Visé par les mesures antidumping, Portucel Soporcel riposte
L’audience publique sur les mesures antidumping visant le producteur de papier A4 Portucel Soporcel a eu lieu le 19 mai au ministère du Commerce extérieur. A cette occasion, il a avancé ses arguments visant à prouver que la décision marocaine est inefficace.
Suite à l’audience publique organisée le 19 mai par le ministère délégué chargé du Commerce extérieur (MDCCE) pour statuer sur les mesures antidumping prises à titre temporaire sur les importations de papier A4, l’exportateur portugais Portucel Soporcel, visé par ces mesures, expose dans un communiqué les arguments de sa défense présentés lors de l’audience.
Portucel se défend d’être un exportateur opportuniste
Portucel fait valoir les relations commerciales qu’il entretient depuis plus de 10 ans avec le Maroc ainsi que ses capacités d’écoute et d’adaptation vis-à-vis de la clientèle marocaine.
Il a également expliqué que le papier produit par Med Paper, le producteur marocain à l’origine de la plainte pour dumping, n’était pas le même que celui qu’il exportait et que par conséquent les deux entreprises n’étaient pas concurrentes.
Selon Portucel, ses exportations de papier A4 ne seraient en rien responsables des difficultés mises en avant par Med Paper pour justifier le dommage causé par le dumping supposé, celles-ci trouvant leur origine dans les problèmes structurels de l’entreprise marocaine.
La mesure d’antidumping va également pénaliser le Maroc
Dans la mesure où, selon Portucel, le papier importé est différent de celui produit sur place, cette mesure n’aura que deux impacts possibles :
- faire payer son produit plus cherau consommateur marocain, sans stimuler pour autant la production national de Med Paper ;
- ouvrir le marché marocain à des importations en provenance d’autres pays, peut-être plus opportunistes que Portucel, ne faisant ainsi que déplacer le problème vers un autre exportateur.
L’antidumping ne doit pas servir de mesures de protectionnisme déguisé
Portucel a enfin fait valoir que les mesures antidumping ne doivent pas être utilisées pour «protéger illégitimement des entreprises qui n'ont pas fait les efforts nécessaires pour s'adapter aux nouvelles exigences du marché pour se mettre à niveau durant toutes les années de démantèlement douanier afin de s’adapter aux exigences du marché».
Et toute la problématique des requêtes antidumping qui fleurissent est là : beaucoup d’entreprises n’ont pas su se préparer à l’ouverture commerciale du pays. Résultat : comme le souligne le Conseil économique social et environnemental (CESE) dans son rapport sur la cohérence des politiques sectorielles, le Maroc est en déficit commercial avec tous les pays avec lesquels il a signé des accords de libre-échange.
La balle est maintenant dans le camp du MDCCE. Mais le Maroc poursuit désormais une stratégie résolument tournée vers le commerce international et il doit en accepter les règles du jeu.
Cela n’exclut pas de mettre en place certaines protections : la récente étude du CESE révélait que le Maroc était l’un des marchés où il y a le moins de barrières à l’entrée, et qu’il était urgent de mettre en place des normes à l’entrée pour garantir la qualité et le sérieux des importations qui arrivent sur le marché marocain. Cependant, cela doit se faire sur une base consensuelle et règlementaire et non au coup par coup dans un climat passionnel.
À découvrir
à lire aussi
Article : La météo de ce mardi 5 mai 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le mardi 5 mai 2026, établies par la Direction générale de la météorologie: - Temps assez chaud sur l’intérieur des […]
Article : Narjiss Mossadeq, ou comment transformer une ménopause précoce en mission
Après des années de symptômes inexpliqués et de consultations sans réponse claire, l’ancienne professionnelle du marketing s’est formée au coaching hormonal. Le 14 mai 2026 à Rabat, elle coanimera une conférence dédiée à la périménopause, aux côtés de deux médecins spécialistes.
Article : Casablanca : le tribunal civil débordé, le ministre de la Justice interpellé
Saisie par une députée du PJD, Abdellatif Ouahbi doit répondre aux critiques visant les files d’attente, les retards de paiement des frais judiciaires et les lenteurs dans les dossiers d’exécution, alors que les avocats décrivent une situation de plus en plus tendue sur le terrain.
Article : Lancement du programme “Rabat, capitale arabe de l’information”
Rabat a officiellement lancé le programme "capitale arabe de l’information 2026", marqué par une conférence internationale réunissant des professionnels des médias arabes au SIEL.
Article : Conseil national de la presse : la réforme adoptée à la Chambre des représentants
Approuvé lundi 4 mai 2026 au soir par 70 voix contre 25, le projet de loi 09.26 prévoit notamment de revoir les mécanismes de gouvernance et de représentation au sein de l’instance d’autorégulation.
Article : Grande distribution : Retail Holding absorbe LabelVie et prépare son entrée en Bourse
Sous réserve des visas de l’AMMC et du feu vert des assemblées générales extraordinaires, l’opération doit se traduire par une parité d’échange de huit actions nouvelles pour onze anciennes, avec l’ambition de porter le nouvel ensemble à 47 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’horizon 2030.