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FIFA. Les confidences de Jamal Mikou: Sepp Blatter, Jack Warner, 2006 et 2010

Au lendemain de la réélection de Sepp Blatter à la tête de la FIFA, Médias 24 revient avec Jamal Mikou sur  les événements de ces derniers jours et le fonctionnement de la fédération internationale de football.

FIFA. Les confidences de Jamal Mikou: Sepp Blatter, Jack Warner, 2006 et 2010
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Le 31 mai 2015 à 13h52 | Modifié 31 mai 2015 à 13h52

 Jamal Mikou a notamment dirigé la communication du comité de candidature du Maroc à l’organisation de la coupe du Monde 2006 finalement octroyé à l’Allemagne.

Jamal Mikou n’a pas douté de la réélection de Blatter à la tête de la FIFA. Le Suisse, 79 ans,  y a démarré sa carrière en 1975 en tant que directeur du développement avant d’en être le secrétaire général sous la président du Brésilien Joao Havelange.

Election verrouillée d’avance

«Blatter connaît tous les rouages, tous les dirigeants des 209 fédérations du monde. Son job en tant que secrétaire général était de tenir réunion sur réunion avec les fédérations et les six confédérations continentales», avance-t-il. «Il connaît absolument tout le monde et tous les rouages». «Tout est prévu à l’avance, verrouillé. Blatter a assez d’expérience pour ne pas improviser».

«C’est surtout après les J.O. de 1984 à Los Angeles que l’argent et la télévision ont propulsé le football au rang de sport-roi. Havelange et Blatter ont compris cela. Avant 1980, la FIFA priait les pays pour organiser la Coupe du Monde. Avec l’expérience américaine, les choses sont allées très vite jusqu’à commencer à exploser après le mondial organisé aux Etats-Unis en 1994 ».

Sur les scandales financiers et de corruption qui ont éclaté au grand jour mercredi dernier, Mikou n’est pas étonné de la réaction de Blatter. “Un homme politique aurait démissionné mais lui a dit : “Je reste pour nettoyer “. Et même s’il a une responsabilité politique, il a pu obtenir 133 voix sur 209 votes au premier tour vendredi dernier contre son challenger Ali Ben Hussein. Il y a deux jours, c’était la première fois que Blatter a eu besoin d’un second tout pour être élu. Depuis 1998, il a été élu et réélu quatre fois sans deuxième tour.

«Le cœur du dossier est qu’en matière de choix du pays organisateur et d’organisation des votes, c’est Blatter qui décide».

«S’il décide que l’Afrique du sud, la Russie ou Qatar auront la coupe du monde, ils l’auront. Le comité exécutif est composé de 25 personnes intouchables, qui ne rendent compte à personne sauf au président».

“Pour 2006, nous avions instruction de ne pas donner un centime“

Mikou aborde les candidatures du Maroc à l’organisation des coupes du monde de 2006 et de 2010. C’est la première qu’il aborde le sujet dans un média marocain.

«Pour le mondial 2006, nous avions un an pour nous préparer. Driss Benhima avait été nommé président-délégué du comité de candidature du Maroc quelques semaines avant le décès de Hassan II en juillet 1999, soit un an avant le vote à la FIFA en juillet 2000 pour désigner le pays organisateur du mondial 2006. Tout est affaire de réseau. 12 mois, c’est peu pour s’en constituer un de solide». Les désignations du pays organisateur du mondial se fait six ans à l’avance en règle général, sauf dans le cas du Qatar, 10 ans.

Interrogé sur les contacts du comité Maroc 2006 avec le sulfureux Jack Warner, Mikou se souvient qu’«il est venu au Maroc comme tous les autres membres du comité exécutif». «Nous avions instruction, et je me souviens de discussions avec MM. Driss Benhima et Ali Fassi-Fihri, de ne verser aucun dirham de pot-de-vin ou quelque chose du genre. Naturellement, lorsque les gens de la FIFA arrivent au Maroc, ils étaient traités en super-VIP mais les attentions s’arrêtaient là». «Nous avions eu vent de ce qui se serait passé entre Abdellatif Semlali et Jack Warner pour la course au mondial 1994 mais ce n’était pas notre problème», rappelle Mikou.

