Les défenseurs de l’amazighité montent au créneau contre le lobby arabisant
L’Observatoire amazigh des droits et libertés répond fermement à la proposition de loi lancée par le PJD pour le renforcement du statut de la langue arabe au Maroc, au détriment de la langue amazighe dont la loi organique tarde à arriver.
Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane qui avait déclaré plus tôt que l’adoption de la loi organique sur l’officialisation effective de la langue amazighe figurait parmi ses priorités, ne sait plus où donner de la tête.
Le groupe parlementaire PJD a émis une proposition de loi pour asseoir la suprématie de la langue arabe, au moment où le débat sur l’officialisation de la langue amazighe est mis en sourdine.
Les militants amazighs s’offusquent, ils voient en cette proposition de loi une tentative de renvoyer aux calendes grecques le projet sur l’officialisation de la langue. Qui, « d’après les récents discours royaux, figure parmi les quatre affaires prioritaires » rapporte un communiqué de l’Observatoire amazigh des droits et libertés.
La proposition du PJD parle de « protection de la langue arabe », terme utilisé en principe pour les langues menacées, à l’instar de la langue amazighe qui a été classée par l’Unesco dans la liste des langues en danger. Tandis que l’arabe a été, depuis l’indépendance, la langue officielle du royaume.
En tout cas, le groupe parlementaire entend faire appliquer cette mesure, avant de l’étendre à la langue amazighe. Pourtant, la loi sur l’officialisation de la langue amazighe n’est pas tributaire de l’adoption de la proposition de loi. Cet amalgame aura pour conséquence néfaste la division des composantes linguistiques du royaume.
Suivant ce constat, l’observatoire indique qu’il est nécessaire d’instaurer l’égalité entre les deux langues, et promulguer leurs lois en simultané, sans distinction et sans hiérarchisation. Sans manquer de noter que « le plus grand problème de la langue arabe, que les conservateurs ne veulent pas avouer, n’est pas l’existence d’autres langues nationales ou étrangères ».
Le problème réside dans le fait que la langue arabe « est devenue la proie des lobbys classiques qui entravent son développement, et qu’ils l’utilisent dans des stratégies en contradiction avec les développements, le progrès et la révolution culturelle contemporaine. » Et de conclure : « il faut protéger la langue arabe contre ceux qui prétendent la défendre ! » Voilà qui est dit.
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