Télécoms: la 4G d’adressera plutôt aux… riches
Devons-nous souscrire à un abonnement 4G ou pas ? Voilà la question que se posent nombre d’utilisateurs de la téléphonie mobile dans la perspective du déploiement prochain de la technologie de 4e génération.
Il est encore trop tôt pour répondre à cette question. Surtout que les opérateurs n’ont pas encore révélé leurs stratégies marketing, et ne le feront pas avant un bon moment. Mais, connaissant le marché marocain, l’offre 4G risque de se limiter aux segments haut de la gamme des produits télécoms.
En effet, les analystes des télécoms sont unanimes : la 4G ne changera pas grand-chose dans le segment voix. Ainsi, tous ceux qui utilisent le téléphone mobile pour les communications classiques, ont intérêt à camper sur leurs habitudes de consommation. La 2G et la 3G suffisent largement. Mieux encore, avec la tendance baissière des prix, ces deux technologies de GSM se révèleront intéressantes à l’avenir.
La voix n’est pas le pain bénit de la 4G. Celle-ci est surtout dédiée à la data. En termes moins techniques, il s’agit d’une technologie qui permet le transit de gros paquets de données avec une vitesse de téléchargement assez rapide. Du coup, la 4G répond surtout aux attentes des professionnels qui cherchent à disposer d’une mobilité confortable leur permettant de consulter des fichiers lourds à partir de leur téléphone portable ou leur tablette. Elle répond aussi aux besoins des férus de téléchargement de vidéos, comme les jeunes, les professionnels de la communication et des médias…
« Tout dépend des habitudes de consommations. La 3G suffit lorsque les téléchargements ne dépassent pas un certain seuil. Mais si le consommateur cherche un confort optimal de navigation sur internet à partir de son mobile, la 4G s’impose », nous explique Ahmed Khouja, ancien directeur à l’Agence nationale de la réglementation des télécommunications (ANRT) et actuellement patron d’une entreprises spécialisée dans les télécoms.
Donc, la 4G est avant tout une question de confort. Et qui dit confort, dit une tarification conséquente.
La guerre des tarifs 4G aura-t-elle lieu ?
Avant de répondre à cette question, notons que la 4G intéresserait davantage, si ce n’est exclusivement, le segment du post payé. Ce dernier ne représente que 5,27% du parc des utilisateurs de la téléphonie mobile, tous opérateurs confondus.
Bien que limité, ce segment est réputé rémunérateur avec un ARPU (revenu par minute) intéressant. Ce qui laisse deviner la future baille que se livreront les trois opérateurs pour s’adjuger des parts importantes et, par suite logique, amortir assez rapidement les investissements qu’ils doivent consentir pour installer la 4G.
Les stratégies marketing y seront pour beaucoup. Pour l’heure, les opérateurs cachent jalousement leurs pions : « il est encore trop tôt pour parler stratégie marketing » nous explique une source auprès de Maroc Telecom, sous couvert de l’anonymat. Comprendre : chaque opérateur a sa petite idée sur l’approche du marché et compte garder l’effet de surprise à son avantage.
Inwi pourrait bien innover sur la 4G
En revanche, les observateurs du marché anticipent sur les intentions des opérateurs. Partant sur l’historique du marché du mobile, ils s’attendent à un rôle de « trouble-fête » de la part d’Inwi. Selon plusieurs analystes, le troisième opérateur (en date d’installation) a bouleversé le marché des télécoms en introduisant une approche marketing assez agressive.
L’opérateur a ainsi ouvert la voie à la facturation à la seconde obligeant les autres à suivre. Il a également initié les pass internet avec subvention de terminaux pour intéresser le segment des jeunes. Une stratégie qui a rapidement donné ses fruits et a bousculé les deux concurrents. Fera-t-il la même chose pour la 4G ?
« Possible, mais difficile » disent les analystes. Pour cause : contrairement à l’historique du marché quand Inwi disposait de l’effet de surprise, les deux autres opérateurs connaissent actuellement les habitudes d’anticipation de la filiale de la SNI. « Je ne crois pas que l’opérateur historique se laissera faire cette fois-ci », pronostique un consultant en télécoms. Ce dernier fait certainement référence à l’époque du lancement de la 3G. Maroc Telecom, mal inspiré, ne voulait pas occuper le terrain de l’internet mobile sous prétexte d’éviter la cannibalisation des offres ADSL, dont il détenait et détient toujours le monopole. Cette expérience a marqué les esprits chez l’opérateur. Un remake sera difficile sur la 4G.
Autre point sensible et qui n’a pas encore été résolu: le partage des infrastructures. La 4G est une technologie mobile, certes, mais elle a besoin du filaire, dont la fibre optique, pour circuler entre les antennes relais. Méditel et Wana Corporate (Inwi) ne disposent que d’une faible couverture à ce niveau et l’opérateur historique ne s’est pas encore inscrit dans une logique de partage de ses infrastructures.
Selon le calendrier de l’ANRT, les trois opérateurs ont un délai de 12 mois pour ouvrir les canaux de la 4G. D’ici là, et après signature du décret des cahiers de charges pour la 4G, le régulateur espère faire passer les amendements à la loi sur les télécoms.
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