COP21: les pays industrialisés polluent, les pays pauvres trinquent
Chine, USA et Europe représentent 63% des émissions de CO2 depuis 1850. Les pays non-industrialisés seront-ils un jour dédommagés? La COP21 est-elle autre chose qu'un show médiatique?
Depuis quelques jours, la COP21 est sur toutes les lèvres au Maroc. Le nombre de participants dans la délégation marocaine dans ce rendez-vous international (250 participants) en dit long sur l’importance qu’accorde le Royaume à cette problématique. Le Maroc est-il pour autant responsable du réchauffement climatique? Pas le moins du monde. Pèse-t-il dans le changement climatique à venir? Non plus.
L'enjeu pour la planète est indéniable: imposer des mesures pour réduire emission des gaz à effet de serre et contenir la hausse des températures à 2 degrés au maximum par rapport à 1880.
Les responsables sont connus: ce sont les pays industrialisés. Et puisqu'ils sont responsables, un dédommagement aux petits pays, non coupables, mais vulnérables, est-il envisageable? Et pourquoi le Maroc s'implique-t-il autant dans cette grand-messe mondiale?
Le Maroc se montre présent et très actif lors de la COP21. Le Royaume ne réalise que 0,15% des émissions mondiales, et accueillera même la prochaine édition, la COP22, qui se déroulera à Marrakech en 2016.
Pour notre pays, l'enjeu est un enjeu d'image, de positionnement, de valeurs puisque le choix du développement durable a été pris au Maroc, et aussi un enjeu de diplomatie.
Les pays développés responsables, un dédommagement s’impose
Selon les experts du World Resource Institute (WRI), sur la période 1850-2011, les Etats-Unis, à eux seuls, portent la responsabilité de 27% des émissions cumulées de CO2! L’Union Européenne, 25% et 11% pour la Chine.
Partant de ce constat, le principe des "pertes et dommages" est apparu lors des COP de Doha et de Varsovie. Les pays jugés responsables du réchauffement climatique devront être appelés à dédommager, à hauteur de centaines de milliards de dollars annuellement, les pays qui subissent et subiront les plus grandes conséquences du changement climatique.
En ce qui concerne le Maroc, les conséquences du réchauffement sont nombreuses, et on peut craindre le pire pour l’avenir: augmentation des vagues de chaleur, irrégularité des précipitations, pluies torrentielles, tendance vers le réchauffement, agriculture absolument dépendante de la pluie, stress hydrique aggravéetc.
Vers un modèle économique plus écolo?
Si le Maroc s’engage à réduire ses émissions de 13% d’ici 2030, et compte, dans 10 ans, produire la moitié de son électricité à partir d’énergies renouvelables, le royaume n’est cependant pas le pays qui sauvera la planète. Les pays industrialisés sont les plus concernés par la question. Mais seront-ils capables de faire passer le futur de la planète avant leur propre profit? Pas sûr.
"Un changement de philosophie et de paradigmes politique est nécessaire. Les puissances politiques et économiques doivent comprendre que l’avenir de la planète doit passer avant le profit", explique l'Association pour la Taxation des Transactions pour l’Aide aux Citoyens Maroc (Attac). Pour ce faire, elle souligne "la nécessité de modifier en profondeur nos modes de production et de consommation, de relocaliser la production au plus près des consommateurs, d'en finir avec l’agro business, de repenser les modes d’habitat ou encore de privilégier les systèmes de transport public au collectif".
La COP, un show événementiel plus qu’autre chose?
Sur le plan logistique, tout est parfait. Mais la COP a-t-elle apporté grand-chose à la planète? "En 20 ans, la COP s’est transformée en un show événementiel où les politiques lisent des discours creux et les multinationales font des affaires et du greenwashing. Après deux décennies, nous ne sommes pas arrivés à un accord. Nous sommes bien dans de fausses négociations car la régulation du climat par le 'marché' est un échec."
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