuarielle confirme la fragilité de la Cnops
L’Agence nationale de l’assurance maladie a commandité une étude actuarielle sur l’AMO (CNSS et Cnops).
Ses conclusions prévoient un déséquilibre financier chez la Cnops à court ou moyen termes, selon les scénarios retenus.
L’avenir de la Cnops, organisme de couverture médicale pour les fonctionnaires de l’Etat, n’est pas assuré. C’est ce que conclut une étude actuarielle commanditée par l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam) et réalisée par le cabinet Actuaria Global.
L’étude, dont les conclusions seront discutées lors du conseil d’administration de l’Anam, prévu le 23 décembre 2015, confirme les appréhensions de la CNOPS. En revanche, l’étude est rassurante quant il s’agit de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale). L’AMO-CNSS demeure équilibrée à l’horizon 2025, frontière temporelle de l’étude actuarielle.
Pour apprécier les deux régimes, l’étude présente deux variantes pour calculer des projections sur dix ans.
La première variante, appelée "statu quo", tient compte du niveau des prestations, tout en intégrant quatre éléments impactants. Il s’agit de l’intégration de 32 médicaments coûteux dans le panier des prestations, du transfert des médicaments de la pharmacie Cnops vers les CHU, de l’intégration de la valorisation des prestations dentaires, surtout des prothèses dentaires et enfin de l’impact de la baisse de certains médicaments.
En tenant compte de ces paramètres, les projections de l’étude font ressortir une évolution annuelle moyenne des prestations de 4,8% et de 1,5% pour les cotisations. Dans cette configuration, la bonne santé du régime, affichée actuellement, se dégradera progressivement jusqu’à présenter un déséquilibre financier. Le manque à gagner dans le rapport cotisations/prestations sera de 0,03 milliard de DH en 2018 et atteindra 1,57 milliard de DH en 2025.
Dans la deuxième variante, qui tient compte de nouveaux éléments dont certains pourraient être appliqués dès 2016, le déséquilibre sera encore plus grave et presque immédiat.
Le scénario catastrophe intègre la fermeture totale de la pharmacie de la Cnops, la révision à la hausse de certains actes médicaux (la consultation généraliste et spécialistes, la réanimation et la biologie), la révision des prix, des forfaits et de la liste des dispositifs médicaux et, entre autres, l’extension de la liste des médicaments, ouvrant droit au remboursement en mode tiers payant….
Les projections de ce scénario donnent le régime déficitaire dès intégration de ces paramètres, obligeant ainsi la Cnops à puiser dans ses réserves, jusqu’à leur épuisement.
Les recommandations pour maintenir l’équilibre
Le périmètre de l’étude implique la définition d’un taux d’équilibre de cotisation. Dans le langage actuariel, il s’agit d’un taux de couverture des prestations par les cotisations, en paramétrant la proportionnalité des actifs et des retraités.
Dans le scénario "statu quo", il est recommandé que le taux d’équilibre soit composé de 5% d’actifs et 2,5% de pensionnés pour la période 2016-2020. Le taux passe à 6,20% pour les actifs et 3,10% pour les pensionnés pour la période 2021-2025.
Pour le scénario catastrophe, ce taux d’équilibre doit passer à 5,5% pour les actifs, 2,75% pour les pensionnés pour la première période et de 6,7% et 3,35% pour la période 2021-2025.
Le cabinet recommande également la solution du déplafonnement des cotisations. Selon ses projections, cette solution permettra de dégager 400 millions de DH supplémentaire par an, repoussant ainsi le déficit global à 2019.
À découvrir
à lire aussi
Article : Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”
L'Union européenne a affiché jeudi 16 avril 2026 à Rabat une position nettement plus explicite sur le Sahara marocain, en estimant qu'"une autonomie véritable" sous souveraineté marocaine pourrait constituer "une solution des plus réalisables" pour clore ce différend régional.
Article : DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni
Validation en temps réel, rôle central de la DGI dans la circulation des factures, intégration des systèmes d’information et contrôle renforcé des délais de paiement… La réforme de la facturation électronique se précise, avec un déploiement progressif et un écosystème en cours de structuration.
Article : Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc
En annonçant une réduction de ses effectifs d’ingénieurs dans ses centres de recherche et développement, Renault fait naître des interrogations au Maroc, où le groupe vient de lancer un nouveau centre d’ingénierie en 2025.
Article : Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial
Derrière ses dômes blancs, l’Observatoire de l’Oukaïmeden s’est mué en quelques années en une véritable machine à découvertes. Fort de plus de 4.700 objets célestes identifiés et de collaborations internationales de haut niveau, il s’affirme désormais comme une infrastructure stratégique, à la croisée de la recherche, de la technologie et de la souveraineté scientifique. Et ce n'est qu'un début.
Article : Dakhla : un mégaprojet de datacenters verts de 500 MW lancé pour asseoir la souveraineté numérique du Maroc
Une convention entre plusieurs institutions publiques acte le démarrage des études chargées de fixer le modèle économique, la gouvernance et les modalités de financement du programme.
Article : Coupe du monde 2026. Ce que disent les chiffres sur les retombées économiques
Le rapport de la FIFA et de l’Organisation mondiale du commerce sur la Coupe du monde 2026 donne une estimation des retombées économiques de la compétition, aussi bien dans les pays organisateurs qu’à l’échelle mondiale. Des projections qui se recoupent sur plusieurs aspects avec celles annoncées en vue du Mondial 2030.