Mohamed Mjid, les larmes du général Benslimane, l’hommage du Maroc
Les funérailles de Mohamed Mjid ont eu lieu vendredi dans un large et émouvant hommage qui a réuni le monde de la politique, des affaires, de l’associatif et du sport. Cette photo du général Housni Benslimane exprime mieux que tout l’intensité de l’émotion et de la reconnaissance des Marocains.
La procession funèbre était conduite par le Prince Moulay Rachid. Mohamed Mjid était décédé jeudi matin à Rabat à l'âge de 97 ans.
Après les prières d'Al-Asr et du mort à la mosquée Arrahma, le cortège funèbre s'est dirigé vers le cimetière Arrahma où le défunt a été inhumé, en présence, notamment, de Fouad Ali Al-Himma, de Abdelilah Benkirane, et de plusieurs personnalités du monde de l'économie, de la politique, de la culture et des lettres et du sport, ainsi que de membres de sa famille : Driss Jettou, Housni Benslimane, Abdeslam Ahizoune, Aziz Bouderbala, Hicham Guerrouj, Salah El Ouadie, Abdeslam Aboudrar, Khalid Safir, Mohamed Sajid…
Doyen des dirigeants sportifs marocains, feu Mohamed Mjid avait été président de la Fédération Royale Marocaine de Tennis (FRMT) pendant près de 45 ans.
Né à Safi, le défunt a consacré toute sa vie à l'action militante et associative et à la promotion de la jeunesse à travers le sport.
La figure charismatique du paysage associatif et sportif national, Mohamed Mjid, connu de tous pour son franc-parler et son engagement exemplaire en faveur des grandes causes de son pays, s'est éteint ce jeudi ans après une longue lutte avec la maladie.
Le doyen des dirigeants sportifs marocains a marqué de son empreinte la discipline qu'il affectionnait le plus, le tennis, grâce à son exigence de tous les instants pour la mise à niveau du sport national. Sans formalisme, ni protocole, avec le verbe facile et la critique acerbe et pointue, il répétait souvent sans langue de bois lors des réunions aux retardataires: "je m'excuse d'être venu à l'heure".
Le fondateur et ancien président de la Fédération Royale Marocaine de Tennis (FRMT) a beaucoup donné au tennis national en contribuant fortement à l'émergence d'un tennis d'élite et de grands champions, qui ont fait la gloire des années 1990 de cette discipline.
Président de la FRMT pendant près de 45 ans, Mjid a notamment contribué à créer les structures d'un tennis fort avec l'organisation du Grand Prix Hassan II et l'éclosion de nombreux champions tels Laimina, Saber, Dislam, Dlimi, Chekrouni, Outaleb, sans oublier les trois mousquetaires Alami, Arazi et El Aynaoui.
Personnalité respectée de la société civile, Mjid qui a quitté la présidence de la FRMT en 2009 a également consacré sa vie à aider les plus démunis. Avec sa disparition, le Maroc perd un géant de l'action sociale, une des plus belles figures de la citoyenneté active et de l'hospitalité.
Un de ses plus grands aboutissements sur le terrain restera sans doute la création de la Fondation Mjid (Fondation Marocaine pour la Jeunesse, l'Initiative et le Développement) avec un groupe d'amis, des membres de la société civile, des enseignants et des professions libérales.
A travers son militarisme juvénile, fatigué par le fardeau de l'âge, il a toujours pris son bâton de pèlerin pour aller porter de l'espoir dans des régions reculées du royaume. Pour Mjid, la précarité n'étant jamais une fatalité, ce qui l'a conduit à lancer un vibrant appel aux hommes de "l'ombre" et aux bonnes volontés d'apporter un peu d'espoir, par leurs actions sociales et leurs aides, aux jeunes démunis en vue d'atténuer les inégalités de développement entre le milieu urbain et le monde rural et de les accompagner pour les aider à se réaliser et à vivre dans la dignité.
Le dernier témoignage de ce souci de contribuer activement au développement du pays en général et de sa jeunesse en particulier, fût la consécration de son temps et son argent à sa fondation MJID avec pour mission de lutter contre les inégalités sociales et de se mobiliser en faveur des plus vulnérables.
Son entourage pleure et regrette l'homme qui se reposait dans l'action en se consacrant entièrement au sport et au social en vue de contribuer au développement du pays, en général et de sa jeunesse, en particulier.
Né à Safi, l'homme qui se targuait toujours d'être un "vieux jeune" et qui a choisi d'abandonner le monde des affaires pour se consacrer à l'action sociale est un habitué des actes de patriotisme.
En fait, il a eu énormément d'activités nationalistes contre la colonisation. "J'ai fait de la prison et j'ai même séjourné dans des camps de concentration et en résidence surveillée, puis j'ai été expulsé de Marrakech", raconte-t-il dans l'une de ses dernières déclarations à la presse.
C'est à Safi, sa ville natale, qu'il a trouvé refuge. Il s'est lancé dans l'industrie de la conserve de sardines. "Ensuite, dans les années 1958/59, j'ai réalisé que je n'étais pas fait pour être un homme d'affaires et j'ai tout abandonné pour me consacrer au sport et au social. J'ai pensé que ce serait beaucoup plus rentable pour les jeunes", confiait-il.
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