Une enquête sur la perception des futurs services bancaires islamiques au Maroc
Les Marocains seraient intéressés par la finance islamique, mais celle-ci séduit plus les particuliers que les PME. Décryptage de la première étude indépendante sur ce mode de financement dont l’adoption est imminente au royaume.
Une recherche sur le potentiel de développement de la finance islamique a été rendue publique ce jeudi 24 avril. Dans celle-ci, Reuters, l’Institut islamique de recherche et de formation (Banque islamique de développement), le cabinet conseil Zawya ainsi que l’Islamic finance advisory and assurance services (IFAAS) ont mené une étude de terrain sur un échantillon de plus de 800 personnes âgées de 18 à 55 ans et réparties sur 7 villes du Royaume. Sur ce panel, 54% des interrogés ne disposent pas de compte bancaire et n’ont aucun lien avec le système bancaire.
La principale raison à cela, est l’irrégularité de leurs revenus et/ou son niveau très bas.
A la question “savez-vous si, parmi les produits bancaires actuels, certains répondent aux principes de la Charia?”, 85% déclarent qu’ils n’en savent rien. 76% pensent, cependant, que l’intérêt est interdit en Islam. En outre, parmi les clients des banques, 64% ont exprimé leur gêne à utiliser des produits bancaires contraires aux préceptes du culte musulman.
Des 800 personnes, 98% ont manifesté leur intérêt envers les produits compatibles avec la Charia. 84% de cette majorité écrasante gardent un œil sur leur poche et espèrent, tout de même, que les produits islamiques puissent présenter une opportunité économique et soient moins coûteux, mais 43% ont conclu que même si ces produits sont plus chers ils ouvriraient un compte bancaire dans un établissement islamique. Plus catégoriques, 30% ont déclaré qu’ils n’utiliseront plus que des comptes islamiques.
La moitié des interrogés restent bien pointilleux et demanderont à l’établissement bancaire des preuves, attestation d’Imam à l’appui, pour être sûrs que les produits auxquels ils souscriront répondent parfaitement aux règles de la Charia.
Quant aux entreprises questionnées, leur réaction a été sans amalgame. Celles-ci n’iront contracter un produit islamique que s’il est moins cher que les produits classiques, sa compatibilité avec les règles de l’Islam ne jouant que peu dans leur prise de décision.
Par ailleurs, les enquêteurs ont fait le tour de quelques institutions du Royaume, aussi bien privées que publiques.
Interrogée sur les modèles de développement qu’elle encouragerait, Bank Al Maghrib a affirmé que les joint-ventures entre banques marocaines et investisseurs étrangers seraient préconisées. La Banque populaire, elle, a déjà choisi le nom de son nouvel établissement, nous apprend l’étude, et a même déjà mis en place son réseau commercial. En plus, le partenaire institutionnel de BP pour sa filiale islamique aurait déjà été choisi.
Par ailleurs, une enquête interne de la banque avait conclu, à l’instar de cette étude, que les entreprises sont moins intéressées que les particuliers. Banque populaire a, selon le document, déjà démarré son programme de formation du personnel en matière de la finance islamique.
Quant au ministère des Habous, il est en train de moderniser la gestion de ses 51.000 unités immobilières et foncières afin de les valoriser selon les principes de la finance islamique. Le ministère est selon certaines sources, en train de chercher des fonds d’investissement pour accomplir la tâche.
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