Samir: le conseil d’administration n’a pas été concluant
EXCLUSIF. La Samir a tenu mardi 8 septembre son très attendu conseil d’administration. Cette réunion n’a pas permis de trancher. Un nouveau conseil se réunira le vendredi 11 septembre.
Le conseil d’administration de la Samir devait étudier un plan de sauvetage et convoquer l’AGE des actionnaires pour octobre, dans l’objectif de lancer une augmentation de capital et amorcer le redressement de la société.
Au final, le conseil s’est effectivement tenu, mais n’a pas tenu ses promesses.
Pour résumer la situation, il a été convenu que la société a besoin, dans l’immédiat, d’au moins 9 à 10 milliards de DH d’apport en fonds propres. Mais cela suffira-t-il?
Les dettes constatées s’élèvent au moins à 43 milliards de DH. Ce à quoi il faut ajouter les deux milliards de DH (!!) de pertes de ce premier semestre, ainsi que les éventuels besoins de trésorerie.
En face, M. Al Amoudi, président du conseil d’administration et actionnaire de référence, avait ressorti le plan de restructuration élaboré par Attijari il y a deux ans. Or, ce plan est dépassé, car le contexte de l’entreprise a changé entretemps.
Il fut donc question, début aout, de verser 1,5 milliard de DH en augmentation de capital.
Ensuite, Al Amoudi est passé à un autre chiffre: 5 milliards de DH, environ 12% des dettes constatées et sans tenir compte ni du déficit du 1er semestre ni des besoins en fonds de roulement. 5 milliards de DH couvriraient en fait seulement les pertes prévisibles en 2015 ou à peine plus.
Au cours du conseil du mardi, Al Amoudi a reconnu que 9 à 10 milliards de DH sont nécessaires, ce qui est plus raisonnable.
Mais comment rassurer le marché et les minoritaires, sachant que la crédibilité de Monsieur Al Amoudi est sérieusement entamée, et c’est un euphémisme? Les minoritaires marocains se trouvent devant un dilemme: être dilués à cause d’une situation financière dramatique provoquée par une mauvaise gestion (disons-le comme ça) ou bien suivre l’augmentation de capital sans avoir les leviers de la gestion et sans garantie sur la gouvernance.
Devant le conseil et en face de ce blocage, Al Amoudi s’est engagé à rencontrer des membres du gouvernement ainsi que les banques créancières pour essayer de finaliser, même à gros traits, un plan complet de sauvetage. Selon nos sources, il sera reçu jeudi après midi à Rabat.
Si les réponses des banques et du gouvernement sont positives ou encourageantes, le conseil qui se réunira vendredi 11 septembre convoquera l’AGE.
Sinon, les discussions se poursuivront. Au centre de toute l’affaire: la gestion de l’entreprise.
La Banque Populaire a provisionné une partie
La bonne nouvelle dans cette grisaille, c'est le comportement rigoureux de la Banque Populaire qui a provisionné une partie importante du risque Samir et qui a communiqué sur cette décision dans la note d'information relative aux résultats du 1er semestre.
C'est tout à son honneur, car les autorités monétaires marocaines ont exigé seulement 20% de provisions de ce risque et ce, d'ici la fin de l'année. Ces 20% pouvant être partagés en deux fois 10%, entre l'été et la fin de l'année.
Médias 24 a déjà révélé, en citant Bank Al-Maghrib, le montant global des engagements détenus par les banques marocaines sur la Samir: 8,5 milliards de DH. Nous avions également révélé qu'un stress test a été réalisé par Bank Al Maghrib qui suit l'affaire de près et que toutes les banques passeront cette difficulté en couvrant ces pertes éventuelles par leurs fonds propres.
La Banque Populaire a indiqué dans son avis financier, que le groupe "a affecté une provision additionnelle pour risques généraux de 535 millions de DH, portant son encours à 2,8 milliards de DH. Cette provision est inscrite en couverture des risques récemment identifiés dans certains secteurs, dont le raffinage [comprenez la Samir]. Pour rappel, le Crédit Populaire du Maroc porte sur la société SAMIR des crédits par décaissement de 1,9 milliard de DH garantis à hauteur de 1,2 milliard de DH par des sûretés réelles".
En effet, omme nous l'avons déjà révélé, la Banque Populaire détient la meilleure garantie du marché, une hypothèque sur le foncier sur lequel la raffinerie est construite. Juridiquement, ce genre de garanties passe avant toute autre créance.
À découvrir
à lire aussi
Article : La météo de ce mardi 5 mai 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le mardi 5 mai 2026, établies par la Direction générale de la météorologie: - Temps assez chaud sur l’intérieur des […]
Article : Narjiss Mossadeq, ou comment transformer une ménopause précoce en mission
Après des années de symptômes inexpliqués et de consultations sans réponse claire, l’ancienne professionnelle du marketing s’est formée au coaching hormonal. Le 14 mai 2026 à Rabat, elle coanimera une conférence dédiée à la périménopause, aux côtés de deux médecins spécialistes.
Article : Casablanca : le tribunal civil débordé, le ministre de la Justice interpellé
Saisie par une députée du PJD, Abdellatif Ouahbi doit répondre aux critiques visant les files d’attente, les retards de paiement des frais judiciaires et les lenteurs dans les dossiers d’exécution, alors que les avocats décrivent une situation de plus en plus tendue sur le terrain.
Article : Lancement du programme “Rabat, capitale arabe de l’information”
Rabat a officiellement lancé le programme "capitale arabe de l’information 2026", marqué par une conférence internationale réunissant des professionnels des médias arabes au SIEL.
Article : Conseil national de la presse : la réforme adoptée à la Chambre des représentants
Approuvé lundi 4 mai 2026 au soir par 70 voix contre 25, le projet de loi 09.26 prévoit notamment de revoir les mécanismes de gouvernance et de représentation au sein de l’instance d’autorégulation.
Article : Grande distribution : Retail Holding absorbe LabelVie et prépare son entrée en Bourse
Sous réserve des visas de l’AMMC et du feu vert des assemblées générales extraordinaires, l’opération doit se traduire par une parité d’échange de huit actions nouvelles pour onze anciennes, avec l’ambition de porter le nouvel ensemble à 47 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’horizon 2030.