La CDT Santé pointe les faiblesses de la nouvelle carte sanitaire
Mustapha Chanaoui déplore que la nouvelle carte sanitaire n’implique pas assez le secteur privé dans l’extension de l’offre de soins.
Mustapha Chanaoui, secrétaire général de la CDT-Santé, explique sa position vis-à-vis de la nouvelle carte sanitaire du Maroc en cours de déploiement.
Sur le plan de la carte sanitaire et des schémas régionaux de l’offre de soins, le Maroc a accusé un grand retard, à en croire notre interlocuteur. « La carte sanitaire est une déclinaison de la loi 34.09 élaborée du temps de Yasmina Badou. Il s’agissait d’une loi cadre qui donnait les grandes orientations en matière d’extension de l’offre de soin. Elle tendait vers l’instauration d’une synergie entre les acteurs publics et privés » lance d’emblée le syndicaliste.
Seul le secteur public est concerné
Concrètement, l’utilité de la carte sanitaire réside dans le fait que l’allocation des ressources humaines, techniques et matérielles se fera en fonction des besoins de chaque région, en prenant en considération les profils épidémiologiques, la densité démographique, le manque en infrastructures sanitaires dans chaque région, etc.
La version actuelle qui est en train d’être déployée n’oblige que le secteur public. En effet, l’ouverture de nouveaux hôpitaux ou centres de soins ne peut se faire qu’en fonction de l’urgence des besoins exprimés dans chaque région. Il ne sera désormais plus question d’ouvrir des centres de soins publics dans des régions et villes déjà saturées.
Le Dr Chanaoui s’interroge pourtant : « quelle est l’utilité d’adopter une carte sanitaire alors qu’une décision ministérielle suffit pour l’ouverture d’un nouveau centre hospitalier dans telle ou telle région ? »
Complémentarité public-privé
Avant de poursuivre : « pour que la carte sanitaire soit efficace, il faut instaurer la complémentarité entre le secteur public et le secteur privé à but lucratif ou à but non lucratif. Ce n’est aujourd’hui pas le cas. D’ailleurs, les cliniques mutualistes ne sont pas non plus concernées par les dispositions de la nouvelle carte sanitaire. »
A ce stade, le décret d’application relatif à la carte sanitaire adopté le 5 novembre 2014 en conseil de gouvernement, « est en contradiction avec l’esprit de la loi cadre, car il se limite à l’organisation de l’offre de soins publique, sans définir clairement les modalités d’installation des établissements de soins privés dans un territoire et occulte toutes les autres dispositions » d’après l’avis du CESE, saisi par le président de la chambre des représentants le 29 octobre dernier.
En d’autres termes, selon M. Chanaoui, l’ouverture des cliniques privées n’est pas conditionnée par les besoins régionaux en termes d’offre sanitaire. M. Chanaoui y voit une grande menace pour l’égalité et l’équité dans le droit d’accès aux soins. « Le projet de loi relatif à l’exercice de la médecine consacre un chapitre important à l’ouverture des capitaux des cliniques privées aux investisseurs non professionnels. Si la carte sanitaire n’intègre pas cette catégorie d’investisseurs, on risque de se retrouver face à un abandon des régions qui ont le plus besoin d’une couverture sanitaire » alerte notre source.
Devant l’urgence de la situation, le secrétaire général de la CDT Santé appelle à l’adoption d’un plan national. « Qu’il s’agisse de tourisme (Plan Azur) ou d’agriculture (Plan Maroc Vert), le Maroc a développé des programmes ambitieux. Pourquoi ne pas élaborer un Plan Maroc Blanc pour la santé ? » s’interroge le M. Chanaoui.
À découvrir
à lire aussi
Article : Lancement du programme “Riaya” : deux conventions pour accompagner les jeunes après 18 ans
Deux conventions-cadres ont été signées, jeudi 16 avril 2026 à Salé, dans le cadre du lancement du programme national "Riaya", visant l’accompagnement et l’insertion des enfants et des jeunes issus des établissements de protection sociale après l’âge de 18 ans.
Article : Météo : le Sud et le centre sous la chaleur, un rafraîchissement prévu dès jeudi 23 avril 2026
Une vague de chaleur touche en cette mi-avril 2026 le sud et le centre du Maroc, avec des températures dépassant les normales saisonnières de 5 à 10°C. Cet épisode devrait se maintenir jusqu’au jeudi 23 avril 2026, avant un retour progressif à des conditions plus fraîches et instables en fin de semaine prochaine.
Article : Élections 2026 : le gouvernement adopte un soutien financier aux candidats de moins de 35 ans
À quelques mois des législatives de 2026, l’exécutif a validé un nouveau décret destiné à faciliter l’accès des moins de 35 ans aux mécanismes de financement électoral. Le texte prévoit une prise en charge publique pouvant atteindre 75 % des dépenses validées.
Article : CGEM : Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri lancent officiellement leur campagne
Mehdi Tazi a officialisé, aux côtés de Mohamed Bachiri, le lancement de sa campagne pour la présidence de la CGEM. Une première réunion avec les fédérations industrielles a permis de recueillir attentes, défis et ambitions du secteur productif national.
Article : Settavex : une condamnation à 104 MDH, des actifs aux enchères
Condamnée à payer plus de 104 millions de dirhams à Bank of Africa, le textilien Settavex traverse une séquence judiciaire critique. Son site industriel et ses équipements ont déjà été ciblés par des procédures de vente forcée.
Article : La Région Casablanca-Settat lève 1 milliard de DH par emprunt obligataire
La Région Casablanca-Settat a annoncé ce jeudi 16 avril le succès d’une émission obligataire d’un montant de 1 milliard de DH sur le marché national des capitaux. Cette opération s’inscrit dans une stratégie de diversification des sources de financement du développement territorial.