Latifa Ibn Ziaten huée à l’Assemblée nationale à Paris
La franco-marocaine a été huée le 8 décembre à l’Assemblée nationale à Paris, alors qu’elle était invitée pour intervenir dans une rencontre sur la laïcité.
Invitée à intervenir lors d’une rencontre sur la laïcité cette semaine, Latifa Ibn Ziaten, présidente de l’association Imad pour la paix et la jeunesse, a été huée par des membres de l’assistance. Il y a trois semaines, elle a été critiquée sur un plateau de télévision pour sa défense du port du voile et de la laïcité.
Latifa Ibn Ziaten a perdu son fils Imad sous les balles de Mohamed Merah en 2012 dans la région de Toulouse. Depuis, elle lutte pour la tolérance et contre la violence, et défend le rôle de l’école publique laïque française. Elle donne chaque année plusieurs dizaines de conférences et assiste à nombre de rencontres dans les cités et les écoles du pays.
Défenseur de l’école laïque
Au mois de septembre dernier, Latifa Ibn Ziaten faisait partie avec Mohamed Moussaoui (Islam de France) et Joël Mergui (Consistoire israélite de Paris) de la délégation du président Hollande venue en visite officielle à Tanger.
Le 20 novembre dernier, elle s’est par ailleurs vu décerner le prix de la Fondation Jacques Chirac pour son travail au sein de l’association Imad. Le prix lui a été remis par François Hollande.
Il y a quelques jours sur un plateau de télévision français, le commentateur Mohamed Sifaoui avait sévèrement critiqué "la mise en avant d’une femme voilée qui enseigne les valeurs de la République". Ses propos avaient amené le présentateur de télévision à se désolidariser des propos de M. Sifaoui.
Ces réactions publiques et médiatisées reflètent l’état des tensions que vit la France sur les thèmes de la sécurité et de la laïcité.
Ceci est particulièrement vrai depuis les attentats du 13 novembre mais plus largement depuis les attentats de Charlie-Hebdo, la montée du Front national et le raidissement de l’opinion publique française sur les thématiques identitaires et sécuritaires. De plus en plus, la société refuse les moindres signes qui sembleraient vouloir remettre en cause ou "narguer" ce qui a trait à la laïcité.
Raidissement
Les scores électoraux obtenus par le Front national le 6 décembre, en constante augmentation depuis 2002, reflètent cette opposition à toute tentative de toucher à la laïcité et au mode de vie français. Les chiffres du chômage, l’afflux de migrants et les carnages du 13 novembre font naturellement partie de l’équation du raidissement.
Cela est d’autant plus fort avec les signes culturels ou religieux musulmans, qu’islam rime avec insécurité et menace pour une partie de l’opinion publique française ou américaine aujourd’hui comme on l’a vu avec les récentes déclarations du candidat républicain Donald Trump.
Cette semaine à Paris, une chronique parue dans le quotidien parisien Libération reflétant ces peurs et ces fantasmes a suscité un abondant courrier des lecteurs et une violente polémique.
Les huées à l’adresse de Mme Ibn Ziaten à l’Assemblée nationale, la chronique de Libération et les critiques de Mohamed Sifaoui en direct à la télévision, il y a 20 jours, reflètent le malaise et le durcissement de l’opinion publique française. Progressive depuis plusieurs années, elle est devenue plus violente depuis les attentats du 13 novembre.
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