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Les associations de défense de l’enfance écoeurées après le jugement du pédophile de Marrakech

La peine de deux ans de prison soulève l’indignation des associations de défense de l’enfance, qui la jugent laxiste. Le prévenu a écopé du minimum requis par le Code pénal.  

Les associations de défense de l’enfance écoeurées après le jugement du pédophile de Marrakech
Houda Outarahout-M.
Le 17 juillet 2014 à 15h45 | Modifié 17 juillet 2014 à 15h45

 « C’est une honte, un scandale ! », s’emporte Tourya Bouabid. Aucun terme ne semble pas assez fort pour traduire l’indignation de la fondatrice de l’Amesip, association de défense des droits de l’enfance, à l’évocation de la condamnation du pédophile de Marrakech.

Cet épicier a en effet été pris en flagrant délit d’abus sexuel sur un mineur de 10 ans et écopé mardi 15 juillet au soir d’une peine de deux ans de prison prononcée par le tribunal correctionnel de Marrakech et d’une amende de 10.000 DH de dédommagement adressée à la famille de la jeune victime.

Face à un tel verdict, les associations ne cachent pas leur écœurement. « Lorsque l’on a des preuves réelles [du délit], on ne peut pas condamner à deux ans de prison ! Soit nous donnons de vraies peines, soit nous les acquittons ». Affligée, la militante Tourya Bouabid préconise dans ce type d’affaire « l’emprisonnement à perpétuité » car la récidive est encore trop fréquente lorsque les condamnations « sont aussi laxistes », indique-t-elle. L’histoire le démontre ! Et d’ajouter que de telles peines n’inciteraient pas à dénoncer de potentiels pédophiles… Se dirigerait-on vers une société défaitiste et fataliste ? La militante le craint et souligne qu’une telle dérive naît de l’inadéquation des condamnations.

Une peine minime condamnable

Dans cette affaire sordide, filmée et relayée par de nombreux médias, la justice s’est manifestement montrée clémente. Le tribunal correctionnel de Marrakech instruisant le dossier a en effet prononcé la peine la plus « légère » prévue à l’article 484 du Code pénal. La juriste Nezha El Azarifi rappelle à cet effet que cet article stipule « que l'attentat à la pudeur consommé ou tenté sans violence sur mineur de moins de dix-huit ans est puni de l'emprisonnement de deux à cinq ans, il est donc qualifié de délit et relève du ressort du tribunal correctionnel ». Elle précise par ailleurs que dès lors que « la victime est âgée de moins de 18 ans et du moment que cet acte - aussi affreux soit-il - est commis sans violence, il est alors régi par les dispositions de l'article 484 du code pénal ».

De tels crimes « abîment des vies et des foyers » renchérit Tourya Bouabid. Un avis partagé par la juriste qui déclare sans ambages que compte tenu du « caractère aberrant de ce genre de crime et l'impact qu'ils peuvent avoir sur la famille et la société il faudrait songer à revoir le texte et à instaurer des peines plus sévères et donc plus dissuasives ».

A défaut d’un remaniement juridictionnel, les associations se mobilisent « comme [elles] peuvent », signalent la fondatrice de l’Amesip. Certes, ces dernières ne peuvent pas se substituer à la justice, néanmoins au sein de la fondation « nous mettons des avocats à disposition de ces jeunes victimes, souvent issues de milieux très modestes, nous les accompagnons du mieux que nous pouvons pour soulager les enfants, nous militons pour toujours plus de vigilance au sein de la société et des familles car l’essentiel c’est de tirer les enfants des griffes de ces prédateurs ! », conclut Mme Bouabid. Une action indispensable, seule rempart devant la faillite de la justice.


 

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Houda Outarahout-M.
Le 17 juillet 2014 à 15h45

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