Affrontements sanglants à Boukhalef à Tanger entre Marocains et subsahariens
REPORTAGE EXCLUSIF. Un jeune Sénégalais a perdu la vie à Tanger dans des affrontements entre Subsahariens et la population marocaine. Cependant, rien ne permet encore d’affirmer qui est l’auteur du crime.
Seule une enquête du parquet et de la police pourra le déterminer. Officiellement, le bilan est d’un mort et de 14 blessés.
Des témoins parlent d’au moins un mort supplémentaire, une femme, d’autres évoquent jusqu’à cinq morts. Médias 24 a appris qu’une enquête a été ouverte et que neuf arrestations ont été opérées, “des deux côtés“.
Selon Hassane, jeune Sénégalais arrivé à Tanger de Casablanca vers le 10 août au moment du «dysfonctionnement» de la surveillance sur les côtes tangéroises et qui partageait le même appartement de Charles à la cité Al Irfane 2, ce dernier “est originaire de Dakar, âgé de 25 ou 27 ans et était arrivé en provenance de Rabat où il travaillait“.
La fiche de la morgue de Tanger que Médias 24 a pu consulter ce matin parle d’une jeune dont l’âge estimé est de 35 ans dont la dépouille est arrivée à 3H30 du matin ce samedi 30 août.
Samedi matin, la rue portait encore les traces du sang du jeune sénégalais tué.
Selon Hassane, «Charles a été tué à l’arme blanche dans l’appartement et son corps traîné sur le sol». Ce samedi midi, des traces de son sang étaient encore visibles au pied de l’immeuble et au bord du trottoir où le jeune Charles s’est éteint.
Un meurtre et une agression en une soirée dans le même quartier
Boukhalef est la cité la plus périphérique de Tanger, ses derniers immeubles donnant sur la piste principale de l’aéroport, qui elle-même aboutit sur la côte atlantique. La particularité de la soirée du vendredi 29 août , est qu’outre ce crime, un autre incident grave a opposé des jeunes Camerounais et des jeunes Marocains sur la rue principale d’Al Irfane.
Au cours de cet incident dont l’origine n’est pas encore claire, un jeune a frappé peu après 10H avec une arme blanche ce jeune Camerounais qui a immédiatement été pris en charge par des compatriotes qui l’ont mis dans une voiture pour l’emmener aux urgences.
Un important regroupement de Subsahariens s’est alors formé, entraînant la mobilisation d’habitants, cette fois-ci marocains du quartier. Les Subsahariens voulaient organiser une marche sur la ville et aller voir les autorités.
L'entrée du bloc où Charles a trouvé la mort.
Les affrontements entre Subsahariens et Marocains ont duré «tard dans la nuit, au moins jusqu’à 2H du matin» indique un instituteur résident dans le bloc 20 d’Al Irfane. Des armes blanches ont notamment été utilisées.
Aux urgences, un jeune ivoirien blessé.
Depuis l’automne 2013, les relations entre communautés se dégradent rapidement et dangereusement à Al Irfane 2 avec plusieurs morts et plusieurs blessés enregistrés lors d’incidents différents. Les derniers remontent à la mi-août. D’autres se sont produits en juin et en avril derniers, ainsi qu’en septembre, octobre, novembre et en décembre 2013. Aucun de ces incidents, décès ou usage d’armes blanches ne s’est conclu par une enquête.
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