img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Redaction

Le gouvernement a-t-il peur des “habitants de Facebook“?

L’interdiction du film de Nabil Ayouch n’est que le dernier épisode montrant que les réactions des internautes peuvent avoir des incidences sur certaines décisions gouvernementales. Tour d’horizon.

Le gouvernement a-t-il peur des “habitants de Facebook“?
Samir El Ouardighi
Le 27 mai 2015 à 17h23 | Modifié 27 mai 2015 à 17h23

Au gré de l’actualité, le réseau social américain se transforme en espace de revendication pouvant influer pour le meilleur comme pour le pire sur certaines décisions politiques.

Popularisée par le chef du gouvernement, l’expression «les habitants de Facebook [ou du monde bleu]» désigne une frange de la population n’hésitant pas à exprimer sa reconnaissance ou ses récriminations politiques.

Tout en qualifiant les millions d’internautes marocains de Facebook sous cet étrange vocable, Abdelilah Benkirane s’est d’ailleurs dit persuadé qu’il bénéficiait de leur soutien politique. Cela revient à dire qu’en retour, il tenait compte de leur avis en étant à leur écoute.

Interrogée par Médias 24, une source du ministère de la Communication déclare qu’au regard de l’importance croissante des utilisateurs de réseaux sociaux, ce serait une aberration que de ne pas tenir compte de ce nouveau canal d’expression populaire.

«Les politiques ne peuvent plus ignorer les opinions de millions de citoyens s’exprimant via les réseaux sociaux même si ce n’est pas le seul canal permettant de prendre le pouls de la population.

La politique passe désormais par la prise en compte des requêtes virtuelles en prenant certaines précautions pour éviter les manipulations. Pour cela, les responsables politiques doivent vérifier minutieusement les éléments de protestation avant de prendre des décisions importantes».

Revenant sur l’affaire Ayouch, il révèle qu’hormis les raisons officielles invoquées pour interdire son film, son ministère a aussi tenu compte de la vox populi furieuse sur internet pour se prononcer.

Le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, Nabil Benabdellah nous déclare pour sa part, que les politiques ne peuvent plus faire l’impasse sur cette nouvelle forme de manifestation car «l’opinion publique, c’est désormais un tout dont nous devons faire avec pour le mieux en faisant preuve de pragmatisme».

A la question de savoir si la prise en compte des revendications virtuelles pouvait aboutir à des dérives liberticides comme la censure du film «Much love», le ministre a refusé de la commenter en déclarant qu’il faisait partie d’un gouvernement et qu’à ce titre, il se devait d’en être solidaire.

Il s’est cependant félicité du fait que dans certains cas de figure, cette nouvelle forme d’expression politique réactive dénonçant des dysfonctionnements pouvait être profitable pour la communauté.

Pour exemple, il salue la mobilisation des nombreux internautes, irrités par la qualité des services de l’ONCF, qui a abouti à des excuses et des promesses de l’office ferroviaire d’améliorer les choses.

D’autres exemples récents montrent que l’influence en ligne via des pages de soutien ou de protestations sur Facebook à certaines actualités peut entraîner ou au moins expliquer certaines décisions politiques.

Même s’il n’est pas possible de quantifier leur influence, les protestations virtuelles d’internautes contre des responsables taxés d’incompétence ou de décalage sociétal ont certainement participé d’une manière ou d’une autre à la démission des ministres Habib Choubani, Soumya Benkhaldoun et Mohamed Ouzzine.

Selon nos interlocuteurs, l’évolution de la vie politique au Maroc ne peut plus faire l’économie de ce média de masse réactif désormais assimilé à un nouveau cinquième pouvoir.

Mais le suivi des réactions de l’opinion de Facebook ne va pas jusqu’à mettre en place une veille et un suivi de e-reputation. D’ailleurs, les pages FB des partis politiques marocains sont tristes et peu fréquentées, hormis une ou deux exceptions.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Samir El Ouardighi
Le 27 mai 2015 à 17h23

à lire aussi

Mondial 2026 : des fan zones à Casablanca et Rabat pour vivre les matchs
Le guide du supporter Mondial 2026

Article : Mondial 2026 : des fan zones à Casablanca et Rabat pour vivre les matchs

À l’occasion de la Coupe du monde 2026, un réseau de fan zones payantes sera déployé dans plusieurs villes marocaines afin d’accompagner les Lions de l’Atlas et permettre aux supporters de vivre pleinement la compétition.

Le Festival Gnaoua, d’un pari culturel à un modèle de rayonnement pour le Maroc
CULTURE

Article : Le Festival Gnaoua, d’un pari culturel à un modèle de rayonnement pour le Maroc

Trente ans après sa création, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira s’est imposé comme bien plus qu’un événement musical. Invitée de Médias24, sa fondatrice Neila Tazi revient sur les origines de cette aventure née à la fin des années 1990 et devenue, au fil des éditions, un levier de transformation pour la ville d’Essaouira et un outil de rayonnement pour le Maroc.

Numérique et résilience climatique : la Banque mondiale approuve deux programmes de 6 MMDH pour le Maroc
Quoi de neuf

Article : Numérique et résilience climatique : la Banque mondiale approuve deux programmes de 6 MMDH pour le Maroc

D’un montant total de 650 millions de dollars (plus de 6 milliards de DH), les deux nouveaux programmes sont destinés à accélérer la réalisation des objectifs du Maroc en matière de transformation numérique, tout en renforçant la résilience financière du Royaume face aux risques liés au climat, aux catastrophes et aux cyber-risques.

Air Transat lance sa première liaison aérienne directe entre Montréal et Agadir
Quoi de neuf

Article : Air Transat lance sa première liaison aérienne directe entre Montréal et Agadir

Le premier vol direct de la compagnie canadienne "Air Transat" reliant Montréal à Agadir a atterri samedi 13 juin, à l’aéroport Al Massira avec 194 passagers à bord.

Crimes de masse, mémoire sélective : le procès impossible de l’Occident
Contributions

Article : Crimes de masse, mémoire sélective : le procès impossible de l’Occident

De la traite transatlantique aux guerres contemporaines, des génocides coloniaux aux famines organisées, cette contribution de Fatiha Charrat, docteur en sociologie, interroge une contradiction majeure : les puissances qui ont façonné le droit international et se présentent comme gardiennes des droits de l’Homme sont aussi au cœur des crimes les plus structurants de l’histoire moderne. Une réflexion sur l’impunité, la mémoire sélective et l’exigence d’une justice réellement universelle.

Mondial 2026 : avant Maroc-Brésil, Ancelotti teste des bracelets tactiques inspirés du football américain
Mondial2026

Article : Mondial 2026 : avant Maroc-Brésil, Ancelotti teste des bracelets tactiques inspirés du football américain

Sur les terrains d’entraînement de la Seleção, Marquinhos et Gabriel Magalhães ont été vus avec une petite fiche codée au poignet, destinée à mémoriser les placements sur corners et coups francs. Un outil simple, emprunté à la culture NFL, qui en dit long sur la préparation brésilienne : face aux Lions de l’Atlas, le talent ne suffira pas, les détails aussi compteront.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité