Casablanca obtient la garantie de l'Etat pour son emprunt de 200 millions de dollars
EXCLUSIF. Casablanca va obtenir la garantie de l’Etat pour contracter l’emprunt auprès de la Banque Mondiale, afin de financer une partie de son plan de développement.
Casablanca aura son emprunt international et c’est une première. Les discussions avec la Banque Mondiale avaient abouti à un accord, mais cet accord, à la dernière minute, avait buté contre l’absence de garantie de l’Etat.
En règle générale, l’Etat marocain ne donne pas de garantie en dehors du périmètre public direct, c’est-à-dire la structure étatique et les établissements publics. Or, il s’agit là d’une collectivité territoriale et si l’Etat accorde sa garantie à Casa, d’autres collectivités vont demander le même traitement. Or, toute garantie supplémentaire va aggraver le niveau d’endettement de l’Etat, sans compter le risque.
Le risque en effet existe. Il y a une vingtaine d’années, l’Etat avait accordé une garantie sur un emprunt auprès de la Banque Mondiale, contracté par feue la… RAD. L’ancêtre de la Lydec, qui gérait l’eau, l’électricité et l’assainissement, n’a pas remboursé toutes les échéances. La Banque Mondiale a donc été remboursée par l’Etat, pour les échéances impayées qui s’élevaient à environ 240 MDH.
La Banque Mondiale a demandé la garantie de l’Etat parce qu’elle a pour règle de ne jamais accorder de prêts sans garantie souveraine.
Médias 24 apprend de source autorisée que l’Etat va accorder sa garantie à cet emprunt, "à titre exceptionnel et sous certaines conditions". Selon notre source, il s’agit d’un engagement du ministère de l’Intérieur qui veillera à ce que les budgets de la Ville inscrivent chaque année dans leurs prévisions de dépenses, le remboursement de ces échéances.
La seconde garantie consiste à demander à la Ville de rembourser au Trésor les 240 MDH payés par l'Etat à la Banque Mondiale à la place de la RAD.
Au niveau du gouvernement, on espère que Casablanca devienne autonome et puisse dorénavant lever des fonds sans la garantie de l’Etat.
L’emprunt projeté porte sur la somme de 200 millions de dollars, sur une durée de 29 ans, avec un taux d’intérêt de 1,20% et sept années de délai de grâce. De source proche du Conseil de la ville, on n’exclut pas de nouveaux recours à l’avenir à cette institution internationale en tant que source de financement à long terme et à un coût extrêmement faible.
L’emprunt servira à financer une partie du plan de développement 2015-2020, dont l’annonce officielle avait été faite en septembre 2014 devant le Souverain.
Le nouveau plan 2015-2020 tend à consolider le positionnement économique de la région pour en faire un véritable hub financier international, à améliorer le cadre de vie de ses habitants, et à préserver son environnement et son identité. Le plan subira toutefois des modifications pour tenir compte du nouveau découpage régional et sera prolongé jusqu’en 2021.
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