Les Subsahariens moins exposés au racisme dans le sud du Maroc
Réalisée en septembre 2014 et publiée le lundi 20 octobre, une enquête sur la situation des migrants subsahariens dans le sud du Maroc éclaire l’opinion sur les conditions de vie de cette tranche de la population. Les communautés subsahariennes sont mieux intégrées dans le Sud que dans le Nord du pays.
Si la traversée de la frontière maroco-mauritanienne se passe généralement sans encombres, en respectant les formalités administratives d’usage, les ennuis commencent généralement à partir du troisième mois de séjour sur le sol national. Et pour cause, les immigrés doivent faire un aller-retour afin d’actualiser le cachet de la police de frontière sur leurs passeport, traversant pour ce faire la frontière mauritanienne.
Cette contrainte est d’autant plus répandue qu’il existe très peu de migrants titulaires d’un titre de séjour, et ce malgré le lancement de la campagne massive de régularisation en vue de l’attribution d’un titre de séjour longue durée.
A titre d’exemple, aucune demande de régularisation n’a été validée à Boujdour. Dans la ville de Dakhla, sur les 488 demandes déposées, seules 14 ont reçues une réponse positive. Même son de cloche du côté de la ville de Laayoune; sur les 549 dossiers reçus, 12 demandes seulement ont pu aboutir. Les associations de défense des droits des migrants constatent, par ailleurs, que les décisions (acceptation ou refus du dossier) sont notifiées sans être motivées.
Toutefois, concernant la vie en société, les associations constatent qu’il n’y a quasiment pas de discrimination entre les Marocains et les Subsahariens lorsqu’il s’agit de l’accès aux soins ou à l’éducation, bien qu’ils soient difficiles d’accès ou soumis à un certain nombre de freins, les contraintes restent les mêmes pour tout le monde.
«Pas de problème pour l’accès à l’école publique» témoigne un immigré subsaharien vivant à Laayoune. Un autre, habitant la ville de Dakhla a déclaré aux membres des associations, auteurs du rapport que «dans chaque zone, il y a des centres de santé. Le problème, c’est la qualité du service. Mais c’est le même problème pour les Marocains.»
Concernant l’accès au logement, et contrairement aux pratiques répandues dans les villes du Nord, les Subsahariens résidents dans les villes de Boujdour, Laâyoune ou Dakhla n’ont aucun mal à obtenir un contrat de bail. «Il n’y a pas de problèmes pour la location d’appartements. Ils préfèrent même que ce soit des étrangers, car on paie plus régulièrement que les Marocains… il n’y a pas de problème pour avoir un contrat de bail,» selon un témoignage recueilli auprès d’un habitant de la ville de Dakhla.
En ce qui concerne les conditions de travail, les contraintes sont les mêmes que celles dont souffrent les travailleurs marocains. Il s’agit principalement de l’absence ou la non-conformité des contrats de travail, et plus particulièrement pour certaines catégories d’employés comme les travailleurs domestiques ou les bergers.
Concernant les manifestations de racisme de la part de la population locale, il parait, dans l’ensemble qu’il s’agit d’une pratique que la population locale réprouve, bien que certains actes aient été constatés.
Dans l’ensemble, les observateurs associatifs notent que les migrants subsahariens sont moins exposés aux actes racistes de la part de la population locale que dans d’autres villes du Royaume.
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