Loi sur les “petites bonnes”, rencontre de la dernière chance
Le Collectif pour l’éradication du travail des "petites bonnes" doit convaincre la Chambre des représentants d’amender la loi sur les travailleurs domestiques.
Le texte sur les travailleuses domestiques s'invitera mercredi prochain au Parlement. Une rencontre de réflexion organisée par le groupe parlementaire du PPS verra la participation du Collectif pour l'éradication du travail des petites bonnes, du ministre de l'Emploi Abdeslam Seddiki, ainsi que des représentants du CNDH et du CESE. On notera, toutefois, l'absence de la ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social Bassima Hakkaoui.
Cette rencontre intervient deux semaines après l'adoption, par la Chambre des conseillers, du projet de loi 19.12 relatif au travail domestique. Une situation critique, comme nous l'explique Omar El Kindi, vice-président de l'association Insaf, membre du collectif : "le contexte actuel ne joue pas en notre faveur, car le texte tel qu'il a été amendé et voté à la Chambre des conseillers présente plusieurs lacunes. Cette journée de débat et de sensibilisation constitue pour nous l'ultime chance de voir amender, en profondeur, ce projet de loi."
Et pour cause, dans sa mouture actuelle, le texte n'interdit pas formellement l'exploitation des mineurs dans le cadre du travail domestique, mais le conditionne par l'accord express du parent ou du tuteur légal du mineur. Ce à quoi le collectif associatif s'oppose.
Dans leur plaidoyer, les associations insistent sur l'interdiction de l’embauche des mineurs: "Les enfants âgé(e)s de moins de 18 ans ne peuvent, en aucune manière, être employé(e)s comme « travailleurs domestiques »" une position partagée par le CNDH et le CESE, qui ont exprimé des avis dans ce sens.
Ce même plaidoyer insiste sur le durcissement des peines à l'encontre des employeurs peu consciencieux. En effet, le collectif associatif prévoit des peines allant de 6 mois à un an pour toute personne majeure employant un enfant, contre 1 à 3 mois de prison prévus dans le texte voté par la Chambre des conseillers le 27 janvier dernier.
"Ces dispositions doivent obligatoirement être insérées" estime M. El Kindi, qui pense qu’"il existe une grande confusion entre les travailleurs majeurs et mineurs. Car plutôt que d'avoir un texte qui incrimine l'exploitation des enfants, nous avons droit à un texte relevant du code du travail qui régit ces agissements." C'est d'ailleurs l'une des raisons qui explique la présence du ministre de l'Emploi à cette rencontre, plutôt que celle de la ministre en charge de l'enfance.
La disposition fixant l'âge légal minimum pour le travail domestique n'est donc qu'un moindre mal. A ce propos, "il aurait fallu élaborer deux textes qui soient distincts du code du travail. Le premier serait un Code complet relatif à la protection de l'enfance ; il serait renforcé par une loi qui interdit formellement l'embauche des travailleurs et travailleuses domestiques mineurs. Ce deuxième texte devrait prévoir, entre autres, les détails des recours contre les employeurs coupables, et détailler les rôles et les fonctionnements des structures d'accueil et de suivi des enfants victimes de l’exploitation" conclut notre source.
à lire aussi
Article : Commission d'enquête sur le soutien à l'élevage : une réunion de concertation est prévue le mardi 30 juin
À la demande de trois composantes de la majorité gouvernementale, une réunion de concertation se tiendra ce mardi 30 juin.
Article : Bourse de Casablanca : Attijariwafa bank reprend son rang de première capitalisation devant Managem
Ce lundi 29 juin, vers 12h30, Attijariwafa bank est redevenue la première capitalisation de la Bourse de Casablanca, reprenant la place occupée ces dernières semaines par Managem. La banque affiche désormais une valorisation de 146,75 milliards de dirhams, contre 138,26 milliards pour le groupe minier, soit un écart de près de 8,5 milliards de dirhams entre les deux valeurs.
Article : Mondial 2026 : avant Maroc-Pays-Bas, le vieux dilemme des binationaux raconté par “Superleeuwen”
À quelques heures du duel de Monterrey, une série néerlandaise sortie après l’épopée de 2022 éclaire le ressort intime qui a poussé plusieurs joueurs formés aux Pays-Bas à porter le maillot marocain. Entre reconnaissance, héritage familial et regard porté sur les enfants de l’immigration, le choix des Lions de l’Atlas dépasse largement le cadre sportif.
Article : Croissance à 4,6% au T1 2026 : le rebond agricole compense le ralentissement du non-agricole
La croissance économique s’est établie à 4,6% au T1 2026, contre 5% une année auparavant. Le niveau reste solide, mais les moteurs de cette croissance sont moins forts. L’agriculture soutient fortement l’activité, alors que le secteur non agricole ralentit, l’investissement perd de l’élan et les importations continuent de peser sur la croissance.
Article : La BEI vise plus de 700 millions d’euros d’investissements au Maroc en 2026
Présente au Maroc depuis 1979, l’institution européenne dit avoir triplé ses financements dans le Royaume en cinq ans, avec des projets allant de Tanger Med au solaire de Ouarzazate, en passant par l’éducation, les réseaux et le câble Medusa.
Article : OCP transforme le choc des engrais en avantage stratégique (Oxford Analytica)
Dans une analyse consultée par Médias24, Oxford Analytica estime qu'OCP pourrait renforcer durablement sa position sur le marché mondial des engrais grâce à sa stratégie d'intégration industrielle, au développement de l'ammoniac vert, à la montée en puissance du TSP et à ses nouveaux investissements. Détails.