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CULTURE

Le Salon du livre de Casablanca démarre doucement

En attendant les écrivains connus, groupes d’enfants et éditeurs religieux animent les allées du Siel. La plus grande librairie du Maroc se prépare pour l’affluence du week-end.

Le Salon du livre de Casablanca démarre doucement
Samir El Ouardighi
Le 13 février 2015 à 16h43 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Le 15e Salon internationale de l’édition et du livre (Siel), qui se déroule jusqu’au 23 février à l’Office des foires de Casablanca, se prépare pour recevoir le grand public.

Organisé par le ministère de la Culture, il permet aux éditeurs nationaux et internationaux de présenter leur offre aux Marocains.

Pour la première journée de ce rendez vous incontournable du marché du livre, le moins que l’on puisse dire est que les travées étaient quasi-désertes.

Pour les exposants, rien d’inquiétant à cela car le premier jour est toujours laborieux en termes de fréquentation. Il faut ajouter que l’ouverture tombe un jour de la prière qui a lieu à quelques centaines de mètres à la grande mosquée Hassan II.

Les cartons de livres continuaient d’affluer pour garnir les étagères des exposants qui règlent les derniers détails avant de se préparer au grand rush du week-end.

Cette 21e édition du Siel ne démarrera véritablement qu’au courant de l’après-midi de ce vendredi 13 février avec le début des conférences et les débats qui draineront beaucoup plus de monde.

De nombreux cars d’écoliers sont également prévus pour donner le goût à la lecture aux nouvelles générations.  Il faut cependant souligner que la majorité des exposants interrogés se disaient loin d’être ravis de cette présence à venir. « Ils salissent tout, mettent le désordre dans nos rayons et surtout n’achètent rien même si les livres qui leur sont consacrés restent très bon marché. »

Deux univers se regardent en chiens de faïence

Deux mondes se côtoient dans cet univers livresque sans jamais se mélanger avec d’un côté, les stands de livres religieux et de l’autre les exposants francophones séparés par les institutionnels.

Cette année, le Siel a offert une place de choix au stand de l’invité d’honneur palestinien situé au centre du salon. Sont proposés à la vente des ouvrages traitant du conflit israélo-palestinien, de biographie de héros comme Leila Khaled et même des keffiehs sous les portraits du défunt Yasser Arafat et du président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

L’énorme stand du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a placé sa participation sous le signe du slogan suivant : « Migration, diversité et citoyenneté: le défi du vivre ensemble ».

Par ce thème, le CCME veut pointer du doigt les contraintes auxquelles les Marocains du monde font face dans les pays d'accueil, au regard de l'accroissement des crispations identitaires et culturelles.

Une centaine d'intervenants du monde entier (auteurs, philosophes et journalistes) apporteront un éclairage et des pistes de réflexions à cette problématique.

A côté, de nombreux éditeurs de pays arabes ont installé leurs stands en présentant une littérature religieuse qui connaît une fréquentation plus importante que les autres stands.

En habit traditionnel et longue barbe, certains n’hésitent pas à se livrer à une certaine forme de prosélytisme en proposant à la criée de découvrir la parole divine.

Les Français présents en force

Les Européens sont également présents, notamment la France qui selon les visiteurs et exposants constitue la véritable locomotive du salon grâce à une programmation originale et riche.

La vraie raison du succès du pavillon France est qu’en plus de présenter leurs collections, les promoteurs invitent systématiquement les auteurs des livres présentés dans leurs rayons. Contrairement aux éditeurs marocains qui parlent à la place des écrivains, les Français organisent des rencontres directes entre lecteurs et auteurs dont certains sont de véritables têtes d’affiche.

L’évènement de cette journée sera l’intervention littéraire de l’écrivain algérien Kamal Daoud accompagné de l’intellectuel marocain Driss Ksikes. Le stand français n’a pas lésiné sur les moyens matériels et humains pour capter l’attention des lecteurs francophones en invitant d’autres auteurs à succès comme la Franco-Marocaine Leila Slimani ou le Marocain Hicham Houdaifa pour son premier livre.

Au regard du prix du mètre carré compris entre 600 et 1.000 DH, la présence des éditeurs marocains est surtout motivée par des raisons de prestige. Interrogés par Médias 24, ils affirment que les ventes effectuées lors de ce salon permettent à peine de rentrer dans leurs frais.

Pour les petits, c’est une manière de se faire connaître en présentant leur catalogue de livres en français, en arabe, et en amazigh (scolaires, BD, romans) pour toutes les bourses à des prix compris entre 5 et 200 DH.

Les grands éditeurs justifient leur  présence par le fait qu’étant fournisseur des écoles de l’Education nationale, ils ne veulent pas perdre leurs marchés publics en ne faisant pas acte de présence.

L’autre évènement de ce salon est la présence de la librairie en ligne Livremoi.ma qui propose un catalogue très riche d’ouvrages avec tous les éditeurs français, et la majeure partie des éditeurs marocains. 

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Samir El Ouardighi
Le 13 février 2015 à 16h43

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