Au cours de la compétition pour organiser le mondial de 1994, l’ancien vice-président de la FIFA et membre du comité exécutif de la FIFA Jack Warner, inculpé mercredi dernier par la justice américaine de faits de corruption en relation avec le mondial 2010, aurait sollicité les Marocains pour toucher un million de dollars. Ce million ne lui a pas été versé et il en a tenu rigueur au Maroc.

“En 2010, Blatter voulait l’Afrique du sud“

 Dans la course au mondial de 2010, Warner fera pencher la balance en faveur de l’Afrique du sud en échange d’une somme de 10 millions de dollars promise par l’Afrique du sud et finalement versée à partir d’un compte de la FIFA pour construire une école de football à Trinidad sur un terrain lui appartenant. Deux des fils de Warner sont également inculpés par la justice américaine pour faits de corruption et de blanchiment. L’un des fils de Jack Warner, Daryll a collaboré avec le FBI américain pour les besoins de l’enquête.

Malgré cela indique Mikou, «Blatter avait décidé que ce serait l’Afrique du sud. Cela je crois que nous ne l’avions pas compris. Cela s’est aussi joué entre Blatter et Nelson Mandela». Aujourd’hui, cela se confirme à travers le transit des 10 millions de dollars par un compte de la FIFA.

Mikou confirme ce que déclarait Saïd Belkhayat sur ces mêmes colonnes jeudi  dernier: «A 20 heures la veille du vote à Zürich en 2004, le Maroc était en tête. Blatter a tout changé dans la soirée. A 3 heures du matin, des membres de la délégation marocaine ont reçu des appels leur annonçant la mauvaise nouvelle officialisée le lendemain».

La désignation de l’Afrique du sud était intervenue en 2006, après que la FIFA ait instauré le principe d’un mondial tournant sur les différents continents. «Pourtant nous avions des stades en construction, une expérience. Pour 2006, nous avions des maquettes. Pas pour 2010 ».

 «Aujourd’hui tout le monde reconnait que c’est grâce au Maroc de Mexico 1970, celui des candidatures aux mondiaux de 1994, 1998 et de 2006, que la FIFA est arrivée au principe de l’organisation tournante  et donc du mondial africain».

«Certes nous avions des points faibles. On nous interrogeait sur la consommation d’alcool par les supporters, un mondial qui coïnciderait avec les dates du ramadan ou l’éventualité de la qualification d’Israël à un mondial qui se tiendrait au Maroc. Nous avions des réponses».

 «Aux Etats-Unis où la consommation d’alcool est interdite sur la voie publique, en 1994 les autorités ont créé des zones réservées et sécurisées pour que les supporters puissent faire la fête», rappelle Mikou.

Travailler dans la durée

Que ce soit pour le choix d’un président ou l’organisation d’un mondial, le secret réside dans le fait de faire les choses dans la durée, créer et cultiver des réseaux. A part Belkhayat à la CAF, nous n’avons jamais eu un Marocain au comité exécutif ou un Marocain vice-président de la FIFA. Les Tunisiens oui, les Congolais oui,  les Jordaniens oui, le Qatar également». «C’est dommage, regrette Jamal Mikou. Le foot mobilise les gens, a un impact politique, financier, social. Il est source de travaux d’infrastructures. Il faut travailler dans la durée».

 Marathonien depuis une dizaine d’années, le directeur de la communication de TMSA sait de quoi il parle, 15 ans après l’expérience de la course au mondial de 2006, 48 heures après la réélection Blatter à la tête de la FIFA même si l’UEFA, Washington, Ottawa et Canberra souhaitaient sa défaite.

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Le 31 mai 2015 à 13h52

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