Fouad Douiri veut “recoudre le lien social” dans la région de Casablanca
La tête de liste régionale du parti de la balance à Casa-Anfa propose un modèle de développement pour la région qui allie dynamisme économique, cohésion sociale et gestion durable des ressources.
Deux piliers pour la campagne de l’Istiqlal à la conquête du conseil régional de Casablanca: œuvrer pour un développement accéléré et durable de la région; et “recoudre les liens sociaux“, comprendre les disparités socio-économiques qui persistent dans la région la plus riche du Maroc.
Quand d’autres partis peinent encore à dévoiler un programme singulier pour la région de Casa, la formulation de l’ancien Ministre de l’Energie et de l’Eau, Fouad Douiri, marque les esprits.
Pour ce dernier, recoudre le lien social signifie rééquilibrer les différentes composantes de la société au sein du développement économique - agricole, industriel et tertiaire- et réaménager les zones les plus pauvres et les moins équipées. Le candidat veut ainsi faire du social le point distinctif de sa campagne par rapport aux autres partis.
Quelles propositions pour un développement accéléré et harmonieux?
Sur le plan des mesures, on ne peut pourtant affirmer d’emblée qu’elles se singularisent des autres programmes: accessibilité de l’emploi, des transports et de l’habitat pour les 10% de la population à besoins spécifiques, le développement de l’habitat social et des zones industrielles et logistiques.
Mais pour le candidat istiqlalien, il s’agit d’axer le développement économique de la ville sur la priorité de l’inclusion sociale, en orientant par exemple les investissements vers l’habitat social et les zones économiques plus dépourvues.
En se concentrant sur certains projets de développement stratégiques, comme la finance, ou l’aéronautique, «on créé des tensions sur les richesses et les services» nous dit Fouad Douiri. «Or, on ne peut développer que dans l’harmonie».
Sur le plan des mesures concrètes, ce dernier propose notamment de faire émerger de nouvelles zones industrielles et logistiques, par exemple à Oulad Hadda, pour libérer la création d’emplois.
Le développement harmonieux passe également par l’amélioration du cadre de vie. A ce titre, le candidat veut multiplier les transports urbains et interurbains via le tramway mais aussi un réseau express régional reliant Casablanca aux autres pôles urbains de la région.
Le deuxième aspect qui lui paraît crucial à la qualité de vie des habitants est la sécurité. Pour cela il propose la mise en place d’une police de proximité dont la mission sera complémentaire de la police nationale et la gendarmerie.
Pour Fouad Douiri, la réflexion sur la police administrative chargée de l’environnement et du BTP doit être poussée pour intégrer la sécurité et la civilité. «Les gens sont sensibles à cette question, en priorité dans les quartiers populaires. Quand une dame sort de chez elle à 6h du matin, prend son bus, cette présence peut rassurer.» Il faudrait pour la région une police forte de 1.000 effectifs à pied ou à vélo à même de rassurer les citoyens, avec la possibilité d’une externalité positive sur l’emploi.
Le candidat a conscience du fait qu’il s’agit d’une prérogative des communes, mais la région doit pouvoir coordonner ce type de ressources entre les villes.
La gestion durable des ressources comme point distinctif du programme
Le développement harmonieux passe également par une gestion durable des ressources, et sur ce point, l’ancien Ministre de l’Eau se distingue des autres programmes. Au cœur de la réflexion réside l’eau, l’énergie et les terres arables.
«Si nous ne faisons rien, Casablanca sera en pénurie d’eau d’ici une décennie». La question de l’eau paraît centrale, et le candidat apporte sa solution.
Les unités de dessalement trop chères ne paraissent pas être une solution durable. En revanche, il défend le transfert des eaux excédentaires vers la région de Casablanca, dans le cadre du projet de canal hydraulique qui relierait Marrakech aux 3 grands bassins au Nord, au Sud et à l’Ouest. «Le projet est déjà défini. Casablanca [- qui se trouve sur le tracé du canal en provenance du Loukkos -] doit bénéficier d’une dotation». Ce projet structurant «de la prochaine décennie » doit également être accompagné de mesures d’économies, tel que l’irrigation au goutte-à-goutte, l’efficience des installations déjà existantes.
Une chaîne régionale pour mettre en œuvre la reddition des comptes
Recoudre les liens distendus, c’est également renouer avec la confiance des citoyens, et cela passe par la bonne gouvernance. «Il faut des compétences intègres, rendre compte de nos actions aux citoyens ».
Fouad Douiri reconnaît que la reddition des comptes n’est pas encore un principe en œuvre. Pour parler avec les gens de ce qui est fait, de ce qui ne l’est pas, et ce qui doit l’être, le candidat propose l’institution de commissions consultatives thématiques.
Mais sa mesure phare reste la mise en place d’une télévision régionale. «Si l’on veut que les téléspectateurs regardent la télévision marocaine, les chaînes nationales doivent accorder un créneau de 2 heures aux canaux régionaux. Les Marocains veulent être informés de ce qui se passe près de chez eux».
De l’échelon régional à l’ambition internationale
Ce programme de développement équilibré se veut également au service d’un rayonnement international.
Les aménités sociales, tels que les transports, les infrastructures, la sécurité participent de l’attractivité internationale d’une ville, et c’est pourquoi elles ne doivent pas être négligées.
Douiri a ainsi la volonté de faire de Casablanca un hub africain de la finance, et une destination privilégiée pour le tourisme d’affaires et le shopping. Quand on lui demande ce qu’il pense du projet d’organiser les JO de 2028 à Casablanca, ce dernier se dit d’accord pour doter Casa de grandes ambitions, même s’il avertit du poids budgétaire de ces gros projets structurants sur les deniers de la région.
Mais sur ce point, le candidat s’engage à mieux gérer les ressources propres de la région, par un meilleur recouvrement des impôts et taxes, et en trouvant des synergies dans les ressources non employées des communes.
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