Réponses aux questions sur les nouveaux prix des médicaments
Les internautes s’enflamment après la publication de la liste complète des médicaments concernés par la baisse des prix au Maroc, révélant que le Viagra passe de 400 à 200 DH alors que le Doliprane reste au même prix. Le mode de fixation des prix répond à plusieurs critères.
L’intérêt d’une baisse des prix des médicaments fait suite aux conclusions tirées de trois rapports qui font état, unanimement, de la cherté du prix du médicament au Maroc. Il s’agit :
-de l’enquête sur les prix des médicaments datée de 2004 réalisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en partenariat avec le ministère de la Santé,
-d’un rapport de la mission d’information sur le prix du médicament (PPM) publié le 3 novembre 2009,
-de l’étude de la « concurrentiabilité » du secteur de l’industrie pharmaceutique effectué par le Conseil de la concurrence en 2010.
Les conclusions de ces trois rapports peuvent être résumées ainsi :
-le prix des médicaments au Maroc est anormalement élevé, quel que soit le critère de comparaison choisi et la catégorie de médicaments,
-la problématique du prix des médicaments constitue une vraie barrière à l’accès des citoyens aux soins,
-il est possible de baisser rapidement et de manière significative les prix des médicaments au Maroc et leur coût pour la collectivité nationale en appliquant un ensemble de mesures qui dépendent essentiellement des autorités publiques.
Dès lors, il est devenu urgent de trouver le cadre adéquat pour la fixation des nouveaux prix des médicaments en vente dans les officines. Et ce n’est qu’au terme d’une longue concertation et de négociations avec les syndicats et les organisations professionnelles que le décret final a abouti, prenant en compte les pratiques préconisées par l’OMS.
Deux principes majeurs conditionnent la fixation des nouveaux prix :
-pour les princeps, qu’ils soient fabriqués localement ou importés, leur prix fabricant doit correspondre au prix du médicament le plus bas dans les pays retenus pour le benchmark, à savoir l’Arabie Saoudite, la Belgique, l’Espagne, la France, la Turquie, le Portugal ou le pays d’origine du médicament quand ce dernier n’existe dans aucun des pays cités.
-les médicaments génériques ou bio-similaires seront quant à eux soumis à la règle de décrochage, en appliquant un taux minimum de réduction entre le princeps et le générique, dans le respect de la règle selon laquelle le prix du générique ou du bio-similaire ne peut excéder celui de son princeps. Ainsi, selon les paliers de prix des princeps, l’écart minimal de prix entre les princeps et leurs génériques est compris entre 0% (lorsque le prix fabriquant HT du princeps est inférieur à 15 DH) à 50% lorsque ce même prix excède 300 DH.
Le même décret nous apprend que désormais, la marge du pharmacien sera calculée sur la base du prix fabriquant hors taxes (PFHT). Elle sera, après l’entrée en vigueur du texte, de 57%, tandis que la marge du grossiste sera, elle de 11%. En d’autres termes, rapportée au prix de vente final, la marge du pharmacien sera de 34% sur le prix hors taxes pour les produits dont le prix de vente est inférieur ou égal à 300 DH, et d’environ 30% en ce qui concerne les produits vendus entre 300 et 1.000 DH TTC.
La marge du grossiste restera quasiment inchangée, elle oscillera entre 6,5 et 7% sur le prix de vente HT.
Au-delà, la marge du grossiste stagnera à 2% du PFHT et le pharmacien touchera un forfait de 300 DH pour chaque médicament dont le prix de vente est compris entre 1.000 et 3.000 DH et un forfait de 400 DH au delà.
Il est à noter que ces révisions sont appliquées à tous les produits commercialisés en pharmacie. Le calcul de la moyenne du benchmark conduit donc souvent à des écarts importants entre les prix des produits avant et après calcul conformément au décret.
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