En attendant le 1er mai, Benkirane reprend le dialogue social
Abdelilah Benkirane a tenu mardi 15 avril trois réunions-marathons à Rabat avec les délégations de l'UGTM, de l'UNTM et du front syndical UMT-CDT-FDT. Le dialogue social va-t-il aboutir ou faut-il y voir une tentative gouvernementale de gagner du temps avant le chiffon rouge du 1er mai ?
Ces réunions qui s'inscrivent dans le cadre de la reprise du dialogue social en panne depuis deux ans, avaient pour objectif d'examiner les revendications des représentants de la classe ouvrière. Etrangement, le ton a changé car tout récemment encore, le gouvernement et les syndicats s’affrontaient à tour de rôle en se traitant de noms d’oiseaux.
Gouvernement et partenaires sociaux réconciliés ?
Mohamed Mobdii,ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la modernisation de l'administration a affirmé que les rencontres se sont déroulées dans un «climat empreint de maturité et de responsabilité afin de parvenir à un compromis pour garantir la paix sociale.»
Le secrétaire général de l'UMT, Miloudi Moukharik, a déclaré que les syndicats ont remis sur la table le mémorandum revendicatif de la classe ouvrière marocaine qui porte sur l'augmentation des salaires, du SMIG, des pensions des retraites ainsi que sur des revendications catégorielles.
Le secrétaire général de la CDT, Abdelkader Zayer, a souligné qu'il a été convenu de poursuivre les rencontres dans le but de parvenir à un accord d'ici le 1er mai prochain.
Le secrétaire général de la FDT, Abderrahman Azzouzi, a qualifié de «positives» les discussions faisant savoir que d'autres réunions seront tenues dans les plus brefs délais.
Toujours dans le cadre du dialogue social, le chef du gouvernement a tenu plus tard dans la journée, deux autres réunions avec les délégations de l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et de l'Union nationale du travail au Maroc (UNTM).
A la sortie de sa réunion, le patron de l'UGTM, Mohamed Kafi Cherrat, a indiqué que cette réunion a été l'occasion d'exposer les revendications de son syndicat relatives au soutien au pouvoir d'achat, à la non-application de l'indemnisation pour perte d'emploi, à la protection des libertés syndicales et la suspension de la réforme du régime de retraite qui doit englober tout le système de retraite.
Il a ajouté que M. Benkirane avait promis qu'une réunion aura lieu avant le 1er mai afin d'apporter une réponse aux revendications syndicales et que cette rencontre constitue une réponse pratique à ses doléances.
Sans surprise, le bras syndical du PJD a qualifié par la voix de son chef, Mohamed Yatim, la rencontre de positive et franche qui a été l'occasion de souligner la nécessité de poursuivre le dialogue social. Il a évité d’embarrasser le PJD en espérant voir ce dialogue aboutir d’ici fin avril sur une déclaration commune entre le gouvernement et les centrales syndicales.
Contactés par notre rédaction, les dirigeants syndicaux nous ont affirmé être optimistes et ne pas vouloir mettre de l’huile sur le feu par des déclarations intempestives. Il n’en reste pas moins que l’un d’entre eux nous a déclaré sous couvert d’anonymat qu’il ne voulait pas gêner ses partenaires mais que les promesses gouvernementales n’engagent que ceux qui veulent y croire.
Un étrange timing
Il faut croire que les partenaires sociaux ont été conquis par le chef du gouvernement qui a promis d’accéder à leurs revendications «sous peu». A cet égard le ministre du travail, Abdeslam Seddiki a quant à lui jugé que les doléances des syndicats étaient «légitimes et réalisables» tout en affirmant que leur «concrétisation impacterait négativement le budget de l’Etat». L’optimisme soudain des responsables gouvernementaux et des syndicats détonne cependant avec les récentes déclarations de Mustapha El Khalfi, ministre de la communication qui affirmait qu’elles étaient «irréalisables».
La proximité de la Fête du travail le 1e mai prochain qui jusqu’alors promettait d’être chaude sur le plan social a certainement joué dans le changement de ton d’Abdelillah Benkirane. Ce dernier a semble t-il trouvé les mots justes pour caresser les syndicats dans le sens du poil même si ce revirement pose la question légitime de savoir si ce n’est qu’une façon de s’épargner une démonstration de force le 1e mai prochain.
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