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Une année après, quelles leçons tirer des inondations du sud?

Zurich Assurances consacre une intéressante étude aux leçons à tirer des inondations du sud en 2014. Mieux anticiper, mieux se préparer et mieux informer: il faut apprendre des expériences du passé.

Une année après, quelles leçons tirer des inondations du sud?
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Le 27 novembre 2015 à 16h58 | Modifié 11 avril 2021 à 2h37

Zurich Insurance Company vient de publier une intéressante étude sur les inondations dans le monde, dont une partie consistante a été consacrée au Maroc. On se souvient en effet que notre pays a souffert l'an dernier à pareille époque, d'inondations meurtrières. 

La compagnie d'assurance a développé un programme de résilience aux inondations.

On y apprend ainsi que les inondations ont touché 35 fois le Maroc en un peu plus de 60 ans.

Appréciées par le passé pour leur contribution à l’irrigation des régions arides, elles constituent aujourd’hui un réel danger pour les populations. Si les anciennes générations savaient profiter des techniques ancestrales afin de gérer les risques d’inondation, ces techniques se sont perdues avec le temps, laissant les populations locales en proie à la menace.

Preuves en sont les dégâts humains et matériels causés par les inondations de 2014 dans le sud du Royaume.

L'étude a été menée conjointement par Zurich Insurance Company et Targa-AIDE, à propos des dernières inondations de 2014 qu’a connues le sud du Maroc, et qui ont spécialement touché les villes de Sidi Ifni et de Guelmim.

Le cas des inondations de 2014 illustre parfaitement l’impact de l’exode rural et de l’urbanisation sur les phénomènes naturels tels que les inondations.

Les surfaces autrefois irriguées par les crues sont aujourd’hui habitées. Cette population est mise en danger par les différents cours d’eau, généralement arides, qui peuvent rapidement se transformer en torrents emportant tout sur leur passage.

Au sud du Maroc en 2014, les inondations ont fait 47 morts et d’innombrables victimes qui ont vu dans la plupart des cas leurs habitations détruites, les routes et les lignes coupées, et les services publics tels que les hôpitaux ravagés.

D’ailleurs, une année plus tard, l’impact des inondations se fait encore sentir sur la vie quotidienne des habitants de Sidi Ifni et de Guelmim, qui souffrent toujours des dégâts causés par les torrents.

Beaucoup d’enseignements sont à tirer de ce genre d’expérience.

Par exemple la réaction des collectivités locales de Sidi Ifni, qui, une fois alertées par ce qui se passait à Guelmim, ville très touchée quelque jours auparavant, ont pris des mesures de prévention. Ce délai de réaction, quoique minime, a permis d’éviter une tragédie humaine semblable à celle qui a frappé Guelmim et qui a fait 30 morts. Cependant, les dégâts matériels n’ont pas pu être évités à Sidi Ifni, et se font d’ailleurs encore aujourd’hui sentir.

Selon le rapport de Zurich, le fonds a déjà permis de financer des projets à hauteur de plus de 2 MMDH; la plupart de ces efforts se concentrent sur des améliorations apportées aux infrastructures en vue de renforcer leur résilience.

En 2015, le fonds s’est engagé à hauteur de 251 MDH dans le cofinancement de 23 projets sélectionnés parmi des centaines de soumissions.

Plus de 90% de ces projets concernent la gestion de l’impact des inondations. Parmi les 23 projets repris, un petit projet dans la province de Sidi Ifni totalisant 19 MDH vise à mettre en place un système d’alerte précoce et à financer des activités de formation et de préparation des communautés.

Ces efforts sont certes louables, mais l’importance accordée à la prévention et à la gestion des risques reste limitée.

Avant les évènements de 2014, l’attention était portée sur les mesures à prendre une fois les dégâts faits. Les inondations du Sud auront peut-être permis de changer la vision adoptée par les pouvoirs publics, qui devront réorienter désormais leur attention vers le règlement du problème à la source en atténuant l’impact, et non pas en finançant après coup la reconstruction et les dédommagements.

Enfin, interrogés sur leur vécu des inondations, et sur les tentatives de reconstruction, ainsi que sur les causes de l’ampleur des dégâts, les habitants, les élus locaux et les acteurs associatifs ont permis à Zurich et Targa-AIDE de formuler des recommandations visant l’amélioration de la résilience dans les régions du sud et au Maroc globalement, afin de réduire la vulnérabilité des habitants et des infrastructures.

Ainsi, selon les résultats de l’enquête de terrain, il faudrait:

- Utiliser des techniques plus performantes pour informer la population;

- Déterminer des indicateurs à partir desquels les processus seront initiés, et permettre aux responsables locaux de déclencher ces processus au moment opportun;

- Se préparer aux scénarios catastrophes et non aux scénarios plausibles;

- Mieux entretenir les bassins car l’accumulation de matière dans les fonds de bassins pousse les courants à dévier de leur trajectoire, et à se transformer en torrents dévastateurs;

- Adapter les solutions à chaque région;

- Communiquer même en dehors des périodes de crise.

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Le 27 novembre 2015 à 16h58

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