Médecine dentaire au Maroc: l’Ordre réclame plus de sérieux
Le Dr Jerrar, à la tête de la profession, propose des solutions pour augmenter le nombre de dentistes et pour lutter contre les charlatans.
Nombreux sont les mécaniciens dentistes, les prothésistes, les arracheurs de dents et les barbiers qui pratiquent la médecine dentaire en bafouant les règles élémentaires d'hygiène et de salubrité.
Et pour cause, les risque infectieux sont nombreux, et les conditions de stérilisations ne sont souvent pas respectées, exposant les patients à des risques de contamination et de transmission de maladies graves (hépatite, tuberculose, sida, etc.).
Une autre révélation inquiétante: l'Ordre national des médecins dentistes (ONMD) a noté, lors des nombreuses visites et enquêtes, que certains charlatans de la médecine dentaire utilisaient de produits pharmaceutiques, dont des anesthésiques périmés.
D'ailleurs, interrogé par nos soins, le président du Conseil national de l'Ordre national des médecins dentistes, le Dr Mohamed Jerrar, a déclaré : "nous avons recensé le décès de 5 personnes. Des décès imputés à un mauvais traitement dentaire effectué chez des personnes non habilitées à exercer la médecine."
Dans l'absolu, "il s'agit d'un problème de santé publique auquel il faut obligatoirement remédier. A commencer par l'accélération de l'adoption du projet de loi sur l'exercice du métier de prothésiste" estime le Dr Jerrar.
Cette mesure devrait, selon notre source, être accompagnée d'une série de mesures visant à combattre la progression du phénomène comme la suspension de délivrance d'autorisations administratives pour la création des associations dites de "denturologues" ou de "prothésistes et soigneurs de dents".
Plus de la moitié des prothésistes dépourvus d’autorisation
En juin 2014, le ministre de l'Intérieur Mohammed Hassad a dévoilé, au parlement, que 3.300 personnes exerçaient le métier de prothésistes, dont 1.790, soit plus de la moitié, ne dispose d'aucune autorisation. Depuis, aucune mesure n'a été prise à leur encontre, s'indigne l'Ordre national des médecins dentistes.
"A ce jour, seul une soixantaine de poursuites judiciaires ont été activées, et 3 décisions de justices ont été rendues, dont deux fermetures de locaux et une peine d'emprisonnement" révèle le Dr Jerrar.
Répondant à la question du manque en effectif de médecins dentistes, le président du Conseil national de l’ONMD estime que "le nombre de 5.000 médecins dentistes en exercice reste insuffisant comparé aux besoins de la population. Mais ce n'est pas une raison pour exposer les citoyens à des risques importants de santé publique. Toutefois, il est possible de nouer des partenariats publics-privé, ou encore créer un système de vacation qui permettrait de combler les besoins."
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