Lorsque Benkirane boycotte Danone
POPULISME. Chaque week-end, Abdelilah Benkirane se lâche. A priori, il met sa casquette de chef de parti. En réalité, il expose aussi la politique du gouvernement, explique et met en avant les décisions de celui-ci.
Il n’est pas seulement chef de parti. Il n’est pas chef de gouvernement. Il est le chef du parti qui dirige le gouvernement.
Il rebondit sur l’actualité, politique, économique et sociale. D’une manière assez didactique, il retrouve ses accents de professeur pour exposer les faits, avec des raccourcis parfois surprenants. Ce samedi, il était à Agourray. Son auditoire apprend par exemple ce qu’est une notation souveraine pour un pays ou encore qu’il est nécessaire de limiter le déficit budgétaire… "sinon nous nous retrouverions sous la coupe du FMI".
Il explique les décisions. Par exemple, en ce moment, c’est la hausse des prix. Non, "je" n’ai pas augmenté les prix du lait, ni du yaourt. Ces prix sont libres et les sociétés qui les produisent ont le droit de les augmenter. Par contre, "j’ai" augmenté les prix de l’essence, du gasoil et du fuel, d’ailleurs d’une manière limitée, pour préserver "notre" budget.
On peut comprendre que lors d’un meeting politique, il est difficile de rentrer dans la complexité des analyses économiques et des concepts. Benkirane survole et on ne peut lui en tenir rigueur. Mais Benkirane ne résiste jamais à la tentation du bon mot. Benkirane aime le peuple et veut être aimé. Alors qu’il était parti pour parler de caisse de compensation, de fuel et de subventions, le voilà qui parle de "danone".
Non, pas la marque. Pas "Danone". Juste le "danone", un générique bien marocain pour dire yaourt.
Le Benkirane en question, mi chef du gouvernement, mi chef de parti, mais à 100% populiste, explique que le prix du danone a augmenté et qu’il a vu sur youtube un appel à boycotter ce produit par périodes de dix jours et qu’il avait décidé de le suivre. "Et vous, vous ne savez pas fabriquer du lait caillé chez vous?"…
Bref, le Maroc est l’un des rares pays au monde où un chef de gouvernement appelle à boycotter le produit d’une multinationale qui a investi quelques centaines de millions d’euros. Mais il dira qu’il avait mis sa casquette de chef du PJD. Une ambivalence bien pratique.
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