Standard & Poor’s: les banques résistent malgré “une situation politique et géopolitique agitée”
Dans une nouvelle étude, S&P indique qu’il est peu probable que "nous rehaussions les notes des banques de la région".Toutefois "les secteurs bancaires demeurent bien positionnés pour accompagner la reprise si la situation politique se stabilise".
Du fait de cette situation politique et géopolitique, S&P estime que les banques des pays étudiés resteront exposées en 2014 et 2015 à un moindre dynamisme économique et commercial.
S’agissant du Maroc, S&P note notamment que le secteur bancaire bénéficie d’un "contexte économique et politique plus favorable que celui de la Tunisie ou de l’Egypte mais demeure exposé au ralentissement économique de ses partenaires économiques européens".
Pour les secteurs bancaires des quatre autres pays arabes étudiés, la bonne nouvelle est que ni les indicateurs de qualité du crédit, ni ceux liés au refinancement ou à la liquidité n’ont connu une détérioration que les événements politiques auraient pu faire craindre.
Les notations des banques du Maroc et des quatre autres pays vont de BB à B- avec une perspective négative pour la Jordanie et la Tunisie, mais stable pour le Maroc, la Tunisie et l’Egypte.
Selon S&P, les perspectives des institutions bancaires qui ont mieux résisté aux changements politiques de ces trois dernières années que les institutions politiques sont bonnes, notamment si les tensions régionales baissent et grâce à la démographie, à la force de travail et à une offre bancaire et financière développée.
Le bémol pour des pays comme le Liban et la Jordanie vient de la situation en Syrie et en Irak et la situation des réfugiés notamment, tandis que pour le Maroc, le ralentissement en Europe n’est pas un atout et les risques pris en Afrique doivent être plus réfléchis.
Les 12 prochains mois
Selon S&P, le lien entre l’état des secteurs bancaires et le crédit souverain des Etats restera fort d’ici la fin 2015. Le Maroc est positivement apprécié pour son ratio de dette publique/PNB et son déficit budgétaire qui se trouve sur une pente descendante et dont les comptes publics semblent moins souffrir qu’il y a quelques années de la volatilité de la situation géopolitique au Moyen-Orient et des prix du pétrole.
Les fondamentaux de l’économie bancaire marocaine peuvent être vus positivement à travers le prisme du ratio de l’endettement de l’Etat vis-à-vis des banques privées. Celui-ci est inférieur à 15% entre Casablanca et Rabat, là où ce taux est de 40% en Egypte et supérieur à 22% en Jordanie et au Liban.
Pour ces données macro, la conjoncture économique en Europe et politique et géopolitique au sud et à l’est de la Méditerranée, les taux de croissance économique devraient se situer entre 2,5% et 4,5%/ an pour l’ensemble des pays avec une économie marocaine comparativement la plus performante, et la libanaise la moins performante. De la même manière S&P voit le crédit bancaire marocain croître entre 3 et 5% en 2015 et un développement des opportunités en Afrique.
Enfin contrairement aux situations bancaires tunisiennes et égyptiennes, S&P voit le secteur bancaire marocain comme ayant fortement contrôlé "la formation des mauvais prêts" et indique que Bank al Maghrib a commencé à demander au secteur bancaire l’application des règles prudentielles de Bâle III.
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