L’amélioration des conditions de travail pour lutter contre l’absentéisme parlementaire?
Le nouveau président du parlement veut lui aussi lutter contre l’absentéisme chronique des députés marocains. Prenant le contrepied de son prédécesseur Karim Ghellab qui voulait sévir contre ce fléau, Rachid Talbi Alami veut y remédier à sa manière.
Afin d’inciter les députés à une plus grande assiduité, il faut les motiver ou plutôt, supprimer quelques facteurs de démotivation. Rachid Talbi Alami cible les conditions de travail, pour les mettre “aux standards internationaux“.
Lundi 5 mai, Rachid Talbi Alami a réuni les présidents des groupes parlementaires pour discuter des moyens susceptibles d’améliorer leur productivité et mettre fin à l’absentéisme. Parmi les pistes soulevées, le transport, surtout pour les députés venus de circonscriptions éloignées de la capitale.
Il a ainsi évoqué la signature d’une convention avec la RAM qui assurera le transport aérien des députes avec des réductions conséquentes sans plus de précisions. Une deuxième convention pourrait être conclue avec l’ONCF afin d’augmenter le nombre de bénéficiaires parlementaires de la carte de gratuité de train ainsi qu’une autre avec Autoroutes du Maroc qui accordera aux élus des cartes de péage gratuites. Les députés devraient également bénéficier de forfaits kilométriques de carburant ainsi que de séjours hôteliers de trois jours par semaine à Rabat avec là aussi des réductions importantes. Le tout payé par la Chambre des Représentants.
Arguant que le parlement est en position de force pour négocier des prix préférentiels pour près de 400 élus, Rachid Talbi Alami a affirmé aux présidents des groupes parlementaires que cela devrait permettre de faire des économies à la Chambre. Il leur a également assuré que les tarifs obtenus s’appliqueront aussi au logement des délégations de parlementaires étrangers à moindres coûts.
En même temps qu’était mené ce travail d’échanges et de réflexion autour des conditions de travail, de transport et de séjour à Rabat, une information non confirmée a circulé, notamment sur des médias, évoquant une hausse des indemnités des députés de 4.000 dirhams par mois. Destinée aux 395 élus, cette hausse de leurs traitements aurait en effet coûté la bagatelle de 19 millions de dirhams par an à la chambre basse, si elle était confirmée.
Contactée par notre rédaction, Milouda Hazib présidente du groupe parlementaire d’opposition du PAM, dément formellement cette augmentation de 4.000 dirhams et nous rappelle qu’elle a déjà été proposée en 2012 et 2013, selon elle par Karim Ghellab. Elle affirme que c’est le groupe PJD qui s’était opposé à son application et assure que malgré les annonces de plusieurs médias, la position du parti de la lampe n’aurait pas changé à ce sujet.
Elle nous déclare aussi que les mesures proposées par le président du parlement ne sont absolument pas dictées par un objectif de lutte contre l’absentéisme des élus mais simplement par le souci de se mettre au diapason des standards de travail internationaux au niveau parlementaire.
A l’appui de ses dires, Milouda Hazib avance que partout ailleurs dans le monde, les députés disposent d’un bureau, d’un staff, d’une assistante, de voiture et d’indemnités pour les frais imprévus. Le Maroc serait ainsi très en retard car les élus manquent de tout même de chaises pour s’asseoir et c’est ce manque de moyens basiques qui explique l’absentéisme chronique des élus selon elle.
Elle conclut son propos en affirmant que les futurs avantages en nature qui seront attribués aux députés ne sont qu’au stade de discussion et que le bureau du parlement présidé par Rachid Talbi Alami reste le seul décisionnaire.
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