Affaire Amendis: le PJD demande une commission d’enquête parlementaire
Menés par le député de Tanger Abdellatif Berroho, des parlementaires du PJD demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire extraordinaire sur la filiale de Véolia.
Invoquant l’article 63 du règlement intérieur de la Chambre des Représentants, Abdellatif Berroho a déposé, mercredi 11 novembre en milieu de journée, une demande de création d’une commission parlementaire extraordinaire sur les contrats signés entre Amendis et le ministère de l’Intérieur et leur gestion ultérieure.
Dans sa lettre, Berroho rappelle que "plusieurs villes du Nord ont connu des mouvements de protestation contre leurs factures de consommation d’eau et d’électricité", soulignant notamment "l’irrégularité" des relevés de consommation.
Berroho indique que les plaintes à l’encontre d’Amendis datent de 2008. Le gestionnaire délégué a été la cible des manifestants en février et mars 2011 à Tanger et à Tétouan, et au printemps 2014 à nouveau à Tanger.
A travers cette initiative, le PJD semble vouloir signifier plus clairement les responsabilités de chacun dans un dossier Amendis mal négocié il y a 15 ans et, depuis, géré sans aucun contrôle et "aucune révision quinquennale" malgré les appels de la Cour des comptes, de la CGEM et d’associations de la société civile.
Les contrats de gestion déléguée négociés en 2000 et 2001 entre Véolia, le ministère de l’Intérieur et les conseils communaux avaient abouti à la création de la société Amendis avec Véolia, l’ONA et la Somed comme actionnaires principaux.
Quelques années plus tard, Véolia a racheté les parts de l’ONA et de la Somed et est devenue actionnaire unique d’Amendis. Depuis, l’ONA transformée en SNI a créé sa filiale eau et énergie sous le nom de Nareva.
Le PJD ne veut pas porter le chapeau
Pourtant au début des années 2010, alors que la maison-mère Véolia rencontre des difficultés financières, elle émet le souhait de vendre Amendis au fonds d’investissement britannique Actis, une idée finalement découragée par l’Intérieur marocain.
La réaction des élus du PJD intervient après la venue à Tanger du Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane et l’activation des élus communaux du PJD à Tanger pour "régler le dossier des factures chères d’abord", comme le répètent le maire Bachir Abdellaoui et son adjoint Mohamed Amahjour. "Le PJD dirige la mairie de Tanger depuis deux mois", rappellent-ils également.
Amahjour a rappelé, le 30 octobre dernier, devant la presse et au sortir d’une réunion à la wilaya que "l’intention du PJD maintenant n’était pas de dénoncer le contrat de gestion déléguée". Mais même du côté d’Amendis, on n’écarte plus l’idée qu’il faudra commencer à mettre le contrat de gestion déléguée de Tanger et de Tétouan à plat dans quelques jours pour sortir de cette crise par le haut.
"Un mouvement légitime"
Depuis les importantes manifestations des 24 et 31 octobre, des milieux du PJD ont cru percevoir certaines manœuvres politiques pour leur faire porter le chapeau en cas de détérioration de la situation. Après la venue de Benkirane à Tanger et ses appels au calme pas toujours suivis par la rue à Tanger, Tétouan ou Fnideq, le site www.pjd.ma s’est fendu d’un éditorial intitulé "Ils jouent, encore, avec le feu".
L’éditorialiste du PJD parle de "mouvement de protestation sociale aussi légitime qu’incontestable" et rappelle en filigrane que ce n’est pas le PJD mais le ministère de l’Intérieur qui a négocié avec Véolia en 2000 et 2001, l’Intérieur gardant le pouvoir de modifier ce contrat.
Pour le PJD, "il ne fait pas de doute qu’en ce début d’année politique électorale (législative), ces personnes œuvreront autant qu’elles le pourront à manœuvrer et manipuler, et aussi jouer avec le feu".
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