Fiction. En 2050, Palestiniens et Israéliens en paix
Dans « La Posture d'Abraham, un regard surprenant sur Israël et la Palestine », Ismaël Ibn El Khalil porte un regard aiguisé sur le conflit du Proche-Orient. Et rêve d’un pays dans lequel les « descendants d'Abraham » pourraient enfin vivre en symbiose.
Nous sommes en 2050. Palestiniens et Israéliens vivent en paix dans un seul et même Etat : l’Eretz Abraham (Ard El Khalil). Deux ans plus tard, les initiateurs de ce nouvel Etat reçoivent à Oslo, le prix Nobel de la Paix…
Dans « La Posture d'Abraham, un regard surprenant sur Israël et la Palestine » (éditions les Auteurs du monde), l’auteur Marocain Ismaël Ibn El Khalil -c’est un pseudonyme- s’essaye à la politique-fiction et rêve d’un pays dans lequel les « descendants d'Abraham » pourraient enfin vivre en symbiose, dans la justice et le respect mutuel.
Ce livre lumineux, mieux, éclairant, sur l’éternel conflit du Proche-Orient n’est pas seulement un livre d’anticipation. Au fil des pages, l’auteur conjugue humanisme et lyrisme et tente d’explorer les différentes pistes de la réconciliation et de la résolution du conflit israélo-palestinien.
Au commencement, un voyage en « Terre sainte ». A l’insu de ses proches, Ismaël Ibn El Khalil, tout juste 30 ans, se rend en 2009 sur le théâtre des opérations, mouille sa chemise « pour aller prendre la température, à mains nues, sur un volcan étouffé, pour pouvoir recueillir des paroles toutes chaudes, pour les analyser à froid ».
L’auteur découvre alors Israël, ses habitants, son économie, sa communauté marocaine et le conflit israélo-palestinien. Puis la Palestine, ses habitants, ses lieux saints et le drame humain qui s'y joue. Ismaël Ibn El Khalil développe le concept de Posture d'Abraham, « posture intellectuelle inspirée d'une expérience marocaine de cohabitation judéo-musulmane bimillénaire, qui vise à créer les conditions psychologiques d'un rapprochement judéo-musulman au XXIème siècle ».
Car lors de son périple, l’auteur -aujourd'hui cadre dirigeant dans une institution publique marocaine- va « identifier et donner corps à cette attitude marocaine ancestrale qui a marqué les relations entre les deux communautés juives et musulmanes, qui invite à la fraternisation ».
A la fin du livre, il projette le lecteur en 2050. Et rêve d’un pays dans lequel régnerait cette « quiétude tant désirée ».
Bourré de références (On retrouve des citations de Noam Chomsky, de Leïla Shahid, Elias Sanbar ou encore Mahmoud Darwich), le livre dénonce aussi les excès quotidiens et répétés de Tsahal ; les humiliations et vexations régulièrement infligées à l’endroit des Palestiniens : « Les dirigeants israéliens forcent aujourd'hui les enfants du peuple juif à adopter des comportements d'humiliation, d'atteinte à la dignité, de négation des libertés fondamentales des hommes vivant à leur porte. Ces agissements ne peuvent être qualifiés autrement que d'immoraux et d'inhumains (…) Pour pouvoir se reprendre, les Juifs d'Israël doivent rompre avec l'idéologie belliqueuse dominante dans le pays ». Ou encore : « Pourquoi aller chercher les causes du récent antijudaïsme arabe, alors qu'il n'est autre que le fruit des excès quotidiens et répétés de Tsahal».
Se rendre en Israël et raconter ce qu’on a vécu n’est jamais facile pour un auteur marocain. Comme le souligne Ismaël Ibn El Khalil, « être en Posture d'Abraham, en étant lié à l'une des deux communautés, constitue un exercice difficile. Presque intenable. À la pureté de l'intention, à l'infime probabilité de la réalisation du rêve de la réconciliation, à la culpabilité lancinante du sentiment de trahison, il fallait rajouter le risque de la vindicte populaire et de l'opprobre public. C'est alors que j'ai compris que pour pouvoir être en Posture d'Abraham, il ne faut pas hésiter à aller à la rupture».
Curieusement, ce livre publié en France en février 2014 n'a pas été autorisé à l'importation au Maroc depuis une quinzaine de mois selon son auteur. « Ce n’est pas une interdiction, mais une absence de décision, et une atteinte à la liberté d’expression », souligne l’auteur, qui vient de saisir le CNDH, le Conseil national des droits de l’Homme, pour demander des explications au ministère de la Culture. En attendant, le livre est disponible en librairie en France et sur www.fnac.com et www.amazon.fr.
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