Le nombre de jihadistes marocains rejoignant Da'ech en net ralentissement
Selon un rapport publié le 8 décembre, le Maroc fait partie des pays ayant contenu les départs de ses ressortissants vers la Syrie et l'Irak.
Entre 1.200 et 1.500 jihadistes marocains ont rejoint les rangs de Da'ech en Syrie et en Irak. Ce chiffre reste à peu près stable en 2015 par rapport aux évaluations faites en 2014.
C'est une mauvaise nouvelle sur les combattants étrangers de Da’ech, que celle que rapporte le cabinet d’intelligence stratégique et militaire américain, le groupe Soufan (The Soufan Group): le nombre global de jihadistes étrangers de Da’ech a considérablement augmenté en Irak et en Syrie en 2015. L’effort international déployé pour contrecarrer la montée en puissance de l’organisation terroriste n’a finalement eu que peu d’impact.
Selon les estimations du cabinet, constituées à partir des évaluations officielles des gouvernements, des rapports des Nations Unies, de sources universitaires ou encore d’autres sources citant des responsables gouvernementaux, entre 27.000 et 31.000 jihadistes originaires de 86 pays ont rejoint les troupes de Da’ech.
C'est un chiffre alarmant, car 18 mois plus tôt, le cabinet estimait le nombre de jihadistes à 12.000 personnes. Ce nombre a donc plus que doublé en seulement 18 mois, passant à près de 30.000 individus.
Le Moyen-Orient et le Maghreb, principaux fournisseurs de jihadistes
Les pays de l’Est de l’Europe ont enregistré la plus forte augmentation, passant de 1.000 en 2014 à 4.700 jihadistes en octobre 2015. Malgré cette forte progression, ces pays restent loin derrière ceux du Moyen-Orient et du Maghreb, principaux fournisseurs de jihadistes.
De ces 8.000 jihadistes maghrébins, le Maroc, selon les chiffres officiels du gouvernement, recense 1.200 combattants, mais le cabinet estime que le nombre réel est probablement plus élevé de 300, soit 1.500 combattants.
Le Maroc se positionne ainsi 2e fournisseur africain après la Tunisie (6.000 combattants et premier du classement mondial !), et 7e au niveau mondial derrière la France (1.700 combattats), et suivi du Liban (900 combattants). Les 2e et 3e plus gros fournisseurs sont l’Arabie Saoudite et la Russie, avec respectivement, 2.500 et 2.400 jihadistes.
20 à 30% des combattants de retour à leurs pays d’origine
Déçus, terrifiés ou ayant retrouvé la raison, certaines recrues qui ont rejoint les rangs de Da’ech ont fini par quitter le territoire contrôlé par l’organisation terroriste. Le nombre d'individus effectuant le retour dans leurs pays d’origine a augmenté, mais sans avoir d’informations sur leur motivations. "Nous savons peu de choses sur eux, et pour le moment, il est encore trop tôt pour dire ce que cela implique comme menace pour la sécurité nationale", peut-on lire du rapport.
La Tunisie et la Turquie enregistrent le retour du plus grand nombre de jihadistes, avec respectivement, plus de 625 et plus de 600 combattants. Pour le Maroc, ce nombre n’est pas disponible. Rares sont les gouvernements, indique le rapport, qui "fournissent une ventilation détaillée du nombre et de la répartition des jihadistes. Il est probable que certains gouvernements sont au courant de la disparition de certains jihadistes, sans être prêts à l’admettre".
Les chiffres sont alors à prendre avec précaution, affirme le cabinet. Plusieurs gouvernements ne fournissent pas les estimations officielles du nombre de leurs citoyens partis en Syrie et en Irak et ceux qui le font, ne révèlent pas leurs méthodologies.
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