Pays africains partenaires du Maroc: des perspectives de croissance stables
Les pays d’Afrique francophone, malgré leurs faiblesses, présentent des perspectives stables. La plupart d’entre eux ont bénéficié d’allègements de leur dette et certains présentent des taux de croissance très soutenus.
Dans son dernier rapport concernant le rating de l’Afrique subsaharienne paru le 9 juillet, l’agence de notation Standard and Poor’s évalue la notation souveraine de 18 pays africains, dont 6 pays francophones (Burkina Faso, Cameroun, Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa, Gabon et Sénégal), soutenue par les perspectives économiques qu’anticipent les experts de l’agence.
Le Maroc a l’ambition clairement affichée de devenir un hub pour l’Afrique francophone. Il multiplie les partenariats avec certains pays tels que la Côte d’Ivoire ou le Gabon et les échanges commerciaux sont appelés à se développer.
Les perspectives économiques de ces nouveaux partenaires revêtent une importance particulière dans le cadre de cette nouvelle orientation stratégique
D’un point de vue général, 5 des 6 pays francophone appartiennent à la catégorie de notation « B », le Gabon étant le seul pays dans la catégorie des « BB », mais tous ont des perspectives stables. Ces économies sont caractérisées par :
-un manque d’efficacité des institutions et de gouvernance,
-une structure économique encore fragile,
-un manque de flexibilité monétaire.
En revanche, ces pays ayant pour la plupart bénéficié d’allègement de leur dette publique, le poids de celle-ci n’est plus un handicap.
Une croissance renforcée mais source de déficits
Les perspectives de croissance pour 2014 et 2015, soutenues par la demande et une amélioration de la stabilité politique, sont encourageantes avec un taux de croissance compris entre 4,5% pour le Congo-Brazzaville à 7,8% pour le Congo-Kinshasa selon les estimations pour 2014.
En revanche, le déficit budgétaire de l’Etat reste au dessus des 3% pour la plupart des pays francophones, à l’exception du Gabon et du Congo-Kinshasa qui bénéficient d’une rente pétrolière et minière.
De même, le déficit courant n’est modéré (inférieur à 4%) que dans 2 pays, le Cameroun et le Congo-Brazzaville, et atteint même 12% du PIB au Gabon. En effet, la croissance qui s’est renforcée ces dernières années exerce plus de pression à la fois sur la balance des paiements à travers une plus forte demande pour les biens de consommation et d’investissement importés et sur le budget de l’Etat à travers une demande accrue d’infrastructures et de dépenses sociales.
Ces déficits jumeaux génèrent donc un besoin accru de financement alors que dans le même temps les financements concessionnels accordés à ces pays sont en diminution du fait des effets de la crise sur le volume de l’aide internationale et de l’amélioration de la situation économique de ces pays qui les rend inéligibles (pour certains) aux dons.
Ces pays sont donc contraints de trouver d’autres sources de financement et certains sont même parvenus à lever des fonds sur le marché international de la dette, c’est notamment le cas du Sénégal et du Gabon.
Forces et faiblesse de chacun des 6 pays
Le Burkina Faso est caractérisé, selon S&P’s, par une faiblesse institutionnelle ainsi qu’une grande vulnérabilité aux chocs extérieurs. Mais il bénéficie d’un soutien continu des bailleurs de fond et de flux d’investissements directs étrangers soutenus.
Le Cameroun ne devrait connaître au cours des 12 prochains mois, selon S&P’s, ni une amélioration de ses indicateurs de gouvernance, ni une réduction de ses déficits jumeaux. En revanche, il jouit d’une stabilité monétaire et sa dette publique et extérieure reste à un niveau relativement bas, bien que croissant.
Le Congo-Brazzaville a des perspectives de croissance forte soutenue par l’investissement public dans les infrastructures et les investissements étrangers dans les secteurs minier et pétrolier. Mais le risque politique et institutionnel et la dépendance au pétrole restent, selon S&P’s, une source de vulnérabilité.
Le Congo-Kinshasa est marqué par sa très faible efficacité institutionnelle. Le déséquilibre extérieur bien qu’élevé (le déficit du compte courant frise les 10%), devrait s’améliorer avec le renforcement de la croissance et des investissements dans un pays très riche en ressources.
Le Gabon bénéficie d’une croissance économique rapide (supérieure à 6% en moyenne depuis 2010), d’une légère amélioration de la qualité des investissements publics et d’un excédent de la balance courante. Mais l’économie gabonaise reste très dépendante au pétrole.
Le Sénégal devrait pouvoir sensiblement améliorer sa trajectoire de croissance si les niveaux d’investissements escomptés sont effectifs. Mais il devra dans le même temps respecter les engagements pris avec le FMI pour réduire ses déficits (le déficit budgétaire étant supérieur à 5% depuis 2009).
Voir au-delà de l’Afrique Centrale et de l’Ouest
Au-delà de l’Afrique de Centrale et de l’Ouest francophone, d’autres pays du continent présentent des opportunités de partenariat économique pour le Maroc. C’est notamment le cas du Rwanda. Ce pays connaît une trajectoire de croissance soutenu depuis plusieurs années et les perspectives pour 2014-2017 font état d’une croissance égale ou supérieure à 7%.
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