La renaissance de Tanger passe aussi par son dynamisme culturel
Le fort bouillonnement culturel que vit la cité du Détroit ne laisse indifférents ni la presse internationale, ni le public. Tanjazz, Etre ici, les Nuits sonores et l’événement organisé à la Gaîté lyrique à Paris attestent de ce nouvel engouement.
En septembre, le dernier évènement culturel Etre ici a affiché complet. L’un des plus anciens, Tanjazz, a du refuser l’entrée à plusieurs… centaines de personnes lors du concert de l’Hispano-guinéenne Buika le samedi 13 septembre. Que pasa ?
A côté des arts, de la musique, des couleurs et du « cool », il faut aussi faire marcher tout ça. Trouver assez d’argent au départ, pour ne pas se retrouver perdant à la fin. Et trouver des bénévoles, pour qu’au final l’enthousiasme du départ ne finisse pas en galère.
Pour Anne Chaplain, qui a fait ses armes dans l’événementiel corporate dans une vie précédente à Paris, le modèle économique d’Etre ici « est principalement fait d’énergie collective, de bénévolat et d’un peu d’argent ». 120.000 DH est la somme qui lui a fallu, elle et ses quatre complices Itaf, Nachida, Jean-Marc et Olivier, pour organiser le 21 septembre dernier une manifestation inédite.
De 10 heures à 18 heures ce dimanche-là, 6 lieux ont été aménagés et ouverts au public : un riad de la kasbah, une synagogue, une ancienne prison, une villa centenaire qui donne sur le vieux port, des jardins andalous et le plus que centenaire bâtiment du consulat général de France. Dans chaque lieu, un écrivain lisait la prose, un musicien jouait sa musique, un artiste peignait.
En ciblant des sponsors intéressés par le bâtiment et sa restauration (Aluminium du Maroc, Jacob Delafon Maroc), une banque, et d’importants acteurs économiques locaux tels que les Fromageries Bel et l’incontournable Renault, 120.000 DH ont pu être sécurisés assez tôt pour faire avancer le projet.
Avec des coups de main de la Villa des Arts de Rabat, de l’Office du tourisme, tout était prêt trois mois à l’avance ! Résultat : une communication low-cost faite de réseaux sociaux, d’affichettes et beaucoup de bouche à oreille allant crescendo et 2.000 visiteurs.
Pour Anne Chaplain, « on n’arrive à organiser ce genre d’événement original et flexible qu’avec des partenaires privés qui comprennent la démarche créative et autonome ». En 2015, d’autres lieux seront explorés.
A l’autre extrémité de la scène culturelle de Tanger, Tanjazz a tenu sa 15ème édition le mois dernier. Depuis 14 ans, le festival se développe, une année dégageant 100 ou 150.000 DH d’excédent, une autre année en perdant autant.
Mais Philippe Lorin, publiciste parisien qui a créé l’agence Mc Cann Casablanca dans les années 1980, est un passionné. Fin communicateur - « Perrier, c’est fou » c’est lui entre autres- et esprit brillant, Philippe Lorin décrit un modèle économique « fait d’un projet crédible, de créativité ». Pour conclure : « Le modèle est tout sauf économique dans son esprit. Il faut y croire. L’énergie vient de là ».
M. Lorin raconte un Tanjazz qui tournait à 4 MDH en 2011 contre 3,4 MDH pour l’édition 2014. « Cette année, on a fait 220.000 DH de plus que prévu avec la billetterie grâce au concert de Buika du samedi soir ». Première dans les annales de Tanjazz, le 13 septembre dernier, les organisateurs ont dû refuser l’entrée à environ 700 fans de jazz avant de pouvoir en « caser » la moitié dans les travées de la scène.
« Tanjazz, aime rappeler Philippe Lorin, ce sont plus de 40 concerts en quatre soirs pour un budget inférieur à 4 MDH ». Du coup, à Madrid, El Pais parle de « festin de jazz » à Tanger. A Paris, Le Monde titre « Tanger, la renaissance » et les Inrocks s’interrogent : « Où est le cool ? Spécial Tanger ».
C’est que du 25 au 28 septembre du beau monde artistique tangérois a investi la Gaîté Lyrique dans le IIIe arrondissement parisien : peinture, graphisme, sculpture, vidéo et même couscous le vendredi. La librairie des Colonnes et le Salon bleu de la place de la kasbah ont été « répliqués ». Des œuvres artistiques et culturelles mais aussi l’esprit tangérois ont été exportés et présentés pendant un long week-end au cœur de la capitale française.
Le 15 octobre prochain, les Nuits sonores lyonnaises s’installent pour 4 jours entre la kasbah et la cinémathèque Rif pour des concerts de musiques électroniques, des ateliers d’art et des souks de designers.
Pour sa part, en 2015, Philippe Lorin espère rééditer le succès de l’édition 2014. Dans son viseur, rien de moins que le grand Eric Clapton. Car ce monument de la musique vient d’acquérir une maison à Chaouen. « De là à ce qu’il fasse un prix pour jouer à Tanjazz », Philippe Lorin l’espère. Si c’est le cas, c’est que cela aura coûté moins de 100.000 dollars, le tarif minimum de M. Clapton.
à lire aussi
Article : Moment de grâce avec Dee Dee Bridgewater, une des dernières héritières des grandes voix du jazz
Quelques heures avant de monter sur la scène du Théâtre Royal de Rabat dans le cadre du Festival Mawazine, Dee Bridgewater a accordé une interview à Medias24. De son attachement au Maroc à ses souvenirs de Sonny Rollins, en passant par son amour du scat hérité d'Ella Fitzgerald, et sa conviction que le jazz est une musique éternelle, cette véritable légende américaine revient sur plus d'un demi-siècle d'une carrière jalonnée de rencontres exceptionnelles.
Article : Mondial 2030 : capacités renforcées, toitures, nouveaux aménagements... Ce que prévoit la 2e phase de transformation des stades
Après la réalisation des études techniques nécessaires, l'Agence nationale des équipements publics (ANEP) a lancé les premiers marchés relatifs à l'agrandissement et au réaménagement des stades d'Agadir et de Marrakech, en prévision du Mondial 2030. Celui de Fès ne devrait pas tarder. Round Up.
Article : Le projet d'acquisition de Safettras par TGCC soumis au Conseil de la concurrence
TGCC a notifié au Conseil de la concurrence son projet d'acquisition de 51% du capital de la Société africaine des études et des travaux spéciaux (Safettras), spécialiste des fondations profondes et des travaux géotechniques.
Article : Énergies renouvelables : un projet de décret ouvre la voie à leur intégration en moyenne et basse tension
Encore en consultation publique, un projet de décret entend accélérer l'intégration des énergies renouvelables au réseau électrique de moyenne et basse tension.
Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 26 juin
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 26 juin 2026 en légère baisse. Le MASI recule de 0,15% à 18.022,08 points, tandis que Banque Centrale Populaire domine les échanges avec 43,04 MDH.
Article : La météo du samedi 27 juin
Voici les prévisions pour le samedi 27 juin, établies par la Direction générale de la météorologie : - Temps chaud sur l’Oriental, la vallée de […]