Banque Populaire affiche des résultats dopés par l’expansion africaine
Mohamed Benchaaboun, Président du groupe Banque Populaire, présentait mardi matin des résultats en progression pour l’année 2014: le résultat net part du groupe BCP progresse de 12,5% à 2,2 MMDH et le produit net bancaire de 12% à 14,7 MMDH.
Cette bonne performance est le fruit de la stratégie d’expansion du groupe à l’étranger et tout particulièrement celle entamée en 2012 en Afrique subsaharienne. Les banques de détail à l’international contribuent à 17% du PNB et 8% du RNPG, un différentiel du à des coefficients d’exploitation encore élevés chez les filiales africaines.
Ces dernières représentent près de 10% des dépôts de la clientèle et 9,6% des encours de crédit. En zone UEMOA, le groupe enregistre une hausse de 29% des dépôts et 21% des crédits. Le PNB affiche une progression de 26%.
L’activité de la banque d’investissement et de financement a également poursuivi sa progression en 2014. La gestion d’actifs a augmenté de 19,4%. Les créances à la clientèle corporate atteignent à fin décembre 2014 plus de 40 MMDH, en progression annuelle moyenne de 12% depuis 5 ans.
Le coût du risque en hausse impose des efforts de provisionnement supplémentaires
A l’échelle du groupe, la croissance des dépôts (9,5%) a été plus rapide que celle des crédits (3,1%). Le Président a expliqué que le ralentissement du financement de l’économie était du à une insuffisance de projets finançables.
Le coût du risque a poursuivi sa hausse, celle-ci étant de plus de 50% en 2014 pour atteindre 3 MMDH, impactant le résultat net. Cette augmentation est largement due à la croissance des provisions pour dépréciation des prêts et créances. Le groupe enregistrait en 2014 plus de 2 MMDH additionnels de créances en souffrances, lesquelles représentent 6,5% du total des encours.
La banque a poursuivi sa politique prudentielle de couverture des risques, en provisionnant 205 MDH additionnels pour risques généraux, relevant son encours à 2,3 MMDH. Aujourd’hui, le groupe maintient un taux de provisionnement (taux de couverture des créances en souffrance par les provisions) de 75%.
Gestion des coûts: les filiales africaines ne sont pas encore concurrentielles
Le groupe a poursuivi en 2014 une politique de gestion des coûts. Le coefficient brut d’exploitation a perdu 2 points en 2014 pour atteindre 46%. La performance de BP par rapport au secteur est relativement bonne, puisque Attijariwafa Bank affichait en 2014 un coefficient d’exploitation de 43,7% contre 55% pour BMCE.
Toutefois, les filiales africaines ne présentent pas encore les meilleures performances. La Banque Atlantique affiche aujourd’hui un coefficient d’exploitation de 60%, une progression certes par rapport à 2012 où il se situait à 78%, mais toujours nettement au-dessus du secteur. Le Comité Directeur entreprend depuis l’acquisition en 2012 une meilleure gestion des coûts et souhaite abaisser le coefficient à 50% dans les prochaines années.
La croissance de Banque Atlantique a en effet été très rapide, nous a confié M. Benchaaboun.
La recapitalisation de Banque Atlantique Côte d’Ivoire, considéré comme le vaisseau-amiral de Banque Atlantique- a levé une contrainte de fonds propres et permis un développement très rapide et une relance de la distribution de crédits. Aujourd’hui, la banque de détail à l’international contribue à hauteur de 440 MDH au résultat net. Le chantier lancé en 2012 sur la maîtrise des coûts devrait se faire ressentir progressivement.
BP consacre sa vocation de banque mutualiste
En 2014, l’Etat cédait pour 2 MMDH, aux Banques Populaires Régionales, le reliquat de ses parts dans le capital de la BCP portant leur participation globale à 51%.
En vue de finaliser la cohésion du capital de la banque centrale et des banques régionales, la BCP programme d’entrer au capital des BPR. Alors que la BCP gère la trésorerie des Banques Populaires Régionales, cette opération de croisement de capital permettra une consolidation des capitaux propres de la banque centrale et des banques régionales.
Interrogé sur le type d’opérations de rachat de participation que devra entreprendre BCP, M. Benchaaboun a affirmé qu’il n’y aurait aucune incidence sur les ratios du groupe qui sont déjà consolidés, ni sur la trésorerie pour laquelle cette opération sera transparente.
Baisse de participation dans l’OCP
Par ailleurs, le Président nous a confirmé l’information au sujet d’une baisse de participation dans le capital croisé d’OCP et BCP.
Le 30 décembre 2014, OCP cédait une partie de ses participations dans le capital de BCP, passant sous le seuil de 5% de participation, une opération symétrique au désengagement de BCP dans OCP. Cette opération devrait se poursuivre mais elle n’aboutira pas à un décroisement total.
Ce désengagement est en fait une condition posée par Bank Al Maghrib qui impose aux banques un plafond de participation de 15% dans le capital des sociétés non financières.Pour OCP, cette opération a été l’occasion d’une belle plus-value.
Les axes de croissance pour 2015
Le groupe bancaire, 3e en termes de bancassurance, souhaite développer son activité assurances. En 2014, la société mutualiste d’assurances Attaamine Chaabi recevait son agrément, laquelle a pu bénéficier de la gestion des actifs actuaires de BCP à son profit. L’ambition de la société est d’augmenter le taux de pénétration de l’assurance et de tripler le CA, aujourd’hui d’1 MMDH, au cours des 3 prochaines années.
Interrogé sur la finance participative, le top management s’est montré plus patient, moins ambitieux. La finance Halal présente un défi nouveau à la fois pour la clientèle et les acteurs bancaires. Les investisseurs seront confrontés à des difficultés jamais vécues, sur la manière de gérer les ressources par exemple.
Il faudra un délai pour que la clientèle comprenne la nature différente des produits. De leur côté, les acteurs bancaires ne sont pas encore prêts à structurer leurs offres. Principal obstacle: l’absence d’un marché de capital alternatif en dirhams. Le placement pourrait se faire en devises, mais c’est un risque que les banques doivent scrupuleusement examiner. Il apparaît donc que la finance islamique n’est pas une priorité du Groupe.
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