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Justice climatique: l'inquiétant rapport d'Attac Maroc

A l'occasion de la tenue de la COP21 à Paris, Attac Maroc vient de publier un rapport très critique sur la justice climatique au Maroc.

Justice climatique: l'inquiétant rapport d'Attac Maroc
Amine Belghazi
Le 1 décembre 2015 à 14h20 | Modifié 1 décembre 2015 à 14h20

La situation environnementale au Maroc s’est dangereusement détériorée ces dernières années, alerte Attac Maroc dans son rapport sur l'Etat de la justice climatique au Maroc.

Fortement exposé aux aléas climatiques, le Maroc risque de subir les conséquences des politiques nationales et internationales dans le domaine de l'environnement. A ce propos, "l’absence d’une protection effective des ressources vitales du pays a contribué aux crimes écologiques commis à l’encontre de la biodiversité. La concentration des activités économiques sur le littoral, avec 80% des activités industrielles et 53% des installations touristiques est à l’origine de cette situation."

Les permis d'exploration de gaz et de pétrole délivrés à plusieurs multinationales s'opposent aux orientations du Maroc en matière de réduction de la part des énergies fossiles dans la facture énergétique du royaume. Attac Maroc met en garde: "Nous défendons un Maroc sans gaz de schiste et nous nous opposons aux différentes activités de forage liées à cette énergie aux conséquences catastrophiques sur la nappe phréatique et l’écosystème dans son ensemble. Nous nous opposons également aux explorations offshore au Sahara car elles constituent un grand danger pour l’espèce marine et la biodiversité sur les côtes de cette zone."

Il en va de même concernant la financiarisation des projets climatiques. Sur ce point, l'organisation dénonce la stratégie internationale en la matière, qui conduit à un très fort endettement du Maroc à l'égard des institutions financières mondiales, dans le cadre d'un programme d'aide qui n'en porte que le nom. En effet, le bilan des aides reçues par le royaume entre 2000 et 2014 est composé à 94% de prêts, et seulement à 6% de dons.

Plusieurs affaires incarnent le manque de justice climatique

A Imider (province de Tinghir), la population lutte, depuis plusieurs années, pour le droit d'accès à l'eau. La région dont le sous sol est riche en argent pur est exploitée depuis plusieurs années par les grandes entreprises minières d'Afrique, qui extraient annuellement 243 tonnes de cette mine. Une activité d'extraction boulimique en eau, et qui condamne la population de la région à l'extrême misère.

Dans le Nord, dans la province de Larache, et plus exactement à Douar Chlihat, la culture du riz, déléguée à une société espagnole, a eu des conséquences désastreuses sur l'environnement. "Cette activité a causé des dégâts environnementaux, sanitaires et sociaux pour la population de ce village. L’activité agricole de cette population et de l’élevage ont souffert de la présence de cette agro-industrie sur leurs terres. La culture du riz a déréglé l’écosystème de la région à cause de l’invasion de moustiques et d'une sur-exploitation des ressources en eau", note le rapport d'Attac Maroc.

A Ben Smim, dans la province d'Ifrane, l'eau a été privatisée au profit d'investisseurs nationaux et étrangers. "La privatisation de la source par la multinationale Castel a été à l’origine des protestations des habitants entre 2001 et 2010", indique Attac Maroc, ajoutant que cette privatisation met en péril les 3.000 villageois, leurs exploitations, leurs cultures et leurs cheptels.

Des accords internationaux inefficaces

Deux décennies après la création de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, les réalisations sont maigres, constate d'emblée Attac Maroc dans son rapport publié ce mardi 1er octobre.

Les protocoles adoptés n'ont pas permis d'atteindre les objectifs que les Etats se sont fixés. A titre d'illustration, le premier protocole adopté par la COP de Kyoto en 1997 prévoyait la réduction d'au moins 5% des gaz a effet de serre entre 2008 et 2012. Pour ce faire, "un mécanisme a été mis en place censé nous faire parvenir à la réduction des gaz à effet de serre: le marché du carbone.

En réalité, ce marché permet aux grands pollueurs d’acheter des "droits à polluer" auprès des pays les moins pollueurs. "Encore une fois, la logique néolibérale qui consiste à confier aux marchés la régulation du monde, et ici en particulier celle de son climat, a démontré –comme on pouvait s’en douter- son inefficacité", soulève le rapport.

Il en va de même pour les protocoles plus récents, jugés imprécis par Attac Maroc, et qui ont conduit à l'atteinte de niveaux records de concentrations de gaz à effet de serre en 2013.

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Amine Belghazi
Le 1 décembre 2015 à 14h20

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