Tanger étudie son projet de tramway
La commune de Tanger, la wilaya et l’Agence du Nord mettent les dernières touches à la mise en place d’une société d’étude du projet de tramway. La métropole d’un million d’habitants pourrait accueillir le 3e tramway du Maroc.
La future société doit porter le nom de Tanger Aménagement et son objet sera notamment de mettre en place le cadre pour étudier et faire aboutir, le cas échéant, le projet de tramway de Tanger. Son capital de départ sera de 8,4 MDH.
Avec sa croissance démographique et urbaine importante depuis plus de 10 ans, la réflexion sur la concrétisation d’un projet de transport public tel que le tramway est dans l’ordre des choses.
Tanger abrite un million d’habitants et s’étend sur près de 200 km². Elle compte des zones industrielles situées aux extrémités de la ville sur la route de Tétouan (Moghogha)et la route de Rabat (Tanger Free Zone et Gzénaya) ainsi que l’usine Renault Tanger-Méditerranée, à 20 km de la ville. Densifier et fluidifier les réseaux de transport public est une nécessité.
La réflexion remonte à plusieurs années
Le transport public est aujourd’hui assuré par une flotte de grands taxis en cours de renouvellement avec l’arrivée de la Lodgy sur le marché, un réseau d’autobus de la société Alsa et une flotte de plusieurs centaines de minibus (16 places) de transport de personnel. Ce dernier service est assuré par plusieurs dizaines de petites entreprises.
La réflexion sur le tramway à Tanger a démarré il y a quelques années avec l’importance prise par les investissements industriels et en infrastructures. Elle s’est accélérée avec le lancement il y a 16 mois du plan Tanger-Métropole qui va notamment excentrer de nombreux services communaux (gare routière, marchés de gros, etc.).
Les premiers échanges formels à ce sujet ont eu lieu à Paris début 2014 lors d’un déplacement du maire Fouad Elomari. Ces contacts ont connu une première concrétisation en juin dernier lorsque la commune de Tanger et ses élus ont accueilli une importante délégation d’Ile-de-France et des responsables de la SNCF et d’Alstom.
Contacts Tanger-Paris
Le thème du séminaire d’une journée organisé à cette occasion était « les projets de métropole durable ». Des bureaux d’études et des gestionnaires de systèmes de transport étaient présents. Le catalogue des solutions de transport d’Alstom va du train à grande vitesse aux rames de métro et de tramway.
Au Maroc, Alstom, outre sa présence dans les tramways de Casablanca (31 km) et de Rabat (18 km), est présente dans l’énergie éolienne, la fabrication des faisceaux électriques et la maintenance de turbines de centrales électriques et thermiques, notamment à Jorf Lasfar. L’entreprise a également établi des partenariats avec les écoles d’ingénieurs Mohammadia et Hassania.
Durant cette journée, on avait pu entendre François Kalfon, élu socialiste français, rappeler que « si on construit pour le XXIe siècle, il faut intégrer la durabilité ». Pour sa part, la PDG d’Alstom Maroc Thi-Mai Tran se montrait optimiste : « Dans 10 ans Tanger, Marrakech et Fès auront leur tramway » affirmait-elle.
Alstom est le principal maître d’œuvre des réseaux de tramways de Casablanca et de Rabat-Salé. S’ils sont un succès sur le plan de l’amélioration des flux urbains, leur coût d’exploitation reste important. Casablanca et Rabat subventionnent à coups de centaines de millions de dirhams leur tramway.
Les 31 premiers kilomètres du tramway de Casablanca avaient au total coûté 5,9 MMDH et le conseil de la ville Casablanca a décidé en juillet dernier d’étendre le réseau de quelques 80 km supplémentaires.
Aujourd’hui, outre les solutions proposées par Alstom, le groupe Bolloré propose également depuis cette année une alternative aux voitures de tramway, moins chère à l’acquisition et à l’exploitation.
A n’en pas douter, au vu également des relations qu’entretient Tanger avec des villes comme Malaga et Barcelone, des propositions côté espagnol devraient voir le jour.
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