Sciences-Po Aix : l’EGE de Rabat n’est pas concernée
L’affaire des formations délivrées par Sciences-Po Aix sans participation active des enseignants ne concerne pas l’EGE de Rabat. Les étudiants inscrits dans le cursus passent une année au Maroc et un autre en France.
Depuis le milieu de cet été, l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence auquel sont rattachés des noms aussi prestigieux que ceux de l’universitaire marocain Mohamed Tozy ou de l’actuelle présidente du conseil d’administration et DG du FMI Christine Lagarde est au centre d’un débat de fond : jusqu’où peut aller l’externalisation de ses formations ?
Tout a commencé l’été dernier lorsque Sciences-Po Aix a démarré une campagne d’affichage sur les autobus des villes de Lyon, Strasbourg et Toulouse où des IEP existent déjà. En fait, depuis 2012, l’IEP d’Aix mène une active campagne de recrutement et d’externalisation de ses formations.
Ces diplômes délocalisés, où les profs n’interviennent même pas, sont légaux, mais relèvent d’une simple certification. Du côté des écoles privées partenaires on joue sur la communication en parlant de masters, profitant du prestige de Sciences-Po.
Résultat : en trois ans, le nombre de diplômés, certificats, bachelors ou masters est passé de 170 à 680 à Aix. Du coup, indique Le Monde du 11 octobre, « l’argent rentre : 3,9 millions d’euros de réserve, fin 2013, soit dix mois de fonctionnement et seize de paye ».
Quelques jours plus tôt, le 3 octobre, les sites d’investigation Mediapart et Marsactu publient une enquête. Des étudiants de Science-Po Aix publient à leur tour une lettre ouverte réclamant « l’arrêt immédiat de cette politique ». Le 9 octobre, une centaine d’étudiants manifestent devant l’école.
Première mesures à Aix, en attendant le résultat de l’audit
Dans une lettre adressée au directeur de Science-Po Aix Christian Duval, les présidents des IEP de Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse et Saint-Germain-en-Laye ont menacé de suspendre l’IEP des concours d’entrée communs si des mesures n’étaient pas prises. Un ultimatum a été fixé au 10 novembre.
A Aix-en-Provence, la direction réagit en destituant le responsable du développement Stéphane Boudrandi et suspend deux accords de partenariats extérieurs, l’un en Guadeloupe, l’autre à Genève avec la Wesford University.
Vendredi 10 octobre, Sciences-Po Aix publie un communiqué dont la première phrase indique que « l’IEP traverse depuis quelques jours une crise où se sont percutés des faits de nature différente ».
Le communiqué parle de « mesures adéquates » prises, de « l’audit extérieur et indépendant » et « d’autres procédures [qui] nous permettront de faire un point sur l’ensemble de nos formations ».
Sont également annoncés la création de groupes de travail comprenant des étudiants et des enseignants et la reprise du dialogue avec l’ensemble des IEP du réseau de concours. Depuis lundi 13 octobre, l’université Aix-Marseille III dont dépend Sciences-Po mène un audit.
Une « vraie formation » fruit de la coopération entre l’EGE et Sciences-Po Aix
Au Maroc, Sciences-Po Aix dispose d’accords exclusifs avec l’EGE, l’Ecole de gouvernance et d’économie de Rabat, partie intégrante depuis cette rentrée de l’université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguerir.
Selon des sources proches de l’EGE de Rabat, « l’école n’est absolument pas concernée par cette polémique ». Du côté de l’école à Rabat, on souligne que l’IEP d’Aix, comme celui de Paris, s’est engagée dans un processus de privatisation de certaines formations, une tendance qui a toujours suscité des oppositions.
A l’EGE, on souligne que « la coopération se fait directement avec les profs » de Sciences-Po. Trois des quatre profs démissionnaires de Sciences-Po en juin dernier ont travaillé avec l’EGE pour monter la formation.
Les étudiants à l’EGE passent une première année à Rabat puis une deuxième année à Aix. « C’est donc une vraie formation » insiste l’EGE, « une formation en partenariat académique avec les profs ». L’EGE pense aujourd’hui développer la même politique avec les universités de Grenoble et de Turin.
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