Actis et Amendis à Tanger : décision reportée, discussions en coulisses
L'entrée du fonds d'investissement Actis chez le distributeur d'eau et d'électricité tangérois Amendis a disparu de l’ordre du jour du conseil communal de Tanger quelques heures avant le début de la séance.
Même si le sujet a disparu des discussions qui devaient se tenir au conseil de la ville de Tanger lundi 19 mai, le dossier Actis reste toutefois discuté en coulisses.
Une importante partie des élus, un peu moins de la majorité des 85 édiles, refuse d'approuver de manière inconditionnelle la sortie de Véolia et l'entrée d'Actis "avant que la société française ne laisse à la ville les montants qui devaient être investis selon le cahier des charges et qui ne l'ont pas été" indiquent plusieurs élus. Le dossier est jugée « très opaque » par nombre d’élus.
Les élus critiquent les hausses de la tarification depuis plus de 10 ans. Amendis fait l'objet de vives contestations par les associations de quartiers et les associations de consommateurs à Tanger -et à Tétouan- depuis plusieurs années. Amendis sert plus d’1,5 million de clients sur la région ainsi que les zones industrielles. Elle a été l’une des cibles importantes des manifestants du mouvement du 20-février à Tanger et à Tétouan.
A Tanger, des élus demandent également une révision des comptes de la société et un nouveau contrôle des facturations entre entreprises de Véolia pour divers services et rémunérations "abusives" signalés par la Cour des comptes dans ses rapports. Les estimations varient de 25 à 50 MM DH pour les investissements qui devaient être réalisés entre 2002 et 2012 et qui ne l’auraient pas été.
Le contrat entre Amendis et les villes de Tanger et de Tétouan est entré en vigueur en janvier 2002 pour une durée de 25 ans. Il prévoyait la possibilité pour Véolia de sortir après 11 ans de gestion déléguée. A l'époque, le tour de table comprenait une nouvelle filiale de l'ancien groupe ONA, Nareva, dont l’ambition était d’acquérir un savoir-faire dans la gestion déléguée des services municipaux d’eau, d’électricité et d’assainissement. Le fonds Actis est dirigé par l’ancien directeur général de l’ONE Younès Maâmar qui a conduit cette opération de rapprochement entre Véolia et Actis sur le marché marocain.
Pour l'instant, les tractations pour sortir de cette impasse et finaliser la sortie de Véolia et l'entrée d'Actis n'ont pas abouti auprès des élus qui n’ont pas été consultés au départ des négociations entre Actis et Véolia.
En revanche, Actis et Véolia ont finalisé les termes financiers de leur transaction. Si Véolia est cotée à la bourse de Paris et fait partie du CAC 40, Actis, basé à Londres, à une prédilection pour les investissements dans les infrastructures et l’énergie. La transaction entre ces deux multinationales a été valorisée à 370 M d’euros en mars dernier, soit un peu plus de 4 MM DH. La transaction ne peut prendre effet sans accord des autorités délégantes.
Médias 24 a pu apprendre qu’à ce jour, « les élus du conseil communal de Tanger n’ont reçu aucun document officiel sur ce dossier Actis-Véolia ».
Maintenant, il s’agirait pour le ministère de l’Intérieur et certains partis politiques de convaincre les élus d’autoriser le deal passé entre Actis, Véolia et l’Intérieur. La bataille s’annonce impossible « si des efforts ne sont pas faits en matière d’investissements et de tarifs » indique un conseiller communal.
Comme Amendis à Tanger et Tétouan, la Rédal, ses actionnaires et les élus de Rabat sont concernés par la sortie de Véolia et l’arrivée d’Actis dans la gestion déléguée des services municipaux d’eau, d’électricité et d’assainissement. Sur ces quatre villes, ainsi que Témara et Asilah par exemple, Amendis et Rédal servent plus de 3 millions de clients.
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