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La CDT Santé pointe les faiblesses de la nouvelle carte sanitaire

Mustapha Chanaoui déplore que la nouvelle carte sanitaire n’implique pas assez le secteur privé dans l’extension de l’offre de soins.

La CDT Santé pointe les faiblesses de la nouvelle carte sanitaire
Amine Belghazi
Le 20 janvier 2015 à 12h03 | Modifié 20 janvier 2015 à 12h03

Mustapha Chanaoui, secrétaire général de la CDT-Santé, explique sa position vis-à-vis de la nouvelle carte sanitaire du Maroc en cours de déploiement.

Sur le plan de la carte sanitaire et des schémas régionaux de l’offre de soins, le Maroc a accusé un grand retard, à en croire notre interlocuteur. « La carte sanitaire est une déclinaison de la loi 34.09 élaborée du temps de Yasmina Badou. Il s’agissait d’une loi cadre qui donnait les grandes orientations en matière d’extension de l’offre de soin. Elle tendait vers l’instauration d’une synergie entre les acteurs publics et privés » lance d’emblée le syndicaliste.

Seul le secteur public est concerné

Concrètement, l’utilité de la carte sanitaire réside dans le fait que l’allocation des ressources humaines, techniques et matérielles se fera en fonction des besoins de chaque région, en prenant en considération les profils épidémiologiques, la densité démographique, le manque en infrastructures sanitaires dans chaque région, etc.

La version actuelle qui est en train d’être déployée n’oblige que le secteur public. En effet, l’ouverture de nouveaux hôpitaux ou centres de soins ne peut se faire qu’en fonction de l’urgence des besoins exprimés dans chaque région. Il ne sera désormais plus question d’ouvrir des centres de soins publics dans des régions et villes déjà saturées.

Le Dr Chanaoui s’interroge pourtant : « quelle est l’utilité d’adopter une carte sanitaire alors qu’une décision ministérielle suffit pour l’ouverture d’un nouveau centre hospitalier dans telle ou telle région ? »

Complémentarité public-privé

Avant de poursuivre : « pour que la carte sanitaire soit efficace, il faut instaurer la complémentarité entre le secteur public et le secteur privé à but lucratif ou à but non lucratif. Ce n’est aujourd’hui pas le cas. D’ailleurs, les cliniques mutualistes ne sont pas non plus concernées par les dispositions de la nouvelle carte sanitaire. »

A ce stade, le décret d’application relatif à la carte sanitaire adopté le 5 novembre 2014 en conseil de gouvernement, « est en contradiction avec l’esprit de la loi cadre, car il se limite à l’organisation de l’offre de soins publique, sans définir clairement les modalités d’installation des établissements de soins privés dans un territoire et occulte toutes les autres dispositions » d’après l’avis du CESE, saisi par le président de la chambre des représentants le 29 octobre dernier.

En d’autres termes, selon M. Chanaoui, l’ouverture des cliniques privées n’est pas conditionnée par les besoins régionaux en termes d’offre sanitaire. M. Chanaoui y voit une grande menace pour l’égalité et l’équité dans le droit d’accès aux soins. « Le projet de loi relatif à l’exercice de la médecine consacre un chapitre important à l’ouverture des capitaux des cliniques privées aux investisseurs non professionnels. Si la carte sanitaire n’intègre pas cette catégorie d’investisseurs, on risque de se retrouver face à un abandon des régions qui ont le plus besoin d’une couverture sanitaire » alerte notre source.

Devant l’urgence de la situation, le secrétaire général de la CDT Santé appelle à l’adoption d’un plan national. « Qu’il s’agisse de tourisme (Plan Azur) ou d’agriculture (Plan Maroc Vert), le Maroc a développé des programmes ambitieux. Pourquoi ne pas élaborer un Plan Maroc Blanc pour la santé ? » s’interroge le M. Chanaoui.

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Amine Belghazi
Le 20 janvier 2015 à 12h03

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