La résine de cannabis marocaine ne suscite plus l’engouement
Le Maroc reste l’un des principaux producteurs de résine de cannabis au monde. Mais le succès de la résine ne cesse de faiblir en Europe.
L’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), rattaché à l’ONU, a présenté son rapport annuel mardi 3 mars à Londres. Entre autres enseignements: la résine de cannabis marocaine produite dans la région montagneuse du Rif -considérée comme le berceau mondial de la culture du cannabis- ne suscite plus l’engouement en Europe. Certes, «le Maroc reste le premier producteur en Afrique et l’un des premiers au monde», et le principal exportateur de résine en Europe, mais «il semble, d’après certaines informations, que la production y soit en recul(…), et certaines indications montrent que le succès de la résine de cannabis en Europe continue de faiblir», affirment les experts de l’OICS.
«Les quantités de résine saisies sont désormais du même ordre que celles d’herbe, ce qui témoigne d’une préférence accrue pour l’herbe (Appelée aussi marijuana ou beuh dans le jargon, NDLR) sur les marchés européens, où elle est de plus en plus produite localement, par rapport à la résine provenant principalement du Maroc, qui demeure le pays d’origine de la majeure partie de la résine saisie en Europe», ajoute le rapport, qui cite à son tour un document de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Saisies record en Afrique du Nord
Les quantités de résine saisies continuent d’ailleurs d’augmenter au Maroc, mais aussi en Algérie et en Egypte. En 2012, le royaume avait réalisé 11 % des saisies mondiales de résine de cannabis; ce chiffre serait de 12 % en 2013 selon des chiffres préliminaires.
Les saisies signalées par le Maroc sont passées de 126 tonnes en 2011 à 137 tonnes en 2012. En Algérie, elles sont passées de 53 tonnes en 2011 à plus de 211 tonnes en 2013, alors qu’en Egypte, les autorités en ont saisi plus de 84 tonnes en 2013, dont 80 tonnes avaient été acheminées clandestinement depuis le Maroc sur des bateaux de pêche.
Du Rif au Balkans
Selon le document, le trafic de cannabis à destination de l’Europe occidentale et centrale reste caractérisé par le recours aux voies maritime ou aérienne pour la résine, en provenance principalement du Maroc.
«Certains éléments donnent à penser que l’Europe du Sud-est, plus particulièrement les Balkans orientaux, servirait d’itinéraire de repli pour le trafic de résine en provenance du Maroc et à destination de l’Europe occidentale», ajoute le document.
Le Maroc coopère avec l’OICS
Dans un chapitre consacré à l’efficacité des mesures de contrôle visant à empêcher le détournement de substances placées sous contrôle depuis le commerce international, l’OICS fait savoir que les gouvernements sont encouragés à signaler à l’OICS les saisies de substances placées sous contrôle international, ajoutant que trois pays lui ont signalé en 2014 d’autres saisies de substances psychotropes. Parmi eux, «le Maroc a signalé que 450.357 doses de substances psychotropes avaient été saisies, sans préciser le type de substances dont il s’agissait mais en indiquant qu’elles étaient dissimulées dans des véhicules à moteur».
Les kificulteurs exploités par les trafiquants
Le document ne donne pas d’éléments sur ce que rapporte le trafic juteux de résine de cannabis. Mais d’après un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUCDC) publié en mars 2014, les cultivateurs marocains vendent chaque année 38.000 tonnes de cannabis à des barons locaux qui les revendent sur le marché européen. Ces kificulteurs qui vivent dans la semi-clandestinité gagnent près de 214 millions de dollars, tandis que la chaîne du trafic représente 14 milliards de dollars environ.
à lire aussi
Article : Festival Gnaoua : jusqu’au bout, Hamid El Kasri et Carlinhos Brown font vibrer Essaouira
Samedi 27 juin, la scène Moulay Hassan a réuni plusieurs milliers de spectateurs pour une soirée mêlant résidence artistique, jazz, répertoire gnaoua et rythmes brésiliens. Après une création collective portée notamment par Hassan Boussou, Jacques Schwarz-Bart et Karim Ziad, la rencontre maroco-brésilienne a précédé le dernier concert de la 27e édition.
Article : Sahara : la Guinée-Bissau réaffirme son soutien ferme à l’intégrité territoriale du Maroc
La ministre des Affaires étrangères, de la coopération internationale et des communautés de la République de Guinée Bissau, Fatumata Jau, a réitéré, le lundi 29 juin à Rabat, la position "constante et indéfectible" de son pays en faveur de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris la région du Sahara.
Article : Mondial 2026 : Maroc-Pays-Bas, trois précédents et trente-deux ans d’échos
À Monterrey, les Lions de l’Atlas retrouvent des Oranje qu’ils n’ont battus qu’une fois, en 1999, après deux défaites en 1994 et 2017. Cette affiche intermittente, toujours conclue sur un 2-1, charrie aussi une histoire de doubles appartenances et de trajectoires passées d’un pays à l’autre.
Article : Ports : Hapag-Lloyd veut renforcer sa présence dans Tanger Alliance
La filiale terminalistique du groupe allemand doit porter sa part dans le terminal TC3 de Tanger de 10% à 20%, dans le cadre d’une réorganisation liée à l’entrée prévue de HL Terminal Holding au capital d’EUROGATE Container Terminal Hamburg.
Article : Profession d'avocat : un sit-in devant le Parlement pour dénoncer le projet de Ouahbi
Entre grève, suspension des activités et sit-in annoncé, la mobilisation des avocats contre le projet de réforme de leur profession prend une nouvelle ampleur, dans un contexte de tensions avec le ministre de la Justice. Ils réclament le retrait du texte législatif.
Article : Mondial 2026 : Noa Lang, l’Oranje au lien singulier avec le Maroc
Élevé en partie auprès de Nourdin Boukhari, ancien international marocain passé par l’Ajax, l’ailier néerlandais aborde le rendez-vous de Monterrey avec une histoire personnelle qui dépasse largement le cadre sportif.