Des producteurs de cinéma demandent une meilleure desserte aérienne de Ouarzazate
Des sociétés de production cinématographique déplorent le manque de liaisons aériennes vers Ouarzazate. Le vol quotidien, annoncé fin 2013, ne sera lancé que lorsque le ministère des Finances aura débloqué la subvention. La ville se contente de 3 vols hebdomadaires.
«Le Maroc et son gouvernement déploient de grands efforts pour encourager le tournage des films au Maroc, mais le manque des vols de la RAM vers et de la ville de Ouarzazate pénaliserait grandement cette stratégie», lance dans une lettre adressée «à qui de droit» K Films, une société qui assure, souvent à Ouarzazate, la production exécutive des projets étrangers de films, séries… La démarche est manifestement coordonnée car plusieurs sociétés de production ont rendues publiques des lettres ouvertes similaires.
Malgré les promesses du ministère des Transports, la desserte quotidienne, annoncée en grande pompe en décembre dernier, n’a toujours pas vu le jour. Le nombre de vols n’a pas bougé d’un iota depuis plusieurs années: 3 vols hebdomadaires, dont les tarifs restent relativement chers - à partir de 1.600 DH. «Ceci oblige toutes les productions anglaises et américaines, avec lesquelles je travaille, à faire voyager équipe de techniciens et acteurs vers Marrakech, car les billets sont moins chers vers cette destination», souligne K Films, qui envisage d’entamer dès le mois prochain deux autres tournages qui dureront plus de six mois.
Le producteur américain Hieroglyph a signé, à son tour, une lettre datée du 8 mai où il insiste sur la nécessité de lancer un vol quotidien afin de pallier l’isolement de la ville. Idem pour l’anglais Red Planet Pictures qui est monté au créneau dans une lettre où il qualifie la ville de «fantastique», mais où la production s’avère particulièrement coûteuse, en raison notamment du manque des liaisons aériennes.
Ces lettres interviennent cinq mois après l’accord de partenariat conclu entre le ministère de l’Equipement et du Transport, le ministère de l’Economie et des Finances, la Direction générale des collectivités locales, le Conseil régional Souss Massa Drâa et la compagnie Royal Air Maroc. Cinq mois durant lesquels les différentes parties ont fait la sourde oreille aux réclamations des professionnels de la ville. Contactée par Médias 24, une source autorisée au sein de Royal Air Maroc nous explique que «le ministère des Finances n’a pas encore signé la convention, et tant que les subventions n’ont pas été débloquées, ces vols ne verront pas le jour».
En effet, depuis la signature du contrat programme en 2011, la compagnie nationale conditionne le lancement de certaines lignes aux subventions destinées à couvrir ses pertes d’exploitation. En clair, en l’absence de subventions, une ligne déficitaire doit être supprimée. Sauf que cette règle n’est pas toujours de mise. En août dernier, deux lignes, pas très rentables du reste, ont été lancées vers Hoceima et Tétéouan bien qu’aucune convention n’ait été signée avec le département de Mohamed Boussaid. «Ces deux lignes seront supprimées en juin si la convention n’est pas signée», rétorque notre source à Royal Air Maroc.
Une politique qualifiée de «deux poids, deux mesures» qui suscite l’ire des acteurs du tourisme de Ouarzazate. «On comprend la position de la compagnie, mais comment pourrait-on interpréter cette réticence à géométrie variable», s’interroge Zoubir Bouhoute, directeur du Conseil provincial du Tourisme. La même politique que RAM pratique au niveau des prix, selon notre interlocuteur: «Le prix des vols prévus pour Ouarzazate est de 1.200 DH, soit le même que celui pratiqués pour les vols de Dakhla. Les tarifs ne sont-ils pas tributaires de la distance?».
Nos nombreuses tentatives de joindre le ministère des Finances n’ont pas abouti. Pendant ce temps, l’activité touristique de la ville, qui tente tant bien que mal de tirer son épingle du jeu, reste prisonnière d’un cercle vicieux.
